La famille ?

Iceberg

Il y a ce que j'ai longtemps cru, et ce que j'ai réellement vécu.

Ce que j'ai longtemps cru est qu'elle était bonne, aimante et une femme bien. Respectable... tout au moins surtout respectée, car elle utilisait toujours les bons arguments pour qu'il en soit ainsi. Ce que j'ai longtemps cru est qu'il suffisait de dire ce qu'elle voulait entendre, être ce qu'elle voulait que l'on soit, lui montrer ce qu'elle voulait bien voir.
Ce que j'ai cru est que j'étais heureuse à ses côtés, que tout ce qui ressortait d'elle n'était qu'altruisme, bonté et amour démesuré.

Ce que j'ai cru est qu'elle était ma mère.
Ce que j'ai réellement vécu est tout autre.

Il m'aura fallu un certain nombre d'années pour soulever le voile sur cette vérité, et autant d'autres années pour admettre que je m'étais trompée sur toute la ligne.
Puis il me faudra encore plus d'années pour comprendre que je n'ai peut-être pas à me sentir coupable de l'avoir laisser faire, et d'être finalement celle que je suis.
Son conditionnement a si bien fonctionné, que je déplore de ne pas arriver à me détacher de ce sentiment éternellement présent.

Au même titre que je n'arrive pas à oublier ce que son fils a pu faire, ce qu'elle a finalement cautionné en cachant la vérité à son propre mari, ce soi-disant père, je n'arrive pas non plus à oublier ses gestes brutaux, ses paroles acerbes, son regard hystérique... signe précurseur d'un sale moment à passer.

Comment oublier alors que chaque reflet dans le miroir me ramène à son visage. Cette ressemblance troublante m'écoeure au point d'avoir voulu ne plus la vivre de si nombreuses fois.

Comment excuser un faux pas de 30 longues années alors que je n'ai jamais rien dit durant tout ce temps, que je ne m'en suis jamais plainte ? Comment comprendre ses hurlements, ses insultes ou ses coups pour des fautes commises qui n'en étaient finalement pas ? Comment comprendre ces marques rouges sur ce petit corps alors qu'on les cachait sous des bandages ? Comment ne pas se sentir coupable alors que l'on vous dit que vous l'êtiez ? Comment accepter d'aller si mal alors que l'on n'en a pas le droit ? Comment pleurer alors que seuls les cons et les faibles versent des larmes ? Comment ressentir la douleur alors que l'on est si fort ? Comment oser dire que tout est parti en couille alors qu'on a foutu le bordel ? Comment ne pas mentir alors que le mensonge a toujours été présent ? Comment réussir sa vie alors que celle-ci n'est pas celle qu'elle a décidé ? Comment la contredire, alors qu'elle avait toujours raison ?

Comment croire qu'elle a pu m'aimer puisqu'aujourd'hui elle a fait le choix de me sacrifier aux profits d'apparences primordiales au sein d'une famille ?
Comment me construire alors que tout porte à croire que rien de ce que j'ai pu entreprendre n'en valait la peine ?
Comment ne pas l'aimer après tout ce qu'elle a fait pour moi...?

Comment ne pas devenir folle alors que tout ce que j'avance est faux ?

Pourtant il me reste une chose. Le droit de m'exprimer au même titre qu'ils se sont octroyés le droit de vivre paisiblement comme si de rien n'était. Ainsi je peux écrire que j'en veux à celle qui m'a mis au monde pour tout le mal qu'elle a pu me faire, pour cette façon qu'elle a eu de couper à vif mes ailes de sorte que je ne puisse jamais voler, de me traiter comme une sous-merde, voire une pauvre conne juste bonne à rendre service. J'en veux à son complice de toujours, son fils, celui qu'elle a toujours défendu bec et ongle, celui qu'elle a toujours ouvertement aimé plus que tout, son équivalent masculin, sa copie conforme de violence et de folie. Enfin j'en veux à celui qui aurait dû s'interposer pour me défendre, me protéger mais qui ne l'a jamais fait par peur des représailles sur sa propre personne : j'en veux à ce père absent, cet homme que j'aimais tant, je lui en veux d'avoir laissé faire, d'avoir laissé voler en éclats mon existence. 

Et même si je lutte pour ne pas penser à tout cela, chacune de mes nuits est hantée par leur souvenir. Alors forcément chacun de mes dessins en prend l'empreinte.
C'est mon droit et je me permets d'emmerder ceux qui me diront qu'il me faut néanmoins avancer, qu'il me faut donner une autre image de moi... 
Car je ne peux pas avancer plus vite que ça, pas après avoir enfouit ce lourd secret de si longues années. Au même titre que je ne peux pas donner une autre image de moi alors que c'est bel et bien celle que je suis réellement que vous avez en face de vous aujourd'hui.

Je ne peux pas aller bien pour faire plaisir aux autres...
Je ne peux pas nier, je ne peux pas mentir.

Je ne peux pas faire semblant, je peux tout juste faire des efforts.

Je peux par contre écrire, dessiner, exprimer... cracher, dégueuler... et par conséquent en aider certains...

Je peux, car c'est un droit. C'est mon droit.
Et je me l'octroie.

Il y a 41 ans...

Après 41 ans de silence, ma vie a basculé. Je viens de tourner une page du livre de mon histoire.
J’ai révélé les épisodes sordides de mon enfance et les manipulations machiavéliques de ma mère.
J’ai réalisé que mon mal de vivre résidait dans le fait que je croyais qu’il me fallait vivre en acceptant les contraintes de la cohésion familiale.

Quand j’ai eu 13 ans mon père est décédé, laissant sa femme veuve avec également ma sœur de 1 an (donc 11 ans de moins que moi)
Mon père est mort en août, et en décembre, en pleine nuit, ma mère est venue me chercher dans ma chambre. Elle m’a demandé de me coucher avec elle puis elle a commencé à me caresser prétextant, que maintenant j’étais grande, c’était le moment de m’apprendre certaines choses…… Et là l’horreur !
Le lendemain matin, la maisonnée s’est réveillée, normalement, avec ses rituels du quotidien. Moi, au petit déjeuner, j’ai regardé ma mère, et je me suis dis que j’étais folle, qu’il ne s’était rien passé, c’était impossible, mais qu’est ce m’arrivait ? Pourquoi je pensais des choses comme ça, et puis je trouvais ça sale ! Et puis, il me restait cette chaleur entre les jambes, de son cunnilingus, qui ne m’avait pas quittée, et qui me brulait tant… je ne supportais pas ce qui m’était arrivée. J’aurais voulu crier, pleurer, mais ma mère me paraissait tellement normale, j’étais sure, ce n’était pas arrivé…est ce que j’avais rêvée ???
Une fois, rendue à l’école, je regardais toutes les filles de mon entourage : est-ce ce elles aussi, elles faisaient ça ? Je n’ai jamais eu le courage de poser la question ?
Ce même mois de décembre, après, ce passage à l’acte, j’ai eu un accident : une conductrice a perdu le contrôle de son véhicule et m’a percuté sur un trottoir.
Quand ma mère m’a récupéré, elle m’a giflé, soi disant parce qu’elle avait eu peur ?
Il y a 3 ans ma sœur a fait une tentative de suicide. Elle a failli perdre la vie. Après son coma, il a fallu qu’elle parle à des psychiatres, et là l’horreur, une nouvelle fois, je découvre que ma sœur se questionne sur les attitudes comportementales de notre mère, sur sa personne. Elle me pose des questions : je lui révèle pour moi, et je lui dis que je faisais tout pour la protéger. Mais, elle allait mal, elle est restée hospitalisée, de peur qu’elle repasse à l’acte. Depuis peu, elle me dit que j'avais aussi ma part de responsabilité dans son suicide!.... Cela m'a BRISEE, déchirée, CULPABILISEE, encore et encore et encore....
Je fais appel à des membres de la famille à la recherche d’indices concernant l’identité de ma mère, mais je ne révèle rien, je sonde l’entourage. Je n’ose pas affronter ma mère et lui dire.
J’ai 53 ans, je suis mariée, j’ai 3 enfants de 25, 23, 20 ans.
Je suis infirmière, j’ai travaillé 11 ans en réanimation, en cancérologie.
J’ai aidé mon mari à monter un cabinet de kinésithérapie en libéral, à la campagne. Actuellement, je suis sa secrétaire médicale.
Ainsi, je me suis rendue disponible pour élever mes enfants à temps plein. A 52 ans, il y a 3 ans, mon mari Espagnol, a appris qu'il était enfant adopté. Je lui retrouvé ses racines biologiques, dans un tout petit village au nord de Madrid en Espagne (72 habitants...)
Je n’ai jamais fermé la porte à ma mère. Elle, veuve, je voulais qu’elle puisse tout de même profiter de son statut de grand-mère. Mon mari et moi avons toujours été vigilant mais elle a participé à tous les événements : baptêmes, communions, confirmations, noël, anniversaires (tous les anniversaires tous les ans, même le sien c’était moi qui le faisait chez nous, pour qu’elle n’est rien à faire), les fêtes des mères, bref TOUT…
Un jour, j’ai réussi à lui demander, si ce que j’avais vécu, s’était bien réalisé, elle m’a dit oui, je lui ai demandé si elle s’était confié à quelqu’un : un médecin, une amie, une sœur, elle m’a dit non ce n’était pas utile, qu’elle ne savait pas ce qui lui avait pris, et qu’il n’y avait pas lieu d’en faire toute une histoire que c’était du passé, que je cherchais les polémiques, qu’est ce que j’allais ressortir ça, je montais mon film !.... Du coup, ça m’a calmé et je n’ai plus osé aborder le sujet. Elle ne s’est même pas excuser.
Mes enfants adultes, je leur en ai parlé avec l’accord de mon mari.
Mes enfants mis au courant, je me sens plus libre. Je décide avec ma sœur à me confier à des cousines pour mieux cerner la problématique entre notre mère et nous. On pose des questions, sur nous, sur la famille, pourquoi les adultes à l’époque n’ont rien vu et la réponse fut celle-ci : « la cohésion familiale », on ne parle pas de ces choses là, par pudeur ! et autre réponse: "...tu ne vas pas remuer la merde, à son âge, il faut lui pardonner!..." ou ".. de toute façon que tu le veuilles ou pas, tu as pris du plaisir, c'est mécanique!..."
Le frère et la belle sœur, de ma mère, mis au courant, disent :
Pourquoi elle a attendu 41 ans pour parler ? A 13 ans elle pouvait se sauver, elle pouvait se défendre ? A 13 ans, tu ne vas pas nous dire, qu’elle ne savait pas ce qui lui arrivait ? Elle était vicieuse comme sa mère, c’est quoi ces histoires ?
Plus les jours avancent, et plus les langues se délient et plus les sarcasmes de certains sont lourds à porter. En ce qui nous concernent, ma sœur et moi, en recoupant notre histoire, on à découvert, que toutes les 2, avions subit des exactions différentes. Par contre, pour moi une question se pose, je me souviens très bien de cette nuit de décembre 1969, mais plus jeune est ce que j'avais déjà subit?...
Pourtant, depuis la mort de mon père, ma mère s’est composé une image de personne incomprise , dont les filles la privaient d’affection . Elle s’est toujours plaint du manque d’affection qu’on lui portait !!!
Combien de gens nous ont dit qu’il fallait pardonner à sa mère, que l’on devait effacer l’ardoise ?
Tout le monde la plaint, pourtant elle m'a TRAHIT, SALIT, TUEE..., aucun membre de cette famille ou de ses proches ne m'a cru, et aucun membre de cette famille ou de ses proches ne me croiront,, je ne peux en faire que le triste constat....
En janvier, de cette année, après les fêtes de fin d'année, où ma sœur est venue avec nous les partager, un matin, j'ai trouvé dans ma boîte mails, un mail de "RUPTURE DÉFINITIVE" de ma sœur, ne voulant plus avoir affaire à quiconque de la famille...
Je vous avoue, bien que je soies infirmière, là je ne sais pas encore, si j’ai bien fait de parler………. Ils m'ont tous mis au banc des Accusés, ils m'ont tous dit plus ou moins qu'après tout, quelles preuves ils avaient pour me croire? Pourquoi j'avais tant attendu pour foutre la m.... dans la famille? Que je faisais souffrir cette pauvre mère, veuve qui s'était sacrifié pour nous, et qu'à son âge on lui devait le respect, que c'était inadmissible de lui faire ça, que l'on voulait sa mort, que j'étais psychiatrique et infréquentable.
Je tiens debout grâce aux soutiens de mon Mari, mes 3 enfants et des forums comme le vôtre que j'ai contacté.
J'ai réussit ma vie, j'ai du caractère, j'ai voulu connaitre le bon côté de la vie et sortir de ce milieu POURRI, je me suis donné les moyens de faire le bonne rencontres pour retrouver mon "estime de moi", me concrétiser intellectuellement, professionnellement, dans ma vie de femme, de mère, au de là de ces obstacles que la destinée m'avait semé sur mon chemin.
Aujourd'hui, je vous fait part de cette expérience, après avoir déjà beaucoup avancé et sachant que je veux aider ceux qui peuvent encore défendre leurs droits. J'avais peur, et je n'ai pas osé, quand je pouvais le faire parce que je n'étais pas assez armée.
Que tous ceux qui lisent mon message, se servent de mon histoire pour justement, ne pas se laisser manipuler et aller porter plainte.

