A la Justice

Lettre au Magistrat !

Madame la Présidente,


Je suis Melle ...., victime de viols et d’agressions sexuelles commises par mon père M. DUCON, que vous avez jugé le 3 avril 2009 à 14h, n° de dossier YYYYYYYYY. Le verdict fut mis en délibéré au 10 avril 2009, et les réquisitions de Monsieur le Procureur de la République demandaient une condamnation à une peine de 5 ans de prison, assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve de 3 ans, ainsi qu’une obligation de soin pour mon géniteur. Le jugement a été rendu et l’affaire est close du moins à votre niveau. Il me reste quelques actions à accomplir au civil et notamment, une demande de changement de patronyme, ainsi que la saisine de la CIVI afin d’avoir une chance de percevoir les dommages et intérêts que vous m’avez attribués. Madame la Présidente, si je vous écris aujourd’hui, il s’agit d’une démarche totalement personnelle d’une citoyenne et d’une victime s’adressant à la représentante de la Justice française et qui aimerait avoir des précisions sur certains points et plus particulièrement des réponses honnêtes et sincères, mêmes si celles-ci devaient ne pas me convenir. J’ai besoin de comprendre certaines choses afin de pouvoir véritablement tourner la page en ce qui concerne la condamnation de M. DUCON. Ne voyez en ce courrier ni une attaque personnelle, ni une manifestation d’un quelconque mécontentement et soyez assurée que je comprends et accepte le caractère souverain et impartial de votre jugement. Je suis une jeune femme de 25 ans, inexpérimentée, naïve et passionnée par le droit. Mon avocate l’avait évoqué lors de l’audience, mon souhait le plus cher serait de devenir avocate. Il y a cependant un acte lors de la procédure que je ne comprends pas et si je vous sollicite aujourd’hui, c’est parce que je pense que vous êtes la personne la mieux placée pour me répondre. S’agissant du non lieu partiel prononcé lors de l’instruction concernant les faits de viols, ce qui a fait de mon père non plus un criminel, mais un simple délinquant : pourquoi les faits ont-ils été déqualifiés ? Pourquoi, alors que cette procédure est apparemment illégale, applique-t-on la correctionnalisation de certains dossiers ? Ensuite, j’aimerais comprendre la façon dont un juge procède pour rendre son jugement. J’imagine qu’un grand nombre de paramètres entrent en ligne de compte, tant du côté de l’auteur des faits que de celui de la victime. Mais pourquoi, alors que pendant l’audience mon père a avoué les viols et je vous cite, sans qu’il soit sous « pression », n’avez-vous pas été plus sévère dans votre jugement ? Je sais que votre tribunal n’est pas compétent en matière de crime, mais pour autant, le code pénal vous offrait la possibilité de le condamner plus durement et de ne pas suivre les réquisitions du Procureur de la République. Même en ayant appris que finalement, je n’avais pas menti, que c’est bien aussi de viols pendant 6 années et non que d’agressions sexuelles que j’ai été victime, pourquoi n’avez-vous pas été plus dure dans votre sentence ? Je sais que vous n’avez pas beaucoup de temps et que vous traitez beaucoup d’affaires. Cependant, je vous serais infiniment reconnaissante si vous preniez la peine de répondre à ces deux questions. Dans cette attente et avec toute ma gratitude, je vous prie d'agréer, Madame la Présidente, l'expression de mon profond respect.

