Tout geste de nature sexuelle par lequel une personne plus âgée amène une personne plus jeune à le gratifier sexuellement peut être qualifié d’une agression sexuelle. Cela inclus les attouchements bien sur. L’agression sexuelle durant l'enfance est identifiée comme étant la cause première de problèmes psycho-sociaux. Les personnes agressées durant l'enfance rapporteraient des troubles rattachés à la violence sexuelle pendant l'enfance : un taux élevé de tension chronique, anxiété, de trouble du sommeil et de stress, difficultés d'entrer en relation, et dysfonctions sexuelles. Bien que les similarités entre des réponses des garçons et des filles existent, certaines différences ont été relatées ; par exemple : la tendance des garçons à externaliser (comportement agressif vis à vis des autres), et la tendance des filles à intérioriser leurs symptômes (dépression, autres). Les conséquences sont nombreuses , et peuvent affecter le comportement social ( colère, isolement) , émotionnel ( manque de confiance, dépression) , et sexuel. Une étude épidémiologique rapporte l'agression sexuelle comme un facteur de risque pour la dysfonction sexuelle, particulièrement les problèmes d’excitation sexuelle. Certains confirment que les individus agressés sexuellement expriment des problèmes sexuels, relationnels, et sociaux des problèmes avec leurs partenaires : méfiance dans les relations, manque d’estime de soi, problèmes sexuels, et difficultés de santé mentale telle dépression, abus de substance, et phobies. Les résultats indiquent que les femmes agressées sexuellement, rapportent moins de satisfaction avec leur corps, plus de gêne concernant leur apparence, moins aptes à former et entretenir des relations avec les autres. Le risque suicidaire fait partie du tableau des conséquences régulières des agressions sexuelles. Ce sont les femmes, plus que les hommes, qui présentent une sensibilité accrue à celui-ci. Quant aux tentatives de suicide elles sont de 3 à 4 fois plus élevées quand l'agression sexuelle a eu lieu avant l'âge de 16 ans (Davidson et col., 1996).
Lorsqu'il y a eu une agression sexuelle dans l'enfance, les symptômes prévalents pouvant apparaître au décours de la vie adulte seront principalement une forte anxiété et un risque dépressif important, auxquels s'adjoindront des difficultés d'ordre sexuelles et domestiques. Ces symptômes seront d'autant plus prégnants que l'agression sexuelle aura été violente (particulièrement en cas de viol) et prolongée (Cheasty et col., 1998; Lange et col., 1999; Molnar et col., 2001). La victimisation sexuelle dans l'enfance potentialise, chez les adultes masculins et féminins, à la suite d'un trauma de vie, les risques d'apparition des symptômes post-traumatiques. Par ailleurs, si ces agressions sexuelles subies dans l'enfance ne sont pas prises en compte et traitées suffisamment tôt, elles fournissent un terreau ultérieur, tout au long de la vie de l'adulte, où pourront venir éclore des troubles psychiques, des pathologie psychiatriques et diverses difficultés d'intégration sociale (Roesler et Mc Kenzie, 1994; Nurcombe, 2000). Qu’est-ce que la dépression ? La dépression est une maladie psychique qui se caractérise par une tristesse importante, une baisse de l’humeur à un degré nettement anormal, une diminution marquée de l’intérêt pour toute activité et une fatigue inhabituelle et excessive, des troubles du sommeil, des pensées morbides, etc. Ces troubles se distinguent des modifications normales de l’humeur par leur gravité, leur durée (plusieurs semaines au moins), leurs répercussions (souffrance psychique, altération du fonctionnement social…) et la souffrance morale ressentie, différente des expériences usuelles. Les conséquences de ces symptômes dépressifs sur le fonctionnement quotidien sont considérables. Toutes les relations du malade sont affectées, au sein du couple et de sa famille, avec ses amis et dans le milieu professionnel. Pour l’entourage, la dépression est très difficile à comprendre, souvent perturbante et génératrice d’anxiété pour ceux qui ne l’ont pas vécue de l’intérieur. Il est difficile de savoir comment réagir de façon appropriée pour aider le malade tout en se préservant soi-même, trouver sa juste place. La dépression peut toucher tout le monde, quel que soit son âge, son sexe, son niveau social. Elle ne relève ni d’une fatalité, ni d’une faiblesse de caractère. La volonté seule ne suffit pas pour en sortir, notamment parce que cette maladie provoque un sentiment de dévalorisation de soi et des pensées négatives. La dépression : une maladie répandue mais méconnue La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues. Cependant près de la moitié des personnes touchées présente des difficultés à se reconnaître comme dépressive. Seules 38,3 %1 