A la surface

Je me souviens de cette chambre si froide dans la maison de ma grand-mère, lieu où toutes choses lui étaient permises face à ce petit bout de femme âgée et impuissante qu'elle était.
Je me souviens des volets rouillés qui laissaient passer la lueur froide diffusée par le lampadaire de la rue. Mais aussi de la trajectoire sur les murs décrépis que faisaient les phares des voitures en passant dans la rue.
Je me souviens de ce sentiment de solitude, d'abandon, de peur, de crainte et pourtant aussi de cette monstrueuse culpabilité.
Je me souviens de ces grandes chemises de nuit que nous portions ma soeur et moi. De ces draps froids, de ces couvertures hideuses.
Je me souviens de ses bagues sur ses dents qui me faisaient mal, de son souffle abjecte dans le creux de mon petit cou. 
Je me souviens du regard désolé de ma soeur, de ses yeux qui me disaient "Si je pouvais faire quoi que ce soit..."
Je me souviens qu'il nous demandait de faire le guet à tour de rôle pendant qu'il se chargeait de l'une ou de l'autre. Une participation active à ces actes répugnants, une façon d'en être complices.
Je me souviens que ma mère l'aimait plus que tout, et qu'il était vivement recommandé de bien s'entendre avec lui si l'on souhaitait obtenir d'elle un minimum de reconnaissance.
Je me souviens aussi de cette fascination que j'avais pour lui, malgré tout, malgré tout... malgré ses abus, sa violence, ses mots durs, sa virulence, sa folie, ses excès.
Je me souviens de cette façon qu'elle avait de le déifier, envers et contre tout, et même envers une vérité avouée presque 30 ans plus tard.
Je me souviens de l'injustice ressentie, de cette haine si vive alors envers eux tous...
Je me souviens de certaines choses, pas beaucoup mais suffisamment pour marquer une petite vie.
Je me souviens surtout que c'était mon frère, qu'il avait 12 ans, ma soeur 8 et moi 5.
Et le problème est là : je me souviens encore aujourd'hui... surtout aujourd'hui.

