50% des anorexiques intérrogés font état d'agressions sexuelles qu'ils auraient subi pendant leur enfance. (http://www.lousonna.ch/psycho/anorexie/index.htlm)
La sphère des comportements alimentaires est particulièrement sensible aux agressions sexuelles dans l'enfance. Une récente recension des études sur le sujet, indique que l'on retrouve en moyenne une histoire d'agression sexuelle dans l'enfance dans plus de la moitié des cas de troubles du comportement alimentaire (Budniok, 2001). Dans les cas d'anorexie nerveuse, ce type d'agression est retrouvée au moins une fois sur quatre (de Groot et col., 1992). Quant à la boulimie nerveuse l'étude nationale sur les femmes aux USA montre que l'agression sexuelle contribue à son développement, ou pour le moins à son maintien, dans 26,6% (Dansky et col., 1997). Source : 5ème Conférence de consensus de la Fédération Française de Psychiatrie
Les personnes qui se privent de nourriture intentionnellement peuvent souffrir d'anorexie nerveuse.
Signes de l'anorexie :
On appelle boulimiarexie la succession dans le temps de boulimie et d'anorexie. Alternance de périodes de pulsions incontrôlables vis-à-vis de la nourriture, suivies d'une réaction déclenchée par la peur de grossir, à l'origine de diverses pratiques néfastes : vomissements, diurétiques, jeûne ou restrictions alimentaires. la frontière entre ces deux types de comportement n'étant pas toujours très bien définie.
C’est une maladie caractérisée par une préoccupation ou obsession d’un défaut dans l'apparence que cela soit une imperfection légère réelle ou un imaginaire. Cela peut engendrer une dépression sévère ou tentatives au suicide concernant des attributs physiques tels les taches de rousseur; un grand nez, peau marbrée, rides, acné, cicatrices. Les gens souffrant de cette maladie peuvent avoir une image dégradée d’eux même et craintes déraisonnables de rejet à cause de leur apparence. Il y a deux formes de cette maladie : une forme accompagnée des hallucinations ou une forme sans hallucination. Les patients (hommes et femmes) peuvent avoir des pratiques rituelles exceptionnellement compulsives à couvrir leur défaut(s). Ils peuvent rester un temps considérable en face d’un miroir en essayant de convaincre les autres personnes de leurs laideurs. Ils peuvent être compulsifs en cherchant les médecins ou les médicaments et la chirurgie plastique. Les patients peuvent aller loin pour améliorer leur apparence, utilisant des méthodes parfois dangereuses. Certains peuvent même tenter l’auto chirurgie ou se suicider.
L'anorexie mentale est donc un trouble psychique qui se traduit notamment par une perte de poids importante, mais cette dernière est liée à une restriction alimentaire déterminée volontairement même si les causes de ces privations auto-infligées restent inconscientes pour les personnes qui en souffrent. Dans l'anorexie mentale, le patient lutte contre la faim, tandis que dans l'anorexie, il a perdu l'appétit.
Les critères diagnostiques de l'anorexie mentale habituellement retenus sont :
L’anorexie figure parmi les plus mortelles des maladies du psychisme. Le taux de mortalité à 10 ans est de 5 %, il avoisinerait les 20 % à plus long terme, car la santé de celles et ceux qui en réchappent demeure irréversiblement fragilisée
C'est un symptôme qui traduit une mauvaise intégration inconsciente de l'image du corps en lien avec les caractères sexuels secondaires, rondeurs féminines de la puberté, etc. pour les jeunes femmes. Le trouble survient souvent dans des contextes familiaux particuliers (faiblesse des repères relatifs à la différence des générations, abus sexuel dans l'enfance,etc.). La relation à l'objet interne mère est marquée par un refus ou une impossibilité de s'identifier à une femme adulte sexuée. Les mécanismes de défense par la rationalisation, l'intellectualisation et l'ascétisme sont fréquemment au premier plan. Mais, il existe, une autre courant, provenant des Etats-Unis et du Canada qui associe l'anorexie au domaine de la phobie, tandis que la boulimie relèverait de la dépendance. (Institut universitaire en santé mentale Douglas-clinique des troubles de l'alimentation, Montréal, Qc, Canada)
« Etre mince » n’est qu’un prétexte, un support au besoin de maîtriser un univers qui leur semble extrêmement nocif (le jugement des autres est déformé autant en intensité qu’en direction).
