Presse écrite

Le Parisien (fin 2009)

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"Mes enfants, c’est ma plus grande fierté"

Sandrine abusée par un oncle à 5 ans a deux fils.

Le même cauchemar est venu la hanter, à plusieurs années d’intervalle. Ce genre de cauchemar où l’on hurle et où aucun son ne s’échappe, où vos pieds sont des enclumes, où votre coeur va éclater. "Je vois quelqu’un qui viole mes fils, décrit Sandrine d’une voix blanche. Je sais que c’est un membre de ma famille et je suis impuissante."

Cette jeune femme de 34 ans a fini par comprendre : chaque fois, ces années là, l’un ou l’autre de ses fils avait atteint l’âge de 5 ans. L’âge où elle, petite blondinette pleine de vie, a été attirée pour la première fois derrière une voiture à une fête de famille. L’âge où l’on ne comprend pas pourquoi ce tonton si  gentil met la main dans votre culotte avec un drôle de regard. L’âge où l’on apprend très vite que le danger, c’est votre propre famille.

Pour Sandrine, le cauchemar a duré 7 ans. Il ne l’a pourtant jamais empêché de rêver de devenir mère. Elle a même eu de la chance, c’est arrivé facilement, joyeusement, là où tant de survivantes de l’inceste ne parviennent même pas à tomber enceinte. "Sauf que quand le bébé s’est mis à bouger en moi, j’ai été prise de panique. J’ai compris que tout allait remonter à la surface. Je me sentais incapable de le protéger." Sa propre mère n’avait-elle pas fermé les yeux, de manière incompréhensible, sur tous les signaux de souffrance qu’elle avait envoyés?"

« Je les ai surprotégés »

« Heureusement que je n’ai eu que des garçons. Une fille, ça aurait été l’enfer pour elle. Je l’aurais étouffée de précautions, elle n’aurait rien vécu. » Ses fils, c’est tout juste si leur propre père pouvait leur donner le bain. Dès qu’un adulte bienveillant s’approchait d’eux, une alarme sonnait dans la tête de leur maman. « Je les ai surprotégés, avoue Sandrine. Dès le plus jeune âge, je leur ai lu des livres les mettant en garde contre la pédophilie. Il n’existe aucune histoire d’inceste. Ce n’est pas facile de dire à un enfant qu’il peut ne pas être en sécurité au sein de sa propre famille. » C’est pourtant grâce à l’une de ces histoires qu’elle a pu crever l’abcès. « Un jour, mon aîné m’a dit : Arrête avec ça, tu nous gonfles. J’étais tellement vexée que c’est sorti : Je vous en parle parce que ça m’est arrivé. » Dire, beaucoup d’adultes n’y parviennent pas. Aujourd’hui, Damien a 13 ans et Nicolas 9. Ils vont «hyper bien » et leur maman, « hyper mieux ». « Qu’ils soient si sains, si solides, c’est ma plus grande fierté. Ce qui les a le plus choqué, remarque-t-elle, c’est que mon agresseur ne soit pas en prison. » F.D.

Inceste : le combat de Ghislaine

L'actu (mai 2010)

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L'actu (mai 2010)

-> Contexte 1) Ce soir, à 20h35, la soirée Théma d’Arte est consacrée aux crimes d’inceste. Deux documentaires sont présentés, l’un consacré aux victimes, l’autre aux agresseurs. 2) Dans Inceste : familles empoisonnées, sept victimes témoignent et racontent les mécanismes de l’abus au sein de la famille. Coupable d’inceste donne la parole à deux pères incestueux. 3) L’inceste est un tabou dans preque toutes les sociétés. Jusqu’ici, il était considéré en France comme une circonstance aggravante des crimes et délits sexuels. Depuis février, la loi punit spécifiquement une agression sexuelle ou un viol sur mineur commis par un parent ou un tuteur.

"Dans l’inceste, toute la famille est malade"

Enfant, Sandrine a subi un inceste. Elle témoigne ce soir sur Arte. Elle a créé une association d’aide aux victimes, Le Monde à Travers un Regard.

Quels sont les mécanismes de l’inceste?

Sandrine Apers : C’est une toile d’araignée jetée sur l’enfant. Quand un adulte en qui il a confiance lui fait ça, il ne comprend pas. Il ne dit pas non. Ce n’est pas comme si un étranger l’agressait, il y a un lien affectif. L’enfant est sous emprise, seul, muré dans le silence. Il se sent complice... Et quand c’est arrivé une fois, que personne n’a rien dit, ça se reproduit forcément, de plus en plus fréquemment et il est de plus en plus difficile de dire non.

