Suicide

 

Les victimes d’agressions sexuelles sont 8 fois plus suceptibles de faire des tentatives de suicide. (l’inceste envers les filles : état de la situation : Québec, Conseil du statut de la femme)

Un bon nombre de personnes au comportement suicidaire ont été victime de viol, d'inceste ou d'agression.Source : les traumatismes psychiques, Michel De Clercq, François Lebigot.

MYTHES ET RÉALITÉ SUR LE SUICIDE

Un certain nombre de mythes circulent à propos du suicide. Les mythes sont de fausses croyances, des idées inexactes. Ils sont mis en place pour se protéger contre la menace suicidaire parce qu’elle place brutalement la mort au centre du paysage. Les mythes justifient notre façon d’agir, soulagent. Ils servent pour ne pas intervenir, pour nous dégager de toute responsabilité et nous libérer de la situation le plus rapidement possible. Il importe de les démystifier.

Mythe : Le suicide se produit sans avertissement.

  • Réalité : Sur dix personnes qui se suicident huit donnent des messages sur leur intention, si minimes soient-ils. Le suicide est le résultat d’un processus qui est presque toujours observable bien qu’il puisse se dérouler très rapidement chez les jeunes.

Mythe : Une personne suicidaire veut réellement mourir.

  • Réalité : La personne suicidaire souhaite cesser de souffrir et ne désire pas réellement mourir. Elle hésite entre la vie et la mort et laisse à d’autres le soin de les sauver.
  • Mythe : La personne suicidaire est lâche ou courageuse.

    • Réalité : La personne suicidaire ne tente pas de mettre fin à ses jours par lâcheté ou par courage mais parce que sa vie est insupportable, qu’elle ne perçoit pas d’autres solutions et qu’elle est désespérée.

    Mythe : Suicidaire un jour, suicidaire toujours.

    • Réalité : La tendance au suicide est réversible. Le processus suicidaire ne dure pas toute la vie et il peut être arrêté définitivement même chez les suicidaires apparemment chroniques.

    Mythe : La personne qui pense au suicide paraît nécessairement déprimée.

    • Réalité : Les symptômes varient en fonction de la personnalité de chacun. Sous une apparence de bouffon ou de " dur à cuire " peut se dissimuler une grande tristesse.

    Mythe : Lorsqu’il y a une amélioration des risques suicidaires cela signifie que le danger est passé.

    • Réalité : Une personne qui prend la décision de se tuer peut sembler soulagée, même heureuse. L’entourage peut penser que la crise est terminée alors qu’il n’en est rien. Il faut demeurer vigilant. La grande majorité des suicides se produisent dans les trois mois qui suivent le début de la période d’amélioration.

    Mythe : Le suicide est héréditaire.

    • Réalité : Le suicide n’est pas héréditaire. Par contre, une personne dont l’un des membre de la famille s’est suicidé risque davantage de faire une tentative un jour.

    Mythe : Les personnes qui se suicident sont des malades mentaux ou des fous.

    • Réalité : Les personnes qui veulent s’enlever la vie ne souffrent pas toutes de maladie mentale et les personnes souffrant de maladie mentale ne sont pas nécessairement suicidaires. La personne suicidaire peut être sous le coup d’un trouble émotif temporaire ou ne voit aucun espoir pour se sortir d’une situation difficile mais cela ne fait pas d’elle un malade mental.

    Mythe : La personne qui menace de se suicider ne le fait pas, il s’agit d’une forme de chantage pour attirer l’attention.

    • Réalité : La menace de suicide doit être prise au sérieux et ne doit pas être considérée comme de la manipulation. La personne qui agit ainsi souffre véritablement et a besoin d’aide. Même s’il peut parfois y avoir une part de manipulation dans les messages envoyés, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi une bonne dose de désespoir.

    Mythe : Les personnes suicidaires ont une faible personnalité.

    • Réalité : Il n’existe pas de personnalité suicidaire type. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il s’agit de personnes possédant beaucoup d’énergie. Souvent, elles ont traversé d’énormes difficultés (perte, rejet, viol, etc.).

    Mythe : Le suicide se produit dans les milieux défavorisés économiquement.

    • Réalité : Le suicide se produit dans toutes les classes sociales.