Les personnes du corps médical en contact avec des personnes anorexiques ont noté un sentiment fort et systématique de culpabilité obsessionnelle. Dans le cerveau anorexique, l’information « je suis coupable » est liée à une morale qui rejette tout ce qui est « injustice », cela implique qu’en étant coupable, on doit être puni. Et lorsqu’on est puni, on ne doit pas éprouver de plaisir. Le plaisir le plus accessible dans la nature humaine étant issu du besoin primaire alimentaire, s’alimenter devient pour l’anorexique : « inacceptable ».
Le sentiment de culpabilité pourrait venir d’une suite de causes et d’effets mal compris (Divorce, réflexions d’autrui, pratique sexuelle mal vécue, rejet amoureux… / tout peut être source) Faute d’avoir compris la cause du malaise, l’individu se rendrait responsable du « problème ». L’anorexique mélange souvent deux informations : « être présent lors d’un événement » et « être responsable de l’événement ».
Tant que l’anorexique a ce sentiment obsessionnel de culpabilité, la guérison est compromise. Toute psychothérapie qui ne prend pas en compte cette « logique anorexique » amène au taux de rechute important. Cet échec a le résultat d’alimenter encore plus son sentiment de culpabilité.
Reconstituer la suite mal comprise de causes et d'effets et source de culpabilité, devrait se faire idéalement avec des professionnels de la santé.
Sur le plan physique, cette maladie se traduit par une perte de poids. La perte de poids est directement liée à la privation alimentaire. Elle induit ce qu'on appelle une dénutrition .
La privation alimentaire entraîne assez vite de nombreux déficits en minéraux, vitamines et autres éléments essentiels. Ceux-ci, ainsi que la perte de poids vont induire des dérèglements voire des dommages sur l’organisme : perte des muscles, chute de tension artérielle, malaise, perte de connaissance, chute des cheveux, anxiété, insomnie, fatigue, sensation de froid permanente, perte de mémoire, aménorhée (disparition des règles), décalcification, ostéoporose, difficultés relationnelles majeures (perte des amis, conflits familiaux). Les dérèglements physiques peuvent, à terme, menacer la vie de la personne. La mortalité est estimée à un peu moins de 6% par décade dans la maladie .L'anxiété et le besoin de maigrir vont être responsable d'une hyperactivité physique.
La boulimie et l'anorexie sont deux troubles que l'on peut associer et qui peuvent alterner chez certaines personnes mais qui sont fondamentalement différents.
C'est également un trouble du comportement alimentaire survenant principalement chez les adolescentes plus jeunes que les boulimiques (entre 12 et 20 ans) qui se traduit par :
- un amaigrissement
- une perte d'appétit, un refus de manger
- une aménorrhée (interruption des règles)
La jeune fille manifeste, malgré un état de dénutrition, une grande activité physique et intellectuelle, un refus de la fatigue, un certain état d'excitation.
Certes l'anorexique a des problèmes avec la nourriture mais elle en a surtout avec son corps. Comme si sa devise secrète était : " moins de corps et plus d'esprit ".
La sérénité qu'affiche l'adolescente anorexique est toujours frappante. Elle mène un véritable combat pour faire diminuer ce corps qui prend trop de place et qu'elle perçoit comme une menace. En ne mangeant pas, l'anorexique organise et contrôle un vide qu'elle situe au niveau corporel afin de se défendre d'un vide au niveau psychique.
Malgré une perte de poids importante (qui peut aller jusqu'à 50 % du poids normal pour l'âge) l'anorexique se trouve toujours trop grosse et son désir éperdu de minceur la pousse à un comportement mettant en danger sa propre existence (restriction alimentaire, jeûne, prise de diurétique, de laxatif, vomissements).