Jamais deux sans trois

Il me fallait à tout prix finir tout cela par une note positive, et pas des moindres, juste histoire de ne pas trop passer pour la pauvre cloche suicidaire ambiance Calimero! 
Parce que ce n'est pas le cas, et parce que même si je morfle régulièrement, je sais aussi qu'il y a bien pire que cette existence-là, bien pire que ma petite existence, que mon petit nombril.
Il me fallait vous parler de celle sans qui je ne serais pas là, de celle qui est un pilier de ma vie, de celle en qui j'ai puisé cette rage de vivre, d'exister.
Il me fallait vous parler de ce petit bout de femme extraordinaire qui a sans doute vécu bien pire que moi, et qui a toujours montré une force inouïe dans sa façon de combattre tout ce mal.
Elle est aujourd'hui toute ma famille, elle est tout ce qu'il me reste et est sans aucun doute la plus belle chose qui me soit arrivée puisque tous les autres bonheurs en découlent d'une façon ou d'une autre.
Voilà, je n'en dirais pas plus mais il me fallait à tout prix vous parler de ma soeur... et aussi lui dire merci.

Ma soeur

Je m'appelle Audrey, j'ai 24 ans,à cette époque j'avais 5 ans et ma sœur à commencé à me taper car je cachais l'alcool de ma maman pour ne pas qu'elle boive, je cachais la clé dans un pot de fleur dehors et ma sœur me tapait tout le temps jusqu'à ce que je lui dise où est la clé pour faire boire notre maman.

Elle voulait la faire boire pour qu'elle puisse sortir en douce. Ensuite, elle a continué jusqu'à mes 12 ans, ensuite elle a commencé à me mettre mes cuisses entre les siennes pour qu'elle puisse se faire du bien et ce jusqu'à mes 14 ans !!

Quelle famille?

Nous n’avons pas de famille.

Je ne connais pour ainsi dire aucun cousin, oncle… Ce n’est que récemment, contre la volonté de mon père, que j’ai établi de vagues contacts. Je n’ai plus vu ma mère de mes 18 ans jusqu’à sa mort. La dernière fois que j’ai vu mon grand frère, il partait de la maison les menottes aux poings parce que mon père avait appelé les gendarmes. J’ai appris sa mort il y a un peu plus d’un an. Je ne me souviens pas du temps où j’appelais mon père ou ma mère papa ou maman. Je me rappelle d’avoir toujours utilisé leur prénom. Le seul avec qui j’ai eu des contacts très proches pendant un certain temps a été mon petit frère, mais nous nous appelons une fois tous les deux mois.

Restait l’obéissance absolue, pour moi, à la volonté de ma mère. J’allais au-devant même de ses vœux en les devinant à l’avance. Je suis vite devenu très bon à cela, pour éviter les coups, je crois. L’absence du père a beaucoup aidé ma mère à cacher. Tout se cachait : l’alcool, les amants, les amis. Tout était mensonge, mais pour mieux mentir, il fallait dire une partie de la vérité. Où était le mensonge ou la réalité ? Tout était confus.

Ma mère me violait. Mon père, lui, fermait les yeux. Il travaillait à l’extérieur, livrant des boissons dans tous les cafés des villages alentours : il partait tôt le matin, revenait tard le soir. Il travaillait souvent le week-end, et travaillait toujours plus au fur et à mesure que les choses empiraient pour lui. Ma mère est l’agresseuse, avec son amie, d’autres femmes sans doute et tout un cercle de convives. C’est toutefois avec elle que les agressions ont duré le plus longtemps.

Des agresseurs sur plusieurs générations

Ma famille au sens large est une famille bourgeoise, catholique, très éduquée, très diplômée, bien sous tous rapports en apparence. Les hommes agressent les femmes depuis plusieurs générations maintenant puis absolvent leurs péchés auprès de dieu, ce dieu que je rejette puissamment. Les dieux excusent les actes les plus vils de l’humanité quand ceux qui se meurent ne peuvent pas compter sur eux.

Pas d'amour...

Je peux affirmer que ce n’est pas une famille au sens où moi je l’entends car il n’y a pas d’amour, pas de vrai dialogue, pas de vraie communication, aucune volonté sincère d’aider et de soutenir. C’est une famille qui tient d’abord et avant tout à garder son image : celle d’une famille bien sous tous rapports, d’un bon milieu, et bien propre sur elle. C’est une famille où l’éducation n’était fondée que sur des principes, lesquels n’ont pas été respectés par mes parents eux-mêmes; ainsi m’en suis-je rendue compte plus tard. C’est une famille où ce qui compte c’est de gagner la bataille de la communication officielle, comme dans les pays totalitaires, où une parole gênante comme la mienne doit être étouffée par tous les moyens. Car ce qui importe, ce n’est pas la vérité ni le bien-être de ses membres mais juste la cohésion apparente du groupe familial et l’image, la belle image.

Ma mère a été l’instigatrice, consciemment ou inconsciemment, de cet inceste puisqu’elle m’a fait dormir avec lui tandis qu’elle-même dormait avec ma tante dans une autre chambre. Je lui en veux beaucoup car elle n’a rien fait pour me protéger.

Des bourgeois

Famille bourgeoise et aristocrate.

Mon grand-père maternel était un architecte renommé. Mes grands parents paternels sont morts en avion… Mon père était un entrepreneur véreux. Je l’ai toujours comparé à J.R (Dallas). Il est droit dans ses bottes avec des certitudes d’un autre temps. Il considère les psys comme des apothicaires… Ma mère est une artiste avec tout ce que cela implique. Beaucoup de grains de folie, impulsive, alcoolique…

Ma mère ne s’occupant jamais de moi. C’était la gardienne qui le faisait. J’ai su très tardivement lire et écrire ; vers l’âge de 8 ans…

Petit, je l’ai surpris à quelques reprises, saoule faire l’amour à des hommes différents. C’était curieux. Me rappelle que je trouvais cela bizarre. Je savais qu’un truc se passait, qui clochait. Que je ne devais pas regarder mais ma chambre étant juste à côté de la sienne. Comment ne pas voir et ne pas entendre ? Même là, elle ne s’occupait pas de moi. Pas de devoir, le cancre de la classe, je ne savais ni lire ni compter. J’ai eu une otite qui n’a jamais été soignée. Ai eu un phimosis tardif… Puis, Elle a donné la garde à mon père. Elle est ensuite partie plus d’un an faire le tour des îles Maldives en voilier. Elle n’était jamais là…

Une jolie petite famille

Ma famille, vue de l’extérieur, donnait toutes les apparences d’une jolie petite famille ordinaire… un papa, une maman, deux enfants, un chat, un chien, des oncles, des tantes, une grand-mère… le tout dans la joie et la bonne humeur… dans les coulisses, il s’agissait d’une famille remplie de vieilles croyances religieuses et ésotériques, incestueuses, maltraitantes à tous les niveaux, alcoolique et où les enfants n’étaient pas considérés comme des êtres humains.

Depuis toute petite j’ai cherché désespérément l'amour de ma mère. J’ai la sensation d’avoir tout fait : être sage, ne pas l’être, être violente, aimante, faire une thérapie, lui écrire, lui parler, faire une thérapie familiale, bref, j’ai finalement compris que c’est une femme qui n’aime pas les enfants. Elle ne les aime que s’ils ne bougent pas, ne mangent pas et ne font pas de bruit. A ses yeux, mon frère et moi, sommes encombrants et entachons sa réputation. Elle nous a eu jeune et je pense qu’elle a fait passer sa vie de femme avant sa vie de mère, quitte à sacrifier ses enfants.

C’est une femme qui veut rester jeune à tout prix, elle est manipulatrice, elle ment et la seule victime dans toute histoire c’est elle.

Il faut que je vous présente mon père aussi …

Un homme « à l’ouest », comme on dit ! Présent lors de la première agression sexuelle réalisée par mon oncle, il était là, il a vu, il a même réagit ce jour là ! Mais il n’a rien dit à personne et à décider que « tonton » nous garderait mon frère et moi, un nouveau baby-sitter ! Mon père était alcoolique et violent aussi à l’occasion, menteur, mythomane… je devais le surveiller tout le temps pour ne pas qu’il boive (peine perdue !), m’interposer lorsqu’il frappait ma mère (je me prenais les coups), puis l’emmener dans ma chambre et lui parler doucement pour le calmer. Il finissait par pleurer et s’endormir…

Lorsqu’il était sobre, je le voyais comme un « gentil papa ».