des personnes souffrant de troubles dépressifs déclarent avoir consulté un professionnel de santé. Les hommes, les jeunes et les personnes âgées sont les personnes qui ont eu le moins recours aux soins (respectivement 33,7 %, 25,7 % et 26,4 %1). De plus, quand on est dépressif et qu’on en a conscience, il n’est pas toujours facile de savoir à qui s’adresser ni vers quelle structure de soins se tourner. Les proches sont eux aussi souvent ignorants face aux solutions existantes. La moitié des personnes (53,6 %2 de la population générale et 46,9 % des personnes souffrant de dépression) déclare ne pas connaître la différence entre un psychologue et un psychiatre. Une minorité de personnes atteintes s’est tournée vers des structures de soins : 13,7 % sont allés dans un centre médico-psychologique (CMP), 5,7 % dans un hôpital et 5,5% aux urgences. 50 %3 des Français déclarent ne pas connaître d’autres lieux que l’hôpital psychiatrique pour soigner ces malades. Or savoir où et à quel professionnel s’adresser est essentiel. La prise en charge de la maladie est parfois complexe et fait appel à de multiples acteurs qui n’ont ni les mêmes compétences, ni les mêmes qualifications. Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur pour les problèmes de santé. Il est compétent pour les diagnostiquer et pour proposer un traitement adapté ou orienter vers un professionnel en santé mentale. Un dispositif d’information pour favoriser une meilleure connaissance et améliorer la prise en charge de la dépression chez l’adulte Le dispositif d’information s’appuie sur l’implication de personnalités aux compétences multiples, à tous les niveaux de la santé mentale : patients (associations), praticiens, scientifiques, experts, chercheurs et représentants de sociétés savantes. Ce dispositif grand public se compose de deux outils référents sur la dépression, ses symptômes et les différents traitements possibles : Tous deux visent à aider le grand public à distinguer la « déprime » de la dépression, en améliorer la connaissance (degrés de gravité, diversité des modalités de prise en charge, variété des intervenants professionnels…) et inciter au dialogue avec les proches et les professionnels de santé. Pour promouvoir ces deux outils, un dépliant et une campagne média ont été prévus. - Le dépliant « La dépression, en savoir plus pour en sortir » (pdf, 857 Ko) est diffusé auprès des professionnels de santé et des organismes sociaux pour présenter les outils mis à la disposition du grand public : le guide et le site Internet www.info-depression.fr. 1 « La dépression en France : prévalence, facteurs associés et consommation de soins » Morvan Y, Prieto A, Briffault X. Baromètre santé, 2005. 2 Rapport final sur l’enquête dépression en pop. générale Anadep 2006. 3 « La perception des problèmes de santé mentale : les résultats d’une enquête sur neuf sites, Études et résultats, n° 116, Drees, Anguis M., Roelandt J.-L., Caria A., 2001
Pour les conduites à tonalité suicidaire, ce sont les femmes agressées sexuellement qui présentent le plus ce type de risque (Hjelmeland et Bjerke, 1996).
Un autre symptôme, d'apparence plus banal, ne doit pas être sous estimé dans la population féminine, sur le plan de la souffrance psychique et des demandes de consultations spécialisées, ce sont les "difficultés affectives" de tous ordres (Hill et col., 2000).
Il peut avoir recours à deux types de prise en charge de l'épisode dépressif : la psychothérapie et les traitements médicamenteux qui peuvent être utilisés seuls ou conjointement, en fonction de l’intensité de la maladie.
- un guide complet sur la maladie, « La dépression, en savoir plus pour en sortir », qui a pour objectif d’améliorer le dialogue entre le patient et son médecin (pdf, 3.2Mo). Edité à 500 000 exemplaires, il sera diffusé à plus de 100 000 exemplaires via les professionnels de la santé et les réseaux de prévention (médecins généralistes et spécialistes, centres d’actions sociales, pharmaciens…). Ce guide peut être consulté, téléchargé ou commandé gratuitement sur le site Internet www.info-depression.fr.
- un site Internet www.info-depression.fr,
Dédié aussi bien au grand public qu’aux professionnels de santé, il a pour vocation de fournir les informations nécessaires pour reconnaître et comprendre les symptômes de la maladie et accompagner les proches. Des témoignages de patients et de proches illustrent cette démarche. Le grand public peut télécharger le guide « La dépression, en savoir plus pour en sortir » et lire les témoignages de personnes ayant connu des troubles dépressifs. Les professionnels de santé, quant à eux, peuvent, sur un espace qui leur est dédié, trouver des documents scientifiques : études, rapports, publications…
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