Comment le silence s’installe-t-il dans la famille?

L’inceste, ce n’est pas juste l’agresseur et l’agressé. Toute la famille est malade. Personne ne veut voir. La première fois où mon oncle m’a touchée, mon père l’a surpris et l’a ramené violemment dans la maison. Mais c’est tout...

Comment cela s’arrête?

Il y a plusieurs cas de figure. Certains agresseurs ne sont plus attirés par les corps qui se transforment. Moi, un jour, j’ai pris un couteau et j’ai dit stop à mon oncle. Mais il y a tant de cas où cela continue : des jeunes filles enceintes de leur père, des adultes encore sous domination...

Comment étiez-vous enfant et adolescente?

J’avais la sensation d’être différente, mais je ne pensais pas tout le temps à ça. Je me sentais sale, pas intéressante. J’étais très timide et donc très seule. On a aussi l’impression d’être fou, que c’est notre comportement qui est anormal. A l’adolescence, on est encore plus renfermé. Les conséquences de ce mal-être sont multiples : anorexie, boulimie, tentatives de suicide...

A un moment, des victimes tombent dans le déni...

Oui, on enfouit. Le temps passe et un jour, tout explose. ça peut être à n’importe quel moment. Souvent, les femmes victimes d’inceste vivent mal leur grossesse. Elles doutent de leurs capacité à être de bonnes mères, à pouvoir protéger leurs enfants.

En avez-vous parlé à vos enfants?

Oui. J’ai abordé la question par le biais de livres et je leur ai dit que ça m’était arrivé. Ils ont posé beaucoup de questions. Ils ont eu du mal à comprendre pourquoi personne n’avait prévenu la police, pourquoi le coupable n’était pas en prison...

Procès : les victimes limitées par le temps...

Les victimes mettent souvent trop longtemps avant de parler. Et il est trop tard pour porter plainte contre son agresseur.

Le délai de prescription désigne la durée pendant laquelle il est encore possible d’intenter une action en justice. Selon la loi de 2004, toutes les victimes d’inceste nées après le 11 mars 1976 peuvent porter plainte contre leur agresseur 20 ans après leur majorité, c’est à dire jusqu’à l’âge de 38 ans. Les personnes nées avant cette date et qui n’ont pas parlé n’ont plus la possibilité de le faire.

Pétition

"Nous venons de lancer une pétition pour que la France prenne modèle sur le Canada et supprime ce délai de prescription" revendique Sandrine Apers, victime d’inceste et fondatrice de l’association Le Monde à Travers un Regard. En effet, beaucoup de victimesmettent du temps avant de pouvoir parler. Bien souvent, il est alors trop tard. "L’oncle qui m’a violée a aujourd’hui une quarantaine d’années. Il est père de deux enfants. Il s’en ai aussi pris à sa soeur et à mon petit frère, qui me l’a avoué il y a seulement deux ans. Cet homme n’est inquiété ni par ma famille, ni par la justice. Pourquoi ne recommencerait-il pas?" dénonce-t-elle.

Direct Matin

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Inceste, enfances volées

France-Soir

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Sandrine Apers "Je ne pardonnerai jamais"

Sandrine Apers a subi des agressions sexuelles répétées durant son enfance. Elle raconte la honte, le silence, la reconstruction. Un témoignage difficile et bouleversant.

France-Soir : Vous souvenez-vous de la" première fois" ?

Sandrine Apers : J’avais 5 ans. C’était lors d’une réunion de famille. Je jouais dehors avec les autres enfants quand un de mes oncles, alors âgé de seize ans, m’a entrainée à l’écart, derrière une voiture, pour me dire "un secret". Il m’a demandé de me pencher et, derrière moi, a glissé sa main dans ma culotte. Le temps s’est arrêté. j’étais emplie d’effroi, de surprise. Je ne comprenais pas ce qu’il faisait. Très vite, mon père est arrivé et l’a ramené, furieux, dans la maison. Je suis retournée jouer comme si de rien n’était. Mais je me sentais sale.

F-S : Votre père avait surpris votre agresseur. Comment cela a-t-il pu se reproduire ensuite?

S-A : En fait, mon père n’a rien dit à personne. Quelques temps plus tard, il a été décidé que cet oncle ferait baby-sitter tous les mercredis. Il avait désormais le champ libre.

F-S : Lorsque cela s’est reproduit, pourquoi n’avoir rien dit à votre père qui vous avait défendue la première fois?