Le silence

Le silence au sein de ma famille s’est imposé tout naturellement, on ne parlait pas dans ma famille, et surtout pas de sexualité. Mon père était parfois violent : on n’osait pas lui parler. Il était par exemple interdit de parler à table… Ma mère, abandonnée dans l’enfance, avait manqué de l’affection d’une mère et de la présence protectrice d’un père. Elle n’a jamais su nous donner de l’affection à notre tour. Le seul point qui me paraissait solide, c’était mon frère aîné, mais je n’ai jamais osé lui parler. L’adulte âgé d’aujourd’hui est d’ailleurs très fragile... Et puis je ne savais pas si ce que je vivais était normal : comment fallait-il en parler ? Allait-il me rejeter ?…

C'est quoi une mère ?!

Je ne sais pas comment décrire le rôle de ma mère. Je me souviens du rôle qu’elle m’a donné.

Je me souviens de m’être occupé de mes frères et sœurs, très petite, vers huit ans. Quand j’ai eu dix ans une dernière sœur est née. Je n’étais pas contente de cette naissance, sachant le travail que cela représentait. A la maison, j’étais chargée de m’occuper complètement de la petite sœur, mais cela ne m’était pas désagréable. Ce qui était difficile, c’était surtout le fait qu’elle me donnait du travail. Tout ce qui concernait l’entretien dans une maison, elle ne le demandait qu’à moi.

Je ne peux pas dire que j’avais de mauvaises relations avec ma mère, j’avais souvent de la pitié pour elle.

Avec ma mère on se parlait peu, avec mon père jamais.

On n'en a plus jamais reparlé

J’ai décidé d’avouer à mon père ce que faisait mon oncle, pas son propre frère, mais le mari de sa sœur à lui.

Quand il a su ça, la seule chose qu’il a su faire c’est d’appeler le mari de ma tante pour lui demander s’il avait vraiment fait ça. Bien sûr, le mari de ma sœur a nié, donc, mon père l’a harcelé pendant plusieurs jours au téléphone pour avoir des réponses certainement et, en fin de compte, ils ont fini par lâcher l’affaire tous les deux. Donc, les liens ont été coupés, en sachant que la femme de mon agresseur, donc, ma propre tante est restée du côté de son mari, m’a traitée de menteuse, en sachant qu’elle avait trois enfants en bas âge. Pendant plusieurs mois, petites années aussi, je n’ai pas parlé à ma tante, à son mari, je n’ai pas vu ses enfants, mes parents ont décidé de garder le silence, mon père n’en a jamais reparlé, ma mère a un rôle très différent dans cette histoire parce qu’elle a été la maîtresse de mon agresseur, j’ai découvert ça moi-même, de mes propres yeux. La seule chose qu’a su dire ma mère, devant plusieurs personnes de ma famille, c’est que j’avais cherché ce qui c’était passé, donc, bien sûr, les relations se sont dégradées direct, que ce soit avec mes deux parents, bon, avec ma tante et son mari c’était terminé, en sachant qu’aujourd’hui, je vis toujours chez mes parents, donc, avec mon père j’ai une relation très fusionnelle, même si des fois je lui en veux pour plein de choses, sur ce qu’il a fait ou qu’il n’a pas fait, surtout sur ce qu’il n’a pas fait, je lui en veux beaucoup moins que je n’en veux à ma mère aujourd’hui.

