(avec l'aimable autorisation de Blue Borderline)
Troubles gynécologiques
Les violences sexuelles elles-mêmes ou leur impact indirect sont susceptibles d'entraîner divers troubles gynécologiques :
- lésions traumatiques périnéales lors de rapports accompagnés de violences;
- infections génitales et urinaires à répétition, maladies sexuellement transmissibles (infections à Chlamydia, à Papilloma virus) ou transmission du VIH ;
- douleurs pelviennes chroniques inexpliquées ;
- troubles de la sexualité : dyspareunie, vaginisme, anorgasmie ;
- troubles des règles : dysovulations avec dysménorrhées.
Source : http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/Conf/confvictime/experthtml/dantchev.html
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Aspects psychosomatiques de la consultation en gynécologie
(Michèle Lachowsky et Diane Winaver, Masson)
Nous avons très souvent entendu que la vie semblait avoir particulièrement maltraité nos patientes venues pour endométriose, et avons noté avec étonnement et même parfois avec incrédulité la fréquence des abus sexuels dès lors que nous avions le courage ou l'audace de les évoquer. Nous vuodrions insister sur ce fait d'expérience : il nous semble non seulement possible, mais encore nécessaire d'approcher ces femmes dont l'enfance ou l'adolescence a été mise à mal, dans l'hypothèse d'une prévalence de ces cas dans l'endométriose confirmée. Au cours de l'examen gynécologique, des choses vont parfois se dire sans même une question de notre part, et notre silence est souvent fécond.
Savoir et vouloir lire et entendre ces réactions, ces émotions peut permettre de faire de ces "perches tendues" de vrais outils de communication avec une patiente qui souffre physiquement et moralement. Une cise de larmes, une grande réticence à se laisser faire, voilà qui doit faire réfléchir, faire évoluer vers une autre approche de cette femme étendue devant nous que nous nous apprêtons à examiner.
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L'impact somatique des agressions sexuelles
La communauté scientifique est non seulement d'accord sur le fait qu'une situation d'agression sexuelle dans l'enfance potentialisera l'impact des traumas futurs, mais les diverses études acdmettent que seule, ou liée à une situation identique dans l'âge adulte, elle peut générer de surcroît un certain nombre de troubles somatoformes. Parmi ceux-ci, on enregistre d'abord ceux accompagnant les symptômes de panique (troubles musculaires, maux de tête, "palpitations"cardiaques ), puis viennent des troubles de la sphère urinaire et génitale (dont les douleurs pelviennes pendant les rapports sexuels), certaines maladies de la peau (dont certaines éruptions sans cause identifiée) mais aussi des maladies de la sphère respiratoire (rhinite chronique) (Leserman et col., 1998). Par ailleurs, on retrouve un taux de prévalence d'agressions sexuelles de 14% dans les maladies digestives (Delvaux et col., 1997). Enfin, chez les diabétiques, des crises acédocétosiques répétées par défaut de compliance, peuvent se trouver liées à des situations d'agression sexuelle actuelles ou passées (Brink, 1999). Source : 5ème Conférence de consensus de la Fédération Française de Psychiatrie
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Les troubles du comportement sexuel
Lorsqu'une femme présente des difficultés à parvenir à l'orgasme, une baisse d'intérêt pour la sexualité, une lubrification insuffisante ou/et une dyspareunie, on retrouve dans 40% des cas une agression sexuelle au cours de sa vie (Nusbaum et col., 2000). Source : 5ème Conférence de consensus de la Fédération Française de Psychiatrie
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Les conséquences à très long terme chez le sujet âgé
Les conséquences physiques des agressions sexuelles peuvent aussi avoir des répercussions sur la santé dans le grand âge. Parmi une population de sujets âgés (moyenne=75 ans), l'histoire d'une agression sexuelle grave est significativement associée chez les femmes à une augmentation des cancers du sein et des problèmes d'arthrite, alors que chez les hommes elle est associée à des dysfonctiionnement thyroïdiens (Stein et Barrett-Connor, 2000). Source : 5ème Conférence de consensus de la Fédération Française de Psychiatrie
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Valeur pronostique des abus sexuels dans les résultats de la chirurgie pour constipation
Les abus sexuels sont associés à une plus grande fréquence de troubles fonctionnels intestinaux ; ils sont également plus fréquemment observés au cours des asynchronismes abdomino-pelviens. Dans sa forme la plus sévère une constipation peut conduire à une colectomie subtotale avec anastomose iléo rectale. Cette pratique est plus fréquente en Amérique du Nord où elle reste néanmoins rare. Si la qualité de vie peut être augmentée dans un fort pourcentage de cas, la persistance de symptômes en postopératoire reste élevée. Les auteurs ici ont repris les 15 patients opérés dans un seul centre entre 1991 et 2006 ; ils ont alors évalué l’influence de la présence d’un abus sexuel sur les résultats à moyen et à long terme. Parmi leurs patients, 62 % ont déclaré au final avoir été victimes d’un abus sexuel. Sur les 8 patients ayant déclaré des abus, 88 % suivaient un traitement pour la prise en charge de symptômes digestifs alors qu’aucun des 5 patients non abusés n’en suivaient. Les auteurs concluent que la présence d’un abus sexuel est un facteur prédictif fort du résultat de la chirurgie pour constipation de transit sévère.
L’abus sexuel est donc un facteur associé à une demande de soins persistante après anastomose iléo rectale. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas opérer les patients car tous ces opérés ont été d’accord pour refaire cette chirurgie si on leur donnait le choix compte tenu de l’amélioration de leur qualité de vie. Dans cette étude, il s’agissait exclusivement de femmes. La persistance des symptômes en postopératoire doit conduire à parfaitement préciser au préalable l’objectif thérapeutique. Si la qualité de vie est constamment améliorée, la disparition complète des symptômes digestifs n’est manifestement pas un objectif réaliste. Cette étude comporte des limitations ; la validité de la conclusion est atténuée en partie à cause de la méthodologie. Il s’agit d’effectifs non randomisés, ce qui est compréhensible car il s’agit d’une pathologie rare et d’une indication opératoire exceptionnelle. Ce qui reste très intéressant néanmoins c’est que : a) 85% des patients victimes d’abus sexuel présentaient conjointement une pathologie psychiatrique anxio dépressive ; 50 % chez les non abusés (quand même!); b) plus de la moitié des patients qui ont reconnu un abus sexuel l’ont fait après la chirurgie et à la demande explicite des auteurs ; c) 88 % des abus sexuels étaient à la fois vaginal et anal ; d)les patients abusés avaient significativement subi plus de chirurgie au préalable puisque la médiane du nombre d’interventions était de 4 dans le groupe abusé et de 1 pour le groupe non abusé (la chirurgie retenue étant une chirurgie lourde). Cette étude attire notre attention sur la nécessité d’interroger les patients dans certaines pathologies à la recherche de cette notion d’abus sexuel pour pouvoir leur proposer un suivi adapté car spontanément la plainte est rarement formulée. Si la présence de l’abus ne constitue pas une contre indication à la chirurgie elle doit pousser à une prise en charge et à une évaluation psychiatrique préalable.
Source : Sexual Abuse: A Strong Predictor of Outcomes After Colectomy for Slow-Transit Constipation Auteurs : O'Brien S, Hyman N, Osler T, Rabinowitz T.
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