cons.psychiatriques, psychosoc

(avec l'aimable autorisation de the refractors)

 

Répercussions psychiatriques et psychosociales à long terme

 

Conséquences individuelles

La névrose traumatique associe un syndrome de répétition traumatique (les symptômes d'intrusion de l'état de stress post-traumatique) et des symptômes associés faisant partie intégrante du tableau clinique : les modifications caractérielles, les troubles de l'humeur, les troubles anxieux et les troubles des conduites (évitement, retrait et fuite).

L'état de stress post-traumatique correspond bien à l'une des complications psychiatriques rencontrées dans la clinique.

La dixième classification des maladies de l'OMS (CIM-10, 1992) développe trois concepts :

  • la réaction aigue à un facteur de stress, qui correspond grosso modo à la réaction immédiate des deux premiers jours,
  • l'état de stress post-traumatique, qui correspond au concept de PTSD du DSM,
  • la modification durable de la personnalité qui est une des caractéristiques majeures des conséquences de l'expérience traumatique.

Pour parler de névrose traumatique dans cette classification, il faut donc attribuer au patient à la fois le diagnostic "d'état de stress post-traumatique" et le diagnostic de "modification durable de la personnalité".

L'état de stress post-traumatique

L’état de stress post traumatique représente l’une des répercutions psychiatriques les plus caractéristiques et les plus grave à long terme.
La répétition est le signe pathognomonique du traumatisme psychique(11). Elle prend la forme de rêves, de cauchemars, jusqu’au besoin compulsif d’évocation des événements traumatiques, en passant par les flash back et les souvenirs douloureux qui reproduisent l’événement traumatique.
Définition du PTSD dans le DSM IV (Le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual - Revision 4) est un outil de classification qui représente le résultat actuel des efforts poursuivis depuis une trentaine d'années aux États-Unis pour définir de plus en plus précisément les troubles mentaux. Il a été publié par l'Association américaine de psychiatrie en 1994. Il s'agit de la 4ème version du DSM.)

A. Le sujet a été exposé à un événement traumatique dans lequel les deux éléments suivants étaient présents :
1. le sujet a vécu, a été témoin ou a été confronté à un événement ou à des éléments durant lesquels des individus ont pu mourir ou être très gravement blessés ou bien menacés de mort ou de graves blessures ou bien durant lesquels son intégrité physique ou celle d’autrui a pu être menacée.
2. La réaction du sujet à l’événement s’est traduite par une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur.

B. Symptômes d’intrusion
L’événement traumatique est constamment revécu de l’une (au moins) des façons suivantes :
1. Souvenirs répétitifs et envahissants de l évènement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées ou des perceptions (jeu répétitif exprimant des thèmes ou des aspects traumatiques chez l’enfant)
2. Rêves répétitifs de l’événement provoquant un sentiment de détresse (rêves effrayants chez l’enfant)
3. Impressions ou agissements soudains comme si l’événement traumatique allait se reproduire (illusions, flash-back, hallucinations)
4. Sentiment intense de détresse psychique lors de l’exposition à des indices externes ou internes évoquant ou ressemblant à un des aspect de l’événement traumatique en cause
5. Réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer un aspect de l’événement traumatique en cause.

C. Symptômes d’évitement
Evitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement de la réactivité générale, avec au moins trois des manifestations suivantes :
1. Efforts pour éviter les pensées, les sentiments ou les conversations associés au traumatisme
2. Efforts pour éviter les activités, les endroits ou les gens qui éveillent des souvenirs du traumatisme
3. Incapacité à se rappeler d’un aspect important du traumatisme
4. Réaction nette de l’intérêt pour les activités importantes ou réduction de la participation à ces activités
5. Sentiment de détachement d’autrui ou bien de devenir étranger par rapport aux autres
6. Restriction des affects (par exemple : incapacité à éprouver des sentiments tendres)
7. Sentiment d’avenir « bouché » (par exemple : ne pas pouvoir faire carrière, se marier, avoir des enfants, avoir un cours normal de vie)

D. Des symptômes neurovégétatifs
Au moins deux symptômes persistants traduisent une activation neurovégétative :
1. Difficultés d’endormissement ou sommeil interrompu
2. Irritabilité ou accès de colère
3. Difficultés de concentration
4. Hyper-vigilance
5. Réaction de sursaut exagéré

E. Les symptômes des critères B,C et D durent plus d’un mois.

F.La perturbation entraîne une souffrance significative ou une détérioration du fonctionnement social, professionnel ou d’autres domaines importants.

Troubles anxieux

Les altérations anxieuses et phobiques s'individualisent dès les premières semaines après le traumatisme et peuvent persister au moins deux ans après celui-ci (Malt, 1987). Les plaintes somatiques, focalisées essentiellement sur les sphères digestives, cardio-vasculaires et gynécologiques prennent le caractère invalidant de l'hypocondrie. Des troubles paniques peuvent également se mettre en place (Tucker, 1986). La souffrance phobique centrée sur les conséquences du traumatisme est à l'origine des conduites d'évitement, de sentiments de dépendance et de défiance et elle est fréquente, à l'instar des phobies sociales.

Sentiments de culpabilité

De nombreux auteurs soulignent l'importance de ces sentiments chez les victimes en précisant qu'elles se blâment elles-même pour quelque chose dont elles ne sont pas responsables. Pour la femme violée par exemple, le fait que quelqu'un ait pu prendre possession de son corps est tout à fait insupportable. Elle ressent de la honte, comme ayant été salie et se reproche souvent de n'avoir mieux agi ou de s'être mieux défendue (Streit-Forest, 1987). Le poids des préjugés que véhicule notre société et l'attitude plus ou moins culpabilisante des proches de la victime ou des premiers intervenants rencontrés sont un facteur déterminants dans l'évolution de la ictime vers la déculpabilisation.

Source : Les traumatismes psychiques Par Michel de Clercq,François Lebigot

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