Aujourd’hui, les relations familiales sont compliquées mais gérables parce que je passe beaucoup de temps au travail, ça me laisse plus de liberté et ça me permet d’un peu moins penser quand je suis chez moi. Pour les problèmes financiers,  je travaille pour mettre de côté, pour pouvoir partir de chez moi le plus tôt possible, en sachant que je met de côté pour être sûre de ne pas revenir chez mes parents. Le jour où je pars, sans couper les ponts avec eux, je ne veux pas leur devoir quelque chose par la suite, ni leur demander quelque chose. J’ai gardé des relations avec mes parents parce que bien obligée. La femme de mon agresseur a décidé de me reparler au bout de trois ans, elle a demandé à me voir, j’ai accepté, on se voyait en cachette sans que son mari le sache, j’ai aussi revu ma petite cousine et mes cousins, donc, leurs trois enfants, avec qui ça se passait très bien. Je prenais souvent ma cousine pour des journées entières pour se balader rien que toutes les deux et, en fin de compte, en étant à côté d’elle, j’avais l’impression de me voir les années d’avant et quand je rentrais chez moi le soir, après avoir passé une journée avec elle, j’étais mal de chez mal parce que je me demandais si elle ne vivait pas la même chose que moi j’avais vécu avec son père. Aujourd’hui, je n’ai pas la force de faire quoi que ce soit, j’aurai eu de l’aide par mes parents avant, certainement que les choses auraient été différentes. Je ne devrais peut-être pas avoir cette pensée mais je ne peux pas l’éviter. Vu comme j’étais mal avant chaque rencontre, j’ai décidé de tout arrêter, de ne plus voir ma tante, son mari, ses enfants, je ne veux plus aucun lien avec eux, même…je ne le veux pas. Si un jour, un de leurs enfants veut me parler…oui, mais je dirais la vérité, que ça plaise ou non, surtout leur père, ce qu’il a fait, ce qu’il a été, ce qu’il est peut-être encore, je ne sais pas.

J’ai agit pour mettre fin à une relation toxique puisque j’ai décidé de révéler tout à mon père et puis, pour ce qui est de ces personnes de la famille, je ne veux plus les voir …on a mit fin aux relations toxiques mais on n’a pas mit fin aux pensées, aux flash, aux cauchemars, donc, le toxique, c’est tous les jours. Mon oncle jouait son rôle d’agresseur, très doux, il me demandait souvent, pendant l’acte, si je voulais qu’on arrête ou pas, j’ai jamais su dire « non »... ils venaient d’avoir leur premier enfant et à chaque fois que j’allais chez eux, même pendant les vacances ou autre, il profitait des grossesses de sa femme pour lui dire « avec toi, je dors trop mal, tu bouges trop, tu dors mal, du coup, je vais dormir avec V. » Aujourd’hui, la place de l’agresseur…il est plus là mais moralement…il est partout, même s’il n’est pas là physiquement.

J'ai fais une croix dessus

Mes parents, j’ai fais une croix dessus.

Hormis avec ma mère parce que j’ai pitié d’elle, elle est alcoolique, elle est alcoolique depuis…depuis trop longtemps à mes yeux. Mon père, je veux plus en entendre parler par rapport à ce qu’il m’a dit, que je pouvais crever avec mes enfants, qu’il en avait rien à faire de ma tronche. Mon bâtard de frère, lui, si je le vois, je le tue. Ma sœur, je ne veux plus la voir non plus parce qu’elle me fait passer pour une fainéante, une bonne à rien et là…qu’est ce que je peux rajouter d’autre ? Je veux plus les voir, je veux plus les voir, ils ne m’apportent rien, ils me prennent pour une moins que rien, ça sert à rien de voir des gens comme ça…

Par contre, le jour où je vais retrouver mon frère, je crois que je vais lui faire la peau, au moins le voir, pour voir la réaction que j’aurai, parce que ça fait des années que je l’ai pas vu. Je l’ai jamais revu de toute façon. Et au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas quelle réaction j’aurai. Ma première idée, c’est de le tuer. Même si c’est pas bien, tant pis. Pour l’instant ce sera pas pour tout de suite. Là mes enfants, ils n'en parlent pas, ils ne les connaissent pas, je suis tranquille de ce côté-là. Ma famille c’est mon mari et mes enfants au jour d’aujourd’hui. C’est tout ce qui compte, c’est la seule chose pour laquelle je vis, c’est pour eux.

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