Mr le Procureur de la République,

Je viens par la présente dénoncer des faits dont j'ai été victime durant mon enfance et adolescence, chez mes parents de la part de mon beau père, B. B. demeurant ............... A 39 ans je me décide enfin à accuser mon beau-père (mari de ma mère) de tentative de viol, de harcèlement moral, psychologique, sexuel et de menaces sur ma personne. Malgré quelques séances chez un psychothérapeute à Nantes, Monsieur L., mon mal persiste, il m’a donc conseillé de vous écrire pour dénoncer les faits dont j’ai été victime. Malgré qu’il y ait prescription selon les membres de l’association d’aide aux victimes que j’ai consultée au tribunal d’instance de L., j’attends de vous une écoute, une aide d’une façon ou d’une autre car mon malaise s’accroche, ne s’atténue pas. Bien au contraire, j’ai parfois des idées noires. Quelques fois j’aimerai mieux ne plus vivre que de passer pour une menteuse, une affabulatrice, ceci m’est insupportable. Les images que j’ai dans la tête, je ne peux vous les montrer comme preuves, malheureusement. Etre victime d’un viol ou d’une tentative, à part la salissure finale de l’acte, je ne vois pas grande différence, car la violence, on la subit tout pareil, les odeurs, les bruits, les gestes. Ça me hante, me bouffe de l’intérieur. A ce jour, je pense qu’il est temps de faire quelque chose pour guérir totalement, de rompre le silence. Je suis mariée et mère de quatre enfants dont trois filles, mon devoir est de les protéger. Mon mari m’épaule dans ma démarche, je le connais depuis l’âge de dix sept ans. J’aurai dû agir à cette époque et tout lui dire. Mon beau père est un homme dangereux envers les femmes, malin, calculateur et trompeur sur les apparences. Il est sans moralité, sans scrupule. Tout est bon, pourvu que cela lui rapporte, il faut toujours qu’il ait ce qu’il désire et surtout sur le plan matériel. Il semblerait qu’il ait eu à faire à la justice au tribunal de S. en 1986 pour une affaire de larcin dans un magasin. Maintenant je sais que pour se défendre ces individus se défendent en disant que la femme agressée est une menteuse, une « allumeuse » mais là, il a une autre victime. Je ne suis pas la seule. Cette personne m’est très chère et pour le moment je préfère taire son identité car elle est mariée et mère de deux fils. Tout étaler aujourd’hui quelque chose d’enfoui depuis tant d’années lui est pénible mais elle serait prête en cas de nécessité extrême d’apporter son concours. J’ai mis ma mère au courant de tous les faits dont j’ai été victime par écrit, mais ne veut rien entendre. Elle ne me croit pas, je n’ai plus d’espoir en ce qui la concerne pour me soutenir. Je pensais la protéger d’une certaine manière en lui cachant ce qu’il me faisait. Je pense avoir bien fait d’attendre aujourd’hui pour tout dévoiler car il ne m’aurait rien épargné pour se venger d’avoir tout dit à ma mère. Je me rappelle bien de ses menaces tout comme vouloir me chloroformer pour faire ce qu’il voulait de moi. Je me suis confiée il y a plus d’une dizaine d’années à quelques personnes de confiance, pour me soulager et si je venais à disparaître, qu’elles tiennent ma mère au courant de ce que j’avais subi et caché pendant des années. Je souhaite sincèrement même s’il y a prescription que la justice vienne un peu l’ébranler et que son entourage ouvre les yeux. Alors pour moi il y aura reconnaissance et peut être une certaine libération. Si mon courrier retient l’attention de la justice et que nous venions à nous rencontrer, je pourrais vous décrire ce qui est resté en mémoire toutes ces années.

En attendant, je vous prie de recevoir, monsieur le Procureur de la République, l’expression de mes sentiments respectueux.

Mme la Justice, avez-vous des fils ?