Dans sa faillite générale à prendre soin du Vivant, il est dans notre société décadente des êtres fragiles qui souffrent dans leur chair de cette absence de lumière: les anorexiques. Dans un texte d’une grande beauté et profondeur, Jacqueline Kelen propose un point de vue novateur, prenant en compte la vie intérieure, l’âme humaine et ses aspirations profondes. Car les «spécialistes» de la question, étant étrangers à toute vie spirituelle, ne peuvent pas comprendre les profondes frustrations de la jeunesse occidentale.
Ils cherchent la roseraie et on leur indique le chemin de l’hôpital. Ils déplient leurs ailes encore fragiles et on les enferme pour les gaver. Ils rêvent de perfection et d’idéal et on leur parle de problèmes et de thérapie. Ils se sentent singuliers, ardents, et on les ravale au niveau de malades mentaux, de névrosés quelconques. Mais ils résistent, ils tiennent bon : leur âme a hâte de respirer le parfum délicieux que répandent les roses lointaines.
Ces adolescents sont désignés par un terme clinique qui en dit long sur l’échelle de valeurs d’une société : comme ils ne mangent presque pas et qu’ils maigrissent à vue d’œil, on les taxe d’anorexie - un mot venu du grec et signifiant «absence d’appétit». Comme s’il n’existait que la faim du corps, le besoin d’ingérer des nourritures. Eux, ils aspirent à se détacher des contingences terrestres, à s’élever au-dessus des conduites communes. Et par cette désaffection des choses matérielles, par ce détachement radical, ils mettent en question le monde dans lequel ils se sentent à l’étroit, ce monde que l’on dit riche, en pleine croissance, satisfait de ses biens de consommation et qui se montre si opaque dans sa réplétion.
On parle beaucoup de la faim dont souffrent diverses populations de la planète, et des organismes humanitaires, des associations caritatives tentent d’y remédier, ce qui est tout à l’honneur de l’homme. Mais cette famine visible et dont nous sommes tous informés ne saurait recouvrir ni évacuer le problème crucial de la faim spirituelle, de la soif de beauté et de transcendance dont le monde occidental se trouve accablé et qu’il continue de nier. Oui, aujourd’hui, en Occident mais aussi dans les pays occidentalisés, des jeunes gens s’épuisent et meurent de cette faim non reconnue. Ils s’avèrent de plus en plus nombreux mais personne ne veut admettre ce dont ils souffrent, personne ne veut entendre le cri qu’ils lancent dans ce désert spirituel que la société moderne a créé très minutieusement.
Imaginons, en effet, que dans notre pays une adolescente se mette un jour à ne plus s’alimenter tout en continuant une vie active et studieuse. Les parents s’inquiètent, menacent, forcent la jeune fille à manger et essaient de la raisonner. Comme elle persiste dans sa conduite et s’amaigrit, les parents la conduisent chez un médecin ou, mieux, chez un spécialiste de la nutrition ; et si son cas ne s’améliore pas - puisque désormais elle est cataloguée comme «malade» -, on l’emmène chez un psychiatre ou un psychothérapeute. Là, le verdict tombera : l’adolescente est atteinte d’une maladie mentale (ou psychique, ou nerveuse), elle est «anorexique». Dès lors, elle sera prise en main, c’est-à-dire nourrie de force, et à ce traitement brutal on adjoindra des remèdes chimiques et des entretiens psychologiques.
A ce stade quasiment irréversible, la jeune fille n’est plus de taille à lutter, à faire entendre ce qui la tourmente, ce dont elle a faim profondément. Elle n’a plus le cœur de se battre : après lui avoir assené un diagnostic psychiatrique, le plus souvent on l’a enfermée dans une clinique spécialisée ou dans un service hospitalier afin de la faire grossir. A qui désormais pourrait-elle faire entendre la plainte de son âme ?... Beaucoup de ces jeunes gens choisissent alors de mourir, de quitter définitivement la prison du monde.
Les plus honnêtes, parmi le personnel soignant, parleront d’un échec médical. Mais en réalité il s’agit d’une défaite bien plus grave : d’une totale faillite spirituelle.
Je soutiens que ce qu’on appelle «anorexie mentale» n’est pas une maladie. Que cette étiquette, inventée au XIXe siècle par des cliniciens et des psychiatres, vise à occulter et à juguler la dimension spirituelle présente en chaque être humain mais dont certains sont davantage conscients.