S-A : Justement, c’était l’argument de mon agresseur : "Ton père est au courant". J’étais tellement petite! Je me sentais totalement seule.

F-S : Combien de temps les agressions ont-elles duré?

S-A : De l’âge de 5 ans à 12 ans, chaque semaine. Il y a d’abord eu des attouchements et des humiliations. Puis, il a apporté des bandes dessinées pornographiques en me demandant de prendre, nue, les mêmes positions que sur les images. Ensuite, c’est allécrescendo jusqu’au viol. A 9 ans. Je pensai que j’allais mourir, tant par la douleur physique que psychologique. Je ne comprenais rien. J’avais honte.

F-S : Pendant toutes ces années, quelle a été l’attitude de vos parents?

S-A : Mon père etait alcoolique et violent, et ma mère me rejetait.. Convaincue qu’ils savaient, je croyais qu’ils me trouvaient perverse.

F-S : Comment cela s’est-il arrêté?

S-A : A 12 ans, j’ai commencé à réaliser que ce que je subissais depuis ma petite enfance n’avait rien de "normal". Un soir, je l’ai attendu avec un couteau. J’étais prête à le tuer s’il me touchait. Il est parti et n’a plus jamais recommencé. Même si, par la suite, il a continué à m’offrir de la lingerie sexy à Noel-devant mes parents qui nn’étaient pas plus choqués que s’il s’était agi d’un pull.

F-S : Vous avez parlé?

S-A : Plusieurs fois. A l’infirmière de l’école, à une psy du centre médico-psychologique (CMP)-qui m’a traitée de menteuse...ça n’a jamais suscité aucune réaction. Au cours d’un repas de famille même, on m’a écoutée puis on s’est remis à manger. C’est comme si j’avais éternué.

F-S : Comment grandir après tout cela?

S-A : Mon adolescence n’a été qu’une immense colère qui est soudain sortie. Drogue, automutilations, fugues, anorexie... je me suis tout infligé jusqu’à ce que je quitte la maison vers 17 ans.

F-S : Quand a commencé votre reconstruction?

S-A : Le jour où j’ai vu mon fils sur les genoux de mon agresseur. Cet homme m’avait violée en toute impunité. Qu’est-ce qui l’empêchait de recommencer? ça a été un déclic. J’ai coupé les ponts avec ma famille et fait une thérapie.

F-S : Pensez-vous pouvoir pardonner un jour?

S-A : Jamais. Je ne pardonnerai jamais. Si j’avais eu un procès, ou si quelqu’un m’avais écoutée... peut-être que j’aurais pu m’apaiser. C’est à ma mère que j’en veux le plus. Ma mère qui m’a entendue pleurer si souvent s’en inquiéter, ma mère qui a trouvé des seringues sous mon lit sans réagir. Ma mère qui m’a vue m’automutiler en me triatant seulement de folle. Non, je ne pardonnerai pas.

Un manifeste

Sandrine Apers n’a pas porté plainte. Lorsqu’elle s’en est sentie capable, il était trop tard : le crime de son agresseur était prescrit. Jusqu’au 9 mars 2004, la prescription intervenait 10 ans après la majorité d’une victime d’abus sexuels. "Certains ne trouvent la force de dénoncer qu’à 40 ou 50 ans, explique Sandrine. Or les victimes d’abus sexuels ont besoin du procès pour se reconstruire. La société doit dire qui est coupable et qui est victime." Aujourd’hui, les associations s’unissent pour que l’inceste soit reconnu comme crime contre l’humanité, ce qui le rendrait imprescriptible (c’est déjà le cas au Canada). Leur manifeste, qui sera déposé prochainement auprès du ministre de la Justice, rappelle notamment, par la voix de l’écrivain Jean-Claude Guillebaud, que "l’inceste est le cousin germain du génocide (...) Ce qu’il violente, ce n’est pas seulement le corps de l’enfant, c’est ce qui fonde son humanité."

Pour signer le manifeste : www.lemondeatraversunregard.org

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VSD

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Brisés à l’âge de l’innocence

Des victimes de l’inceste prennent la parole dans un documentaire à la fois pudique et éprouvant.

En France, on estime à 2 millions le nombre de victime d’inceste. En voici 7 qui témoignent, à visage découvert pour la plupart, des abus sexuels subis durant l’enfance. Un frère, un oncle ou un grand-père les a brisés à l’âge de l’innocence. Avec pudeur et sobriété, elles racontent ici la première fois, les rituels, le silence de l’entourage. Puis la manipulation, la haine de soi et le déni. Vient ensuite le temps de la reconstruction. Un travail psychologique qui force à affronter les bourreaux. De ces paroles, évidemment violentes à entendre, émergent des personnalités au courage inoui. Un documentaire éprouvant, voire choquant, mais nécessaire. Il est suivi à 21h20 d’une enquête sur les coupables d’inceste.

Julien Blanc-Gras.

Magazine minicipal- En Flèche

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Association de lutte contre l’inceste et la pédophilie

« Le monde à travers un regard » est une association loi 1901 (but non lucratif) de lutte contre l’inceste et la pédophilie. À partir du 11 septembre, des groupes de paroles seront ouverts aux victimes d’inceste, de pédocriminalité et à leurs proches.
Une antenne fléchoise les accueille les deuxièmes samedis de chaque mois.
Contact : groupe.sarthe@gmail.com. Et site internet : www.lemondeatraversunregard.org.

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Closer

"Mon oncle a aussi violé mon petit frère et sa propre soeur"

La jeune femme a été abusée par son oncle à l’âge de 5 ans. Aujourd’hui, à 35 ans, Sandrine aide les victimes d’inceste avec son association*.

Que s’est-il passé chez votre grand-mère?

A l’époque, j’avais 5 ans. Je jouais dans le jardin avec mon petit frère et ma tante, née la même année que moi, quand mon oncle m’appelle derrière une voiture pour me dire un secret. Je le rejoins, il me demande de me baisser dos à lui, puis met sa main dans ma culotte. Mon père le surprend et l’attrape fermement. Il est furieux. Et moi, honteuse. A ce moment-là, j’ai surtout peur qu’il soit en colère contre moi.

Votre oncle a abusé de vous jusqu’à vos 12 ans. Pourquoi n’avez-vous pas dit non?

Comme mon père l’avait pris sur le fait, je pensais que tout le monde était au courant et que c’était normal. Mais à 12 ans, j’ai réalisé le mal que mon oncle faisait. J’ai alors placé un couteau de cuisine sous l’oreiller et je l’ai menacé dès qu’il est entré dans la chambre. J’aurais été capable de le tuer. Il a pris peur et n’a jamais recommencé. J’ai appris il y a deux ans qu’il avait abusé de mon petit frère. Et de sa propre soeur. J’ai essayé d’aborder le sujet lors de repas de famille, mais personne ne m’écoutait. On me prenait pour une folle.

Votre agresseur n’est pas en prison car, au moment où vous avez eu la force de porter plainte, il y avait prescription. Que fait-il aujourd’hui?

Il travaille et a deux jeunes enfants. J’ai voulu voir sa femme pour la mettre en garde, mais elle a refusé de m’écouter. Je ne peux pas donner son nom car il pourrait porter plainte pour diffamation. Cette loi sur la prescription est une ineptie. S’il a violé sa nièce, son neveu et jusqu’à sa petite soeur, il est probablement entrain de faire la même chose à ses propres enfants.

Que conseillez-vous aux victimes d’inceste?

Si elles en ont la force, il faut porter plainte. Un agresseur fait toujours plusieurs victimes. Et elles ne doivent pas hésiter à faire une thérapie ou à assister à des groupes de parole.

*www.lemondeatraversunregard.org

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Le Maine Libre

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Patricia a brisé le tabou de l’inceste

Un groupe de parole dédié à l’inceste ouvrira ses portes à La Flèche. Patricia Perez, "survivante de l’inceste", animera cet espace voué à partager et alléger la souffrance des victimes et de leurs proches.

Le Passé est toujours là. Pesant. L’histoire est poignante. Patricia Perez dit elle-même "les valises sont lourdes". Cette flèchoise de 39 ans a été victime d’inceste de 5 à 20 ans. Une enfance durant laquelle elle n’a "jamais été en sécurité dans la famille. Il fallait prévoir les attaques, mentir à l’entourage. J’ai été menacée de mort." L’enfer quotidien que lui fait vivre le "prédateur" et "d’autres personnes" l’a marqué jusque dans son corps. Mais les dégats psychologiques sont encore plus profonds.

"Il y a eu violence sexuelle, physique et verbale". L’enfance violentée et l’adolescence gachée se traduisent par des troubles du comportement. "J’avais peur des hommes. J’étais toujours à l’affût. Mes nuits étaient agitées, je faisais des cauchemars, du somnambulisme." La scolarité est forcément délicate. "Même si on me dit que j’étais un boute-en-train à l’école." sourit Patricia. La jeune femme se construit ainsi. Entre souffrance et déni.

La punition de la prescription

Pendant des années personne ne verra rien. Elle ne pourra pas parler. Ni à ses médecins, ni à son mari. A personne. Jusqu’en 2004. Tout bascule lors d’une théraie engagée à l’attention de sa plus jeune fille. "Tout est sorti d’un coup. ça a été violent. Des images, des bruits, des odeurs, des gestes qui remontent en un instant." La carapace est fendue et c’est la "descente aux enfers", "j’étais redevenue une petite fille dans un corps de femme." Elle venait surtout de briser un tabou.

La "famille incestueuse" explose. "ça fait 6 ans que je ne vois plus le prédateur qui a aussi attaqué deux de mes cousines. J’ai encore de la haine pour lui. Mais elle devrait bientôt disparaitre. Ma mère m’a balayée de sa vie. C’est une blessure immensémment profonde car j’avais gardé le silence pour la protéger."

En 2005, Patricia trouve la force de déposer une première plainte au Mans. Trop tard. La prescription a fait son oeuvre. "C’est une double punition de ne pas avoir parlé assez tôt" Patricia parvient tout de même à changer de nom au printemps dernier.

Aujourd’hui, elle va de l’avant en s’occupant de ses quatre enfants et de son mari. "Et des autres." C’est le but qu’elle s’est choisi en rejoignant l’association Le Monde à Travers un Regard et en créant et animant un groupe de parole sur La Flèche.

Les nouvelles de sablé

Un groupe de parole sur l’inceste à La Flèche

Parce que l’inceste ne doit plus être un tabou, un groupe de parole sera mis en place à La Flèche à compter de ce samedi 11 septembre. Une première dans la Sarthe.

Patricia, victime d’inceste et membre de l’association "le Monde à travers un Regard" animera ce groupe de parole, un samedi par mois. "J’ai rencontré Sandrine Apers la présidente de l’association. Nous avons beaucoup parlé et elle m’a beaucoup soutenue. Aider les autres est aujourd’hui ma raison de vivre, c’est pour cela que j’ai décidé de m’investir", souligne-t-elle.

Agée de 44 ans et maman de 4 enfants, Patricia a été sexuellement agressée pendant plus de quinze ans, de 5 à 20 ans. Mais ce n’est qu’en 2004 qu’elle sort du déni. "Le déclic a été la naissance de ma dernière fille. Elle ne mangeait pas et ne dormait pas. Le médecin m’a dit que le problème venait de moi.

"On peut revivre après l’inceste"

Les souvenirs ressurgissent alors. Soutenue par son mari et ses quatre enfants, Patricia entame une longue et douloureuse thérapie. "J’ai longtemps regretté d’avoir parlé. Le déni est finalement assez confortable." Au printemps 2009, Patricia retrouve l’envie de vivre. Et de se servir de ce traumatisme. "Aujourd’hui, je veux me servir de ce passé pour être plus forte. je veux aussi montrer à toutes les victimes d’inceste qu’on peut revivre."

La première séance du groupe de parole de La Flèche aura lieu ce samedi de 14h à 16h30. Dans un souci de confidentialité, le lieu ne sera dévoilé que lors de l’inscription. Chaque mois, un thème sera abordé. Le premier sera "l’amour après l’inceste et la pédocriminalité".

"L’objectif est de dire aux victimes  qu’elles ne sont pas seules. Le groupe sera un lieu où on peut vider ses valises et échanger.", souligne Patricia.

Un combat contre la prescription

Se libérer pour mieux se reconstruire. Et oser dénoncer son agresseur. "Aujourd’hui, peu de victimes déposent plainte. Beaucoup se disent que ça ne servira à rien à cause de la prescription."

La prescription, l’autre cheval de bataille de l’association "Le Monde à Travers un Regard". Depuis 2004, le délai de prescription est passé de 10 à 20 ans. Insuffisant selon l’association qui se bar pour abroger cette notion. "Les souvenirs  reviennent parfois 20 ou 25 ans plus tard. Dans mon cas, je sais que mon agresseur ne sera jamais puni our ce qu’il a fait . Pour les victimes, c’est une double punition. C’est pour cela qu’il faut se battre.", conclut Patricia.

Nathalie Tropée.


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Psychologies Magazine

Un si violent silence

Inceste : familles empoisonnées de Fabrice Gardel et Juliette Armanet, sur Arte

On croit généralement tout savoir de l’inceste. De loin, en tout cas. Pourtant, c’est de près, de trop près, que certains enfants le subissent. Alors qu’un glaçant sondage IPSOS annonce que 26 % des Français déclarent connaître au moins une personne victime d’agression sexuelle, de viol, d’attouchements, d’abus ou de confidences sexuelles répétées par un parent, le documentaire que diffuse Arte assène des vérités qu’il est toujours bon de rappeler.

Filmés en plan rapproché, Nicolas, Nadia, Sandrine et les autres racontent sans pathos les agressions sexuelles de leur oncle, frère, grand-père, alors qu’ils avaient 4, 6 ou 7 ans. Nul voyeurisme ici. En peu de mots, la violence des dégâts de l’inceste est décortiquée. La culpabilité : « On intègre l’idée que, s’il essaie de nous détruire, c’est qu’il a une raison. » L’emprise : « “Pourquoi je ne m’enfuis pas ?” me répétais-je. J’  étais pétrifiée. » La perversion : « Il avait instauré une forme de relation amoureuse. »

L’autodestruction : « Anorexie, boulimie, je voulais détruire ce corps pour qu’il ne le trouve plus séduisant. » Mais le plus déchirant à entendre est le silence familial qui a entouré ces drames. Un silence qui n’a, parfois, même pas l’excuse d’être ignorant : « J’appelais “maman, maman…” et elle n’est jamais venue », se souvient Nadia. Marie, l’une de ces mères, a accepté de témoigner à visage découvert. Ses deux filles, dès l’âge de 4 et 6 ans, ont été violées par leur grand-père pendant dix ans. Leur mère avait eu connaissance des premiers attouchements, mais, dit-elle, « je croyais avoir été ferme avec mon beau-père. Je ne pensais pas qu’il oserait recommencer ». Sauf qu’après l’avoir dénoncé une première fois les fillettes se sont laissé faire : puisque leurs parents savaient et n’avaient rien fait, il ne servait à rien d’en reparler.

« Elles m’en voudront toujours, admet Marie. Et j’assume la vérité : je n’ai pas su les protéger. » Des années d’accompagnement psychologique puis, parfois, l’aide de la justice, ont aidé ces enfants martyrs à l’emporter sur leur bourreau. « Il m’a torturé, il m’a humilié, mais il n’a pas violé ma vie », dit Nicolas. Ces témoins disent aller bien, s’être reconstruits. Ils semblent sereins. Et on pense alors à tous ceux qui n’ont pas parlé. Violaine Gelly

Photo Copyright : www.arte.tv

Inceste : Familles empoisonnées de Fabrice Gardel et Juliette Armanet, sur Arte, le 4 mai à 20h35, suivi de Coupables d’inceste de Cyril de Turckheim et François Bordes, sur les agresseurs.


Ouest-France

"Briser le silence qui entoure l’inceste"

Victime d’inceste pendant quinze années, Patricia Perez ouvrira samedi à La Flèche un groupe de parole destiné à aider les victimes et leurs proches. Un combat salutaire.

1. Pourquoi ouvrir ce groupe de parole maintenant?

C’est le fruit d’un cheminement personnel. Je cherchais un but à ma vie, que j’ai trouvé. Je veux aider les autres, pouvoir me dire que je n’ai pas subi tout ça pour rien. Il faut qu’il en ressorte quelque chose de positif. Ce groupe de parole est là pour libérer les victimes et leurs proches. Après avoir longtemps témoigné par écrit, j’ai rejoint l’association de Sandrine Apers "Le Monde à Travers un Regard" en début d’année. Ensuite, j’ai rapidement eu envie de créer ce groupe sur La Flèche.

2. Vous avez été vous-même victime. Comment vit-on après?

On ne guérit pas de l’inceste. On apprend à vivre avec, à mieux gérer ses émotions. Mais il faut le dire : on peut vivre après tout ça, c’est encore possible. Il faut apprendre à s’aimer, car l’inceste est destructeur. On se mésestime. Le chemin est long pour sortir du déni. Et surtout, il faut parler, briser le silence qui entoure l’inceste, casser les secrets familiaux.

3. Vous animerez donc une séance thématique par mois?

Oui. Ce premier groupe de parole sera consacré à ’l’amour après l’inceste et la pédocriminalité". Peuvent participer les victimes et leurs proches. En dehors de ces temps de parole, l’association vient de mettre en place une boite aux lettres à la Maison des Associations. Les gens peuvent m ’y déposer leurs demandes. Sans oublier le site de l’association.

Alexandre Julien.

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Les Nouvelles de Versailles

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Santé : avec l’association "Le Monde à Travers un Regard"

Briser le silence pour les victimes de l’inceste

Créée au début de l’année, l’association "le monde à travers un regard" organise des groupes de parole pour venir en aide aux victimes d’inceste et de pédocriminalité (plus de deux millions de personnes en France sont concernées). Pour la rentrée et parce que la demande est de plus en plus croissante, l’association lance à Versailles deux nouveautés : un groupe de parole pour les proches mais aussi un atelier chant pour les victimes destiné à travailler sur la posture, la respiration, la voix, la libération mais aussi la prise de confiance en soi. "J’ai créé cette association parce que je suis avant tout une victime, explique Sandrine Apers, présidente de "le monde à travers un regard" Mais aussi parce que j’étais dans une autre association qui ne faisait pas d’aide directe aux victimes."

Avec 20 personnes au maximum, les groupes de parole permettent en effet de sortir de l’isolement et de dire ce que l’on ne dit pas à la maison ou chez son médecin.

Confidentialité

C’est aussi l’occasion de rencontrer des personnes qui vivent le même drame. "Les victimes peuvent parler entre elles, en toute confidentialité et dans un respect mutuel", note la présidente. Les groupes sont animés par des bénévoles, formés par l’association. "Nous recevons des personnes de 18 à 65 ans, complète Sandrine Apers. Nos groupes fonctionnent sur le même principe que les Alcooliques Anonymes et à chaque fois il y a un thème comme par exemple l’addiction qui fait partie des conséquences ou encore "vivre en couple". Il ne faut pas que ça parte dans tous les sens."

F.C

Nous Deux

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L’avis de Sandrine Apers, présidente de l’association Le Monde à Travers un Regard*

"Neuf fois sur dix, la victime est rejetée par sa famille"

Combien de personnes, ont comme Aline, été victime d’agression sexuelle de la part d’un membre de leur famille?

Selon un sondage IPSOS de 2009, 2 millions de personnes ont déclaré avoir été victimes d’inceste. Et je pense que ce chiffre est malheureusement sous-évalué. peu de victimes osent en parler, parce qu’elles ont honte. Elles se sentent coupables et elles pensent, à tort bien sûr, qu’elles sont complices de ce crime.

Quelles sont les conséquences d’une telle agression?

Elles sont multiples, mais les principales sont les suivantes : boulimie, anorexie, toxicomanie, alcoolémie, dépression. Sans compter que l’inceste rend par la suite les relations de couple difficiles et la sexualité très compliquée. A plus long terme, les séquelles peuvent être dramatiques. Parce qu’elles ont perdu la confiance qu’elles avaient en leur propre famille, qui était censée les protéger, les victimes d’inceste n’arrivent plus à faire confiance aux autres en général.

Ne peuvent-elles pas trouver un soutien familial?

Hélas, non. Neuf fois sur dix, la victime est rejetée par sa famille. L’inceste salit cette dernière. Mais ce n’est pas très étonnant, parce que l’inceste est souvent révélateur d’un problème antérieur au sein de la famille.

* Association qui vient en aide aux victimes d’inceste et de pédophilie. www.lemondeatraversunregard.org

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Psycho-enfants Magazine

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Le témoignage de Léa, 35 ans.

"J’ai été abusée par mon père entre 7 et 12 ans. je sentais bien que ce n’était pas normal. mais comme c’était mon père et qu’il me disait que c’était notre secret, je ne voulais pas le décevoir. Vers 14 ans, j’en ai parlé à ma mère. Elle ne m’a pas crue. J’ai alors tenté de me suicider. J’ai finalement porté plainte à 28 ans. Je ne voulais pas faire de mal  à mon père, mais être reconnue comme victime. Quand mon père a dit à l’audience ’il faut croire Léa", j’ai été soulagée et triste à la fois de le voir dans cet état. Aujourd’hui, je n’ai plus de contact avec ma famille. C’est trop dur à supporter pour ma mère... Mais je me suis reconstruite grâce à vingt ans de psychothérapie, aux autres victimes, à mes amis et à mon conjoint. J’ai compris que le plus important, c’était moi et que je ne devais pas me sentir coupable."   

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Une association en litige avec la ville

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La Nouvelle République

"C’était normal dans la tête d’une petite fille"

Châteauroux. Victime d’inceste à l’âge de 5 ans, Jessica à déposé une plainte classée sans suite. Elle gère désormais un groupe de parole.

Tous les matins j’allais le réveiller à l’étage et il me faisait ses saloperies, se souvient encore avec émotion, Jessica, âgée aujourd’hui de 31 ans, mariée et mère de 3 enfants. La petite fille de 5 ans qu’elle était alors pensait "que c’était normal, puisque c’était une personne qui avait autorité sur moi". Jusqu’à l’âge de 13 ans, dit-elle, "j’ai gardé ça, enfoui en moi". La jeune fille qu’elle était devenue se risquait juste à évoquer ces moments avec une petite copine. Une simple évocation, mais pas de réponse.

Une souffrance partagée pour se reconstruire

Pour cette castelroussine, la vie allait ainsi s’écouler tant bien que mal, jusqu’à sa rencontre, en 1998, avec son actuel compagnon. Une autre vie avec un secret toujours aussi pesant. "Tout s’est déclenché lors de ma première grossesse. J’avais des flashs, je faisais des cauchemars et toutes ces images me revenaient comme un boomerang. Je me revoyais montant l’escalier pour aller dans sa chambre et le fait terrible que j’assimilais ça à un jeu." Jessica donne naissance, en 2003, à des jumeaux - un petit garçon et une petite fille - vis-à-vis desquels, elle allait "commencer à culpabiliser en imaginant que l’histoire pouvait se répéter". Jessica allait ainsi surprotéger ses enfants et entamer une véritable psychose au regard de son passé. "je suis progressivement entrée en dépression, faisant même un syndrome post-traumatique", devait lui expliquer son psychiatre. Même spécialiste qui conseillait à cette jeune mère de famille de déposer plainte pour ces faits qui remontaient au milieu des années 80.

"C’est ce que j’ai fini par faire." Mais la plainte allait être classée sans suite pour une raison difficilement acceptable. "Il y avait prescription de quelques mois", s’étonne encore Jessica qui allait alors s’animer d’un véritable sentiment de haine. "Ce qui s’était passé était de moins en moins normal dans ma tête d’adulte." Drogue, médicaments, tentatives de suicide : "j’ai passé six années à me détruire et ma 2ème grossesse a été comme un déclic. Il fallait que je me sorte de cet enfer."

Jessica entreprenait alors des recherches sur Internet et tombait sur un forum tenu par des victimes et proches de victimes d’inceste. "Je suis entrée en relation avec des personnes ayant vécu la même chose que moi." Une souffrance partagée qui allait l’aider à se reconstruire et ne pas faire peser sur son entourage ce qu’elle pensait être simplement normal... dans sa tête de petite fille.

A suivre

Le Monde à Travers un Regard

Depuis le mois de janvier, Jessica gère un groupe de parole au sein de l’association Le Monde à Travers un Regard. "C’est un lieu d’échanges, où on est compris, accepté, reconnu et respecté en tant que victime." détaille Jessica. Ces échanges ont lieu dans les locaux de la Maison des droits de l’enfant, rue de l’Echo, à Châteauroux. Les inscriptions aux groupes de parole sont obligatoires.

Contact : www.lemondeatraversunregard.org

Courriel : groupe.indre@gmail.com

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Ouest-France

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"C’est la première fois qu’ils osent parler." Depuis septembre 2010, Patricia Perez anime à La Flèche le premier groupe de parole pour les victimes d’inceste en Sarthe.

Trois questions à ... Patricia Perez, animatrice du groupe de parole sur l’inceste à La Flèche.

*Depuis septembre, vous animez le 1er groupe de parole sarthois ouvert aux victimes de l’inceste. Premier bilan?

Le but de ce groupe est d’échanger, écouter, partager, témoigner et briser le silence qui entoure l’inceste. Le groupe compte aujourd’hui une douzaine d’inscrits de La Flèche, du sud du Mans, d’Angers. Le bilan est très positif. Les participants, pour la plupart, osent pour la première fois parler de ce qu’ils ont vécu. C’est pour eux une libération. Un premier pas pour se diriger ensuite vers un professionnel.

*Des proches des victimes viennent aussi?

Oui. Depuis cette année, on accueille un conjoint qui vient soutenir son épouse. ça les aide énormément. Un mari est déjà venu à la place de son épouse victime pour essayer de comprendre et de l’aider. C’est une démarche très positive. A chaque séance, le 2ème samedi du mois, on a abordé une thématique comme les relations familiales, l’amour après l’inceste & la pédocriminalité.

*Des projets?

En tant que responsable régionale du groupe de parole auprès de l’association Le Monde à Travers un Regard, j’aide à monter d’autres groupes, comme celui de Tours qui doit ouvrir en septembre (1). J’aimerais mettre en place, à La Flèche, une exposition sur la prévention de l’inceste et de la pédocriminalité, ouverte en particulier aux collégiens et aux lycéens.

Christelle Quintard.

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Date de dernière mise à jour : 15/10/2011