    Mythes : Une personne qui survit à sa tentative de suicide et qui présente une amélioration subite de son état psychologique va s’en sortir plus facilement.

    Réalité : Une bonne partie des suicides se produisent dans les trois mois qui suivent le début de la période d’amélioration.

    Source : http://www.psychomedia.qc.ca/dart7.htm

     

    Les hommes suicidaires ont souvent été des enfants violentés

    Les abus sexuels subis durant l'enfance augmentent le risque de suicide* chez les hommes de plus de dix fois, affirment les chercheurs de l'université de Bath, en Angleterre. En outre, l'étude, réalisée en Australie – et dont les conclusions ont été publiées fin décembre 2008 par le Medical News Today –, révèle que les hommes ayant été victimes de sévices sexuels pendant leur enfance courent plus de risques que les femmes de porter atteinte à leur existence.

    Jusqu'alors les facteurs déterminant le risque de suicide étaient mis en corrélation avec le sexe de l'individu et ses problèmes de santé mentale. Or il apparaît que les expériences traumatisantes telles que des sévices sexuels vécus au cours de l'enfance sont un facteur de risque tout aussi important, en particulier chez les hommes.

    Le Dr Patrick O'Leary et le Pr Nick Gould du département des sciences sociales et politiques de l'université de Bath ont mené une série d'enquêtes auprès d'hommes, en Australie, pour une étude commandée par la South Australia University. Les résultats ont été publiés sur le site du British Journal of Social Work. Les chercheurs ont constaté que les hommes ayant été victimes d'abus sexuels dans leur enfance sont dix fois plus susceptibles d'avoir des tendances suicidaires et que beaucoup de ces hommes n'avaient pas été cliniquement diagnostiqués comme dépressifs.

    Selon le Dr O'Leary, "l'abus sexuel est un problème méconnu chez les hommes, la plupart des études existantes sur les causes des suicides portant sur les femmes. Les hommes sont particulièrement vulnérables parce qu'ils n'aiment pas parler de leurs problèmes." Il est certes difficile pour quiconque de faire face à des expériences traumatisantes telles que l'abus sexuel, mais, d'après les chercheurs, les traces du traumatisme sont pires chez les hommes, du fait qu'ils sont dans l'incapacité de se confier, ne serait-ce qu'à leurs amis.

    "Beaucoup souffrent de sentiments d'échec et d'isolement, et pensent que c'est un signe de faiblesse que de parler des sévices qu'ils ont subis, analyse le Dr O'Leary. Les hommes ont aussi tendance à se rendre moins souvent chez leur médecin, de sorte que ceux qui présentent une tendance suicidaire échappent à la vigilance du système de santé."

    Le Medical News Today souligne que les hommes sont particulièrement vulnérables au suicide : ils sont trois fois et demie plus susceptibles que les femmes de mettre fin à leur propre vie ; plus de 2 000 hommes meurent par suicide au Royaume-Uni chaque année. Cependant, on estime que, pour chaque suicide, il y existe entre vingt et vingt-cinq tentatives infructueuses.

    Pour le Dr O'Leary – qui prévoit de faire une étude similaire au Royaume-Uni afin de vérifier s'il existe des différences notables au sein d'une culture similaire –, il est certain que des vies pourraient être sauvées si les victimes des violences étaient identifiées plus tôt. "L'abus dont ces hommes ont été victimes a souvent comme conséquence de les voir tenter d'oublier cette expérience par le biais de la toxicomanie, de l'alcoolisme ou des comportements obsessionnels. Ce qui explique que beaucoup d'entre eux se retrouvent confrontés au système de justice pénale.

    Au final, une demande est formulée par le chercheur : "Une plus grande vigilance de la part du système de santé et de la justice permettrait d'identifier les hommes à risque afin de leur offrir un traitement thérapeutique avant qu'il ne soit trop tard."

    * Dans son essai Deuil et mélancolie, (in Métapsychologie, éd. Folio) Freud présente le suicide comme une forme d'autopunition, un désir de mort dirigé contre autrui qui se retourne contre soi. L'individu se tue pour ne pas tuer l'autre.

    Source : http://www.courrierinternational.com/chronique/2009/01/22/les-hommes-suicidaires-ont-souvent-ete-des-enfants-violentes

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