J'ai tremblé hier, dans ce couloir marronnasse et sinistre, devant la porte ouverte du mitard crade et verdâtre, avec ses trois cages grillagées, une menotte qui trainait, çà sentait la négligence et la vieille saleté incrustée, au bout du couloir genre HLM, est apparue une petite silhouette, qui a appelé le nom de mon fils : c'était çà, la Justice, qui tenait la santé mentale de mon fils entre ses mains, elle allait jouer avec pendant une heure, pour quel résultat, mon Dieu c'est mon enfant, mon enfant qu'une ordure a ...sans qu'on y comprenne rien, sous nos yeux...., Madame la Justice, avez vous des fils ?... un flic passe, trainant un gros menotté à lui, il lui crie des choses, puis chasse des femmes, Madame la Justice, avez vous des fils ?.. la crasse, la lumière terne sur le mur marron, le sang dans mes oreilles qui cogne, j'attends....le flic repasse , tout seul, des avocats, la misère de la brutalité humaine, les lèvres qui se mordent, les pleurs, la mémoire des souffrances. rien n'a plus de sens, tout est incongru, inexpliqué, chaotique...pourquoi en est-on arrivé là, c'est quoi tout çà..; je ne comprends plus rien à rien. J'attends.....je me revois il y a dix ans, disant à mon mari, avec de la patience et de l'amour , on va y arriver. Ben non....nous n'y sommes pas arrivés, et maintenant j'attends Madame la Justice, et son bon vouloir, car ce qui est arrivé dépasse complètement tout ce qu'on aurait pu imaginer..; Madame la Justice, tu n'aimes pas mon enfant, moi, si, c'est la première fois que tu le vois depuis deux ans et plus que çà dure, et pourtant tu es plus forte que moi pour re-ouvrir le chemin de la vie à cet homme qu'est devenu mon enfant. Un homme qui rase les murs, et marche la tête basse, qui évite les regards, et cligne des yeux s'il doit croiser les yeux d'un autre.... Madame la Justice, s'il te plait, redresse sa tête et ses épaules, rend lui son regard droit et rieur qu'il avait à 8 ans! Depuis 15 ans j'essaye, mais je n'y suffis pas... Et pourquoi suis-je seule dans ce couloir? l'heure avance, avance, tout est marron crasse...la porte s'est ouverte, l'avocate déjà enlève sa robe, elle sourit : "il est cuit ! A mon avis" Soupir, les muscles se relâchent soudain, mes oreilles se débouchent, je soupèse le moindre mouvement du visage de mon fils, oui, il est soulagé et on dirait bien qu'il est satisfait. Madame la Justice, tu as donc des enfants ???

Mr le Procureur de la République,

Je, soussignée S. A., née le ........ à A., demeurant au .........................., ai l’honneur de porter plainte entre vos mains contre Monsieur J. A., demeurant .................. pour viol sur mineure en raison des faits suivants :