Les jeunes gens qui s’affament souffrent terriblement mais ils ne sont pas malades, au sens prosaïque du terme. Et ils me touchent immensément : c’est d’abord à eux que ce livre s’adresse. Je les comprends. Leur sentiment d’exil, leur goût de la perfection, leur soif d’absolu, je les connais depuis ma petite enfance et ne les renie pas. Seulement, au fil des ans et des épreuves, j’ai trouvé des parades plutôt que des remèdes : l’étude, la création littéraire, la recherche intérieure. Grâce à la poésie, aux livres, à la musique, grâce aux oeuvres d’art et aux textes sacrés des diverses religions, j’ai appris que ce n’était pas un banal mal de vivre mais un désir éperdu de beauté, de lumière, une aspiration à l’infini. Ainsi cette nostalgie ou soif de l’âme que je ressens toujours vivement et dont je ne veux surtout pas être dépossédée se révèle une porte ouvrant sur un monde magnifique, irremplaçable mais non point achetable ; sur le monde de l’Esprit, au fond le seul réel, qui éclaire l’aventure terrestre jusqu’à son accomplissement.
Au royaume de l’Esprit chacun peut avoir accès : par le silence et le recueillement, par une rencontre amoureuse, un partage de cœur à cœur, par une émotion esthétique, mais aussi par une épreuve, par la souffrance. C’est pourquoi j’estime criminels ceux qui s’ingénient à ruiner la conscience de l’homme - ce «prodige de la nature» que chante Sophocle par le chœur d’Antigone, ce «miracle» célébré par les humanistes de la Renaissance. Je n’aime pas ceux qui coupent les arbres à la racine, ceux qui tuent systématiquement les oiseaux.
Oui, je suis du côté de ces jeunes gens affamés d’idéal mais qui ne perçoivent pas clairement l’origine de leur mal. Je les soutiens dans leur quête héroïque mais non dans leur refus de s’alimenter. Ils m’apparaissent comme l’«écharde dans la chair» d’une société repue, comme un cri déchirant la torpeur et la satisfaction générales. Et le traitement qu’on leur réserve est souvent trop injuste.
Ceux qu’on persiste à désigner comme des anorexiques souffrent non pas d’une maladie ordinaire mais d’un tourment métaphysique. La nostalgie de l’âme n’a rien à voir avec un trouble du comportement, avec un dérangement psychique ou hormonal, rien à voir avec la nutrition. Cela se passe à un autre étage, en un lieu plus subtil, plus élevé. Loin de l’hôpital et du cabinet du psy. Au niveau de la roseraie.
Leur quête de dépassement de soi paraît insensée à la plupart des contemporains et à juste titre elle fait peur par les effets ravageurs qu’elle entraîne. Mais elle n’en demeure pas moins une quête spirituelle qu’il s’agira d’alimenter au lieu de nier. Encore faut-il prendre en compte la réalité invisible qu’est l’âme.
Je me suis demandé à quand remontait cette conspiration contre l’âme, contre la dimension spirituelle de l’être humain. Il y eut dans toute l’histoire de la philosophie une pensée matérialiste, illustrée par exemple par Democrite, Epicure ou Lucrèce dans l’Occident antique. Or, elle n’induisait pas une intolérance à l’égard des autres croyances et pratiques et elle ne niait pas l’existence des dieux mais insistait sur la vertu et sur la liberté de l’homme sans référence à une puissance supérieure ou à une providence. Mais jamais, semble-t-il, avant le milieu du XIXe siècle ne fut mené ce combat acharné contre les aspirations spirituelles de l’homme et contre le nom même de l’âme.[...]
La lutte contre l’âme trouva à la même époque un important relais chez les médecins dits aliénistes [...] qui fondèrent en Europe l’institution psychiatrique, puis chez les inventeurs de la psychanalyse, Freud en premier. Pour celui-ci, la religion est une «nevrose universelle», toute aspiration de l’homme à la beauté, à l’amour, à l’éternité se voit ravalée à la «libido «, aux pulsions sexuelles, et l’âme est répudiée en faveur de l’inconscient. [...] En même temps, les aliénistes, suivis par Freud, mettent au point le vocabulaire pathologique (paranoïa, schizophrénie, narcissisme, anorexie...) qui désormais doit rendre compte de toute la vie intérieure de l’homme. Il n’y a plus de mystiques, seulement des «hystériques», de pauvres femmes qu’un Charcot exhibe à la Salpêtrière lors des leçons qu’il donne vers 1870 et auxquelles il convie la bonne société comme à un spectacle divertissant. Il n’y a plus d’extase ni de ravissement, seulement de l’angoisse et de l’hystérie, comme l’ont décrété ces autorités masculines. C’est ainsi qu’aujourd’hui, tristes héritiers de cette vision morbide de l’humain, nous nous trouvons dans l’incapacité de comprendre tout ce qui relève de l’ascèse, de la purification, du combat spirituel, de l’éveil de conscience. Sur toutes les conduites est plaqué un jargon psychopathologique qui remonte au XIXe siècle et qui fait fi aussi bien d’une philosophie millénaire que des traditions spirituelles les plus anciennes. Or, ce vocabulaire psychiatrique est non seulement inadéquat pour parler du monde de l’âme mais surtout il bâillonne une réalité essentielle dont des millions d’hommes dans leur vie et par leurs œuvres ont témoigné. Voilà pourquoi les jeunes gens étiquetés anorexiques ne peuvent être ni compris ni vraiment soignés: pour aborder le mal dont ils souffrent, il faut disposer d’instruments appropriés. On n’attrape pas une libellule avec un piège à loup...
Si l’on dresse rapidement une liste des maux divers dont sont atteints les jeunes du monde occidental, on énumérera : la violence et la délinquance en progression constante, l’usage de la drogue, du racket, des armes, le jeu du foulard, les sévices et agressions commis contre des personnes de tout âge, y compris des enfants, les voitures incendiées, les vols à l’arraché... Et surtout, ce qu’on garde sous silence, les suicides de plus en plus nombreux : en France, par exemple, avec 12 000 suicides par an, c’est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes gens de quinze à vingt-quatre ans.
Pour faire baisser le nombre d’accidents de la route qui causent bien moins de morts que les suicides de la jeunesse, on parle de prévention, on met en place des programmes d’intervention. Mais qui ose parler ouvertement de ce terrible mal qui frappe des adolescents désenchantés, sans espoir ? De temps à autre un colloque est organisé, qui réunit des «spécialistes» de la question, à savoir : des psychologues, des médecins, des éducateurs, des travailleurs sociaux. Toujours la même brochette. Et le malaise, les suicides ne régressent pas. Je me souviens d’une conversation que j’eus un jour avec Marie-Madeleine Davy, à qui je teléphonais régulièrement. Nous en vînmes à parler du suicide des adolescents et elle qui avait traversé tout le XXe siècle, qui connaissait si bien la philosophie médiévale et la ferveur des mystiques, me dit en baissant la voix : «Je ne devrais pas dire ça, mais je les comprends...»
Arrêtons de parler, pour nous rassurer, de problèmes familiaux et sociaux lorsque la violence, la délinquance et le suicide des adolescents s’accrois sent dans un monde si douillet et en progrès constant. Arrêtons de faire des rapports d’expert, d’instaurer des commissions, de déléguer policiers, éducateurs et psychologues pour répondre au malaise profond qu’éprouvent tant de jeunes gens. Cessons aussi de croire tous ceux qui viennent vendre un nouveau «projet de société» ou mettre en place une nouvelle institution spécialisée. Oui, arrêtons enfin de tout mesurer à l’aune du social et de l’économique - en réclamant plus d’argent, plus d’aide, plus de logements, plus de personnel éducatif, etc. - ou de faire appel à la «citoyenneté», à la «solidarité», et autres termes généraux.
Je soutiens qu’il s’agit avant tout d’un problème spirituel que la société moderne s’entête à nier avec la dernière énergie. Tant que la dimension spirituelle de l’être humain sera bafouée, non reconnue, le malaise gagnera toutes les couches de la société. Tant que l’on s’évertuera à calmer des symptômes au lieu de se tourner vers l’intérieur, vers ces ramifications de l’âme que le philosophe Heraclite disait si profondes, on restera dans l’erreur et dans l’impuissance. Même la «fracture sociale» dont parlent certains hommes politiques me semble de peu de poids par rapport à la terrible coupure d’avec le sacré dont le monde occidental est marqué. Je ne minimise pas ici ce qu’on dénomme l’exclusion, j’affirme qu’elle est une des conséquences de notre amnésie spirituelle, une des manifestations cinglantes de l’éradication de l’âme.
Les adolescents qui se suicident ou qui se passent de manger, ceux qui recourent à l’évasion des drogues et de l’alcool, sont souvent loin d’être des exclus : ils ont une famille, un logement, de l’argent et font des études, ils reçoivent des soins de santé. Extérieurement, ils sont tout sauf défavorisés. Pourquoi donc ne se contentent-ils pas de cette simple «survivance» ? Qu’est-ce qui, en eux, parle plus fort ? Je réponds : l’aspiration à la transcendance.
Jacqueline Kelen
Presses de la renaissance
Frayeur intense de prendre du poids, restrictions alimentaires draconiennes (élimination du pain, des pâtes, des pommes de terre, des graisses, des protéines), perte d'au moins 15% du poids initial et refus de se maintenir au-dessus du minimum requis, disparition des règles.
Refus de maintenir le poids corporel au niveau ou au-dessus d'un poids minimum normal pour l'âge et pour la taille (p. ex., perte de poids conduisant au maintien du poids à moins de 85% du poids attendu, ou incapacité à prendre du poids pendant la période de croissance conduisant à un poids inférieur à 85% du poids attendu).
Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, alors que le poids est inférieur à la normale.
Apparition de rituels et d'habitudes alimentaires particulières accompagnés d'exercices excessifs et d'un retrait social et émotif.
Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l'estime de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle.
Chez les femmes post-pubères, aménorrhée, c'est-à-dire absence d'au moins trois cycles menstruels consécutifs. (Une femme est considérée comme aménorrhéique si ses règles ne surviennent qu'après administration d'hormones, par exemple d'œstrogènes.)
75% des boulimiques intérrogés font état d'agressions sexuelles qu'ils auraient subi pendant leur enfance. (http://lousonna.ch/psycho/anorexie/index.html)
La boulimie est un des troubles des conduites alimentaires, qui se caractérise par un rapport pathologique à la nourriture se manifestant par des ingestions excessives d'aliments, de façon répétitive et durable. Afin de compenser l'excès de calories ingérées, ou afin de se soulager de sentiments tels que colère, dégoût, pression scolaire, etc. la personne boulimique a recours à un ou plusieurs des actes suivants :
Les causes de la boulimie sont complexes et multiples et sont issues d’une combinaison de facteurs émotionnels , comportementaux, psychologiques et sociaux. Ces facteurs sont paradoxalement très proches de ceux de l'anorexie mentale, les deux maladies étant fréquemment liées. Un même patient peut souffrir d'une combinaison des deux maladies, ou d'une alternance d'anorexie et de boulimie.
La boulimie peut être isolée en tant que symptôme. Mais elle peut aussi se rencontrer avec d'autres troubles : les syndromes dépressifs, les troubles anxieux de la personnalité, des conduites addictives (comorbidité).
De 30 à 60% des personnes qui souffrent de troubles alimentaires souffrent d'un trouble de la personnalité borderline. La boulimie est alors un symptôme . Les personnes touchées utilisent souvent la nourriture et le contrôle sur la nourriture afin de trouver un moyen de compensation pour des émotions et des sentiments qui semblent indomptables ou insurmontables.
Pour certains, jeûner, ingérer des aliments d’une manière excessive et se faire vomir peut être comme une façon de surmonter ces émotions difficiles et d’avoir l’impression de maîtriser sa vie.
Finalement, ces comportements vont nuire à la santé physique et psychique.
Une autre étude : Waller (Waller, Sexual abuse and the severity of bulimic symptoms, Brit.J.Psychiatry, 1992, 161 :90-93.)a montré que 40% des femmes boulimiques ayant subi une violence sexuelle dans leur enfance ont des comportements de vomissement et des crises de fringale plus importants que les autres, surtout si l’abus sexuel était intrafamilial, violent et précoce (avant 14 ans). On observe dans ces cas une dévoration compulsive, frénétique et autodestructrice.
