De Maryvonne Ollivry , Fabrice Guillermet
" Depuis une vingtaine d'années des voix d'enfants, d'adultes s'élèvent contre des prêtres, les accusant d'avoir volé leur innocence.
L'absolu secret sur lequel se sont refermés depuis des siècles les rideaux du confessionnal se lézarde enfin. Longtemps retranchée à l'abri d'une culture du silence qui muselait jusqu'aux consciences, la hiérarchie catholique est contrainte de faire face à la médiatisation des sentences, souvent très lourdes - jusqu'à vingt ans de réclusion - qui sanctionnent des déviances pédophiles. " En disséquant le sordide de ces crimes, nous n'avons voulu ni hurler avec les loups, ni surfer sur la vague d'indignation qu'ils soulèvent.
Encore moins choquer des fidèles incrédules, blessés, parfois hostiles à l'écho de scandales qu'ils perçoivent comme des attaques anticléricales. Nous avons donné la parole à Mgr di Falco qui s'explique ici longuement. Et pour faire bonne mesure nous avons recueilli les propos du principal de ses accusateurs. Parole contre parole. Pour tenter de comprendre. " Refuser la réalité, n'est-ce pas attiser l'ardeur de ceux qui entendent dénoncer haut et fort - trop haut, trop fort quelquefois - des vérités étouffées ? Si l'Eglise veut échapper à un préjugé de défiance qui pénaliserait l'ensemble de sa communauté ne doit-elle pas affronter courageusement ses vieux démons, esprit de corps, naïveté, recrutement et formation d'un autre âge, dures exigences de la continence sexuelle ? C'est dans ce sens que nous avons mené notre enquête.
Nous l'avons voulue rigoureuse, objective, implacable. Nuancée pourtant. "
De Garry Wills
L'Eglise catholique américaine a sans doute connu la plus grave crise de son histoire quand les mises en cause de prêtres pour pédophilie ses ont accumulées.
La pédophilie dans l'Eglise catholique affecte plus les jeunes garçons que les filles. Elle a lieu le plus souvent dans un lieu religieux qui apparaît comme stimulant, du fait même de l'interdit : sacristie, confessionnal, etc. Les prêtres concernés proposent souvent d'aider, et même de soigner, ceux qui vont être leur victimes. Cela doit-il être mis en relation avec le statut " à part " des prêtres, homme sans femmes et sans enfants ? Avec l'infantilisation qui semble régner dans des secteurs entiers de l'Eglise ? Avec la possibilité de " remettre " les péchés ? Cela ne peut-il pas donner aux prêtres le sentiment qu'ils sont au delà des lois humaines et expliquer pourquoi ils n'ont généralement aucun sentiment de culpabilité ?
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