Pendant une grande partie de mon enfance, c'est mon oncle : Mr J. A. qui avait ma garde ainsi que celle de mon petit frère (Mr C. A., né le ......, agressé sexuellement par Mr J. A.) il nous surveillait certains mercredis, lors de vacances ou les week-ends. Nous habitions alors au .................. En 1980, j'avais 5 ans, c’est l’âge auquel les agressions sexuelles ont commencées. C’était dans le jardin de ma grand-mère : Mme I. B. demeurant ............................ Voici ce qui s’est passé ce jour là : J'ai cinq ans, nous sommes en 1980, il fait beau, je suis dans le jardin de ma grand-mère avec mon frère et ma tante qui est née la même année que moi, je suis heureuse, on n’arrête pas de jouer tout les trois, on fait de la balançoire, on joue à chat...
Les adultes sont dans la maison, c'est un repas familial... Mon oncle arrive dans le jardin et me fait signe de venir...il a un secret à me dire... je suis flattée... un secret, à moi?
Il me dit que l'on doit se cacher derrière la voiture pour que les deux autres ne puissent pas nous voir ... On se baisse...on est cachés...il me dit de lui tourner le dos, de regarder droit devant moi, de ne pas bouger, de ne pas parler, c'est une surprise... Je le sens qui met sa main sous ma robe, puis dans ma culotte...j'ai cinq ans je ne comprends pas... mais je panique...j'ai peur, j'ai l'impression que ça ne va jamais s'arrêter. Je le sens qui fouille dans ma culotte avec sa main, il me fait très mal, je commence à pleurer, il me dit que j'ai intérêt à la fermer si je ne veux pas que mes parents arrivent et qu'ils me grondent. Je me sens partir ailleurs, mon âme fuit, je regarde tout les gens qui passent dans la rue devant le portail où est garé la voiture, je pleure, je les regarde...ils passent tous et détournent la tête... Tout s'arrête, mon père vient d'attraper mon oncle par le col, il est furieux, il crie très fort, je me sens coupable, j’ai envie de mourir... Mon père emmène mon oncle de force dans la maison et là je retourne jouer car je suis sûre qu'il va être sévèrement puni, je suis sûre que mon père va lui casser la tête... Jusqu'à ce que j'ai 12 ans et que je menace de le tuer mon oncle est devenu mon baby-sitter, presque chaque semaine, je suis morte... Je meurs un peu plus chaque semaine, ça va de plus en plus loin. Il me demande d'abord de ramasser toutes les poussières de la moquette de ma chambre une par une, complètement nue, il me regarde, il rigole. Il vient avec des B.D pornographiques en noir et blanc et me demande de me mettre à quatre pattes, de regarder droit devant, il me menace. Tout y passe pendant ces sept années...fellations, pénétrations avec des objets, lui essaie aussi avec son sexe... je meurs, je suis morte, je ne comprends pas. J'ai tellement peur, pas de mourir, à mon âge, j'aurais préféré disparaitre plutôt que ça continue; j'ai peur que mes parents l'apprennent, ils savent déjà, mais savent-ils que ça continue? Ils me repousseraient encore, je n'aurais plus l'espoir qu'un jour ils puissent enfin m'aimer... Les viols et agressions ont cessés vers mes 12 ans. J'ai à mon tour menacé Mr J. A., je n’en pouvais plus, mon adolescence a été un chaos, ma scolarité, ma vie également. J'ai révélé ces agressions à de nombreuses personnes tout au long de ma vie : mon père : Mr D. A., avec qui nous en avons parlé de nombreuses fois et qui m’a avoué avoir assisté à des scènes d’attouchements sexuelles plusieurs fois, à ma mère : Mme A. A., à Mme S. D. née B. également agressée sexuellement par Mr J. A., à Mr C. A. également agressé sexuellement par Mr J. A., à Mme K. D., à l’infirmière du lycée Jacques Feyder d’E. V. (93) en 1991, à un psychologue du CMP d’É. en 1991, à ma grand-mère : Mme I. B. née G., veuve A., à Mme S. A., épouse de Mr J. A., à mon ex-mari : Mr F. S. : qui m’a recueillie chez ses parents alors que j’étais encore mineure, à mon compagnon actuel : Mr N. P.. Par la suite, j'en ai régulièrement parlé à mes médecins et thérapeutes puisque j'ai souffert de multiples conséquences de ces viols et agressions.

Aujourd'hui je me sens enfin prête à déposer cette plainte ; d'autre part, Mr J. A. a actuellement, des enfants en bas âge, je souhaite donc, également, attirer votre attention sur le risque couru par ces enfants sachant qu’il a agressé sexuellement plusieurs enfants dans sa propre famille ! Toutes les personnes proches autour de lui savent ce qu’il a fait mais ne protègent pas ces enfants. Les enfants de Mr J. A. et Mme S. A. sont et seront amenés à inviter d’autres enfants à jouer ou dormir à leur domicile, qu’adviendra-t-il de ces enfants ? Qu’advient-il des autres enfants de la famille et de l’entourage ?

Voici la liste des conséquences et dommages dont j’ai souffert et dont je souffre aujourd’hui :

  •       Phobie sociale.
  •      Dépression.
  •       Trouble borderline.
  •       Trouble du comportement alimentaire.
  •       Automutilations.
  •       Tentatives de suicide.
  •       Chômage.
  •       Invalidité.
  •       Toxicomanie.
  •       Addiction sexuelle.
  •       Insomnies.
  •       Pyélonéphrite.
  •       Maladies et troubles divers et variés.

C’est pourquoi, Monsieur le Procureur de la République, j’ai l’honneur de porter plainte en vous priant de donner à cette affaire la suite légale qu’elle comporte et de prendre les mesures de préventions possibles.

Je vous prie de croire à l'assurance de mes sincères salutations.

Commentaires (2)

1. 16/02/2011

pourquoi quand il y a prescription, on ne nous prend pas les plaintes?????

2. cile 15/03/2012

La prescription c'est comme une date limite... Je sais nous ne sommes pas des yaourths et pourtant...

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