La boulimie entraîne des comportements compulsifs de consommation de nourriture, en grande quantité, sur un court laps de temps. Les aliments choisis sont assez stéréotypés : aliments très caloriques, volontiers sucrés (gâteaux, crèmes, glaces,...) parfois salés (charcuterie, fromages,...). Le déroulement de la crise est marqué par un début brutal, avec sensation de malaise, de vide, de grande anxiété, que le patient ressent comme particulièrement pénible, et que l'ingestion massive et brutale de nourriture pourra calmer. Ce paroxysme anxieux se solde donc par la crise boulimique proprement dite, avec excès alimentaire, souvent accompagné de culpabilité, de perte de contrôle, et de sentiment de détresse face au trouble et à la honte d'avoir cédé à la pulsion. La crise peut durer jusqu'à ce que le malade ressente de violentes douleurs abdominales, signe que l'estomac est rempli, et signant souvent la fin de la crise. Le patient est alors souvent en prise à un malaise physique (associée à la douleur morale, la culpabilité, la honte) qui se résout souvent par des vomissements volontaires. Ces prises alimentaires sont souvent associées à un maintien du poids, en raison des tactiques de contrôle du poids plus ou moins dangereuses ou inefficaces : vomissements, prise de laxatifs, exercice physique, crise d'anorexie, diurétiques, lavements, médicaments coupe-faim.
Les aides psychologiques les mieux évaluées sont les psychothérapies cognitivo-comportementales. Les résultats sont encore controversés. Mais elles semblent plus efficaces que des traitements médicamenteux tels que la fluoxétine. On y associe une thérapie nutritionnelle. Mais très souvent les résultats obtenus par celle-ci ne durent pas, ce qui prouve que la boulimie est un symptôme. Une thérapie qui vise plus particulièrement le trouble de la personnalité sous-jacent à la boulimie donnera plus de résultat. Cette thérapie peut se faire en individuel, mais (comme dans le cas des personnalités alcooliques ou toxicomanes) elle est plus performante lorsqu'il s'agit d'une thérapie de groupe. Il existe également des groupes de soutien, sur le modèle des Alcooliques Anonymes : les Outremangeurs Anonymes (http://oainfos.org/). La prise en charge doit aussi favoriser l'insertion sociale, familiale, scolaire. Rarement, des antidépresseurs seront prescrits, pour surmonter un cap particulièrement pénible.
La sphère des comportements alimentaires est particulièrement sensible aux agressions sexuelles dans l'enfance. Une récente recension des études sur le sujet, indique que l'on retrouve en moyenne une histoire d'agression sexuelle dans l'enfance dans plus de la moitié des cas de troubles du comportement alimentaire (Budniok, 2001). Dans les cas d'anorexie nerveuse, ce type d'agression est retrouvée au moins une fois sur quatre (de Groot et col., 1992). Quant à la boulimie nerveuse l'étude nationale sur les femmes aux USA montre que l'agression sexuelle contribue à son développement, ou pour le moins à son maintien, dans 26,6% (Dansky et col., 1997). Source : 5ème Conférence de consensus de la Fédération Française de Psychiatrie
2% des adolescentes souffrent de boulimie. C’est une maladie à 90% féminine. La boulimie se manifeste à l’âge de 19 ans.
La valeur calorique moyenne d’une boulimie a été évaluée à 3.500 calories et peut aller jusqu’à 10.000 et plus. Le nombre de crise de boulimies peut aller jusqu’à 10 par jour. Certains médicaments antidépresseurs permettent dans 20 à 60% des cas de juguler les boulimies. 75% des boulimiques interrogés font état d’abus sexuels dont elles auraient été victimes dans leur enfance.(http://lousonna.ch/psycho/anorexie/index.html)
(conjuguée à l'anorexie dans 50 à 60% des cas)
Obsession extrême face au poids, épisodes de gavage (jusqu'à 10'000 calorie d'un coup) souvent suivis de vomissement, prise de laxatifs ou de diurétiques, sentiment de honte, de dévalorisation, après ces épisodes.
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