Ayant suivi attentivement l’activité législative de la France au sujet de l’inceste, j’attends désespérément le rapport que vous deviez rendre avant le 30/06/2010 au sujet des modalités d’amélioration de la prise en charge des soins aux victimes. Et je ne comprends pas pourquoi le fléau de l’inceste ne fait toujours pas partie des priorités de votre Ministère, puisque vous avez, aujourd’hui, une connaissance éclairée de ce fléau.
Voici mon expérience personnelle :
J’ai 46 ans et ai été violée par mon père à l’âge de 8 ans. Cela ne fait que 2 années que mon cerveau a eu la force de lever l’amnésie qui m’a protégée jusque-là, et que je me débrouille seule pour trouver des solutions. Comme j’habite un petit village du Centre-Var, je dois me déplacer dans les grandes villes de la région pour des actions qui sont en général entièrement à ma charge (j’élève seule mes enfants ... conséquence de l’inceste) car non remboursées.
Au niveau psychologique, j’ai suivi une psychothérapie, très fructueuse, avec une psychologue (45 euros la séance). Au niveau corporel, j’ai testé de nombreuses méthodes qui ont aidé au travail général de remontée des horribles émotions: réflexothérapie (50 euros la séance), sophrologie (40 euros la séance), gymnastique thérapeutique (18 euros la séance). Au niveau médical, j’ai longtemps été sous traitement, et j’ai été souvent en arrêt-maladie, non seulement ces deux dernières années mais toute ma vie professionnelle, et le coût pour la Sécurité Sociale n’est certainement pas négligeable. Au niveau corporel et cognitif, je fais des séances d’EMDR (80 euros la séance) et je sens que j’avance.
La seule action pour laquelle je ne paye pas est le groupe de parole de SOS Viol à Marseille grâce auquel je trouve la force d’avancer. Cette association, portée à bouts de bras par des bénévoles, est en grave difficulté du fait des baisses de subventions !
Je considère que je vis à la préhistoire de la prise en charge des soins aux victimes de l’inceste et j’espère que les générations futures pourront bénéficier, ici, de ce qui se fait dans les pays civilisés : une prise en charge, gratuite, dans un centre général et pluridisciplinaire de victimologie.
Je dois vous avouer que, dans mon métier d’enseignante en collège, ce qui me retient le plus aujourd’hui à faire un signalement, c’est que je sais que la victime sera totalement livrée à elle-même en l’absence de moyens publics; et j’ai peur pour elle.
Pour résumer, dans la ville où j’habite, les conditions pour pouvoir se soigner sont : être majeur, avoir une voiture, avoir un salaire ... et avoir une combattivité hors norme. C’est mon cas, je ne peux donc pas me plaindre, mais croyez bien que cela demande un grand sacrifice financier ... que mes enfants subissent indirectement.
Je me permet, de vous signaler que le rapport, concernant la prise en charge des victimes d'agressions sexuelles n'a toujours pas vu le jours....
Je me présente à vous aujourd'hui en tant que victime d'inceste et proche de victimes également.
Madame Fort, vous êtes la députée qui a porté la loi contre l'inceste devant le parlement et qui l'a fait voter.
Vous êtes aussi une députée qui a su me lire et surtout me répondre lorsque je vous ai demandé de l'aide, et de l'attention. Notre dernier contact a eu lieu en septembre 2009.
Je sais que le gouvernement devait faire un rapport de propositions à ces sujets avant la fin de l'été si je me rappelle bien, mais il en a rien été à ma connaissance.
Je viens aussi à vous en électeur. Je suis citoyenne et me préoccupe de la santé public de mon pays. Je m'inquiète aussi du taux d'endettement que je vois s'accumuler et augmenter d'année en année.
Il ne faut pas oublier que parmi le nombre d'électeurs il y a 2 millions de victimes déclarées sans oublier toutes celles qui restent encore dans l'anonymat dû à l'ignorance et l'indifférence de beaucoup de nos élus de notre pays.
La prévention est un petit coût à côté des frais qui s'engagent à soigner des victimes laissées dans l'oubli, (arrêts de travail répétés, hospitalisations dues aux suicides, aux dépressions, etc....) c'est la société entière qui souffre de la non communication et engagement à soigner les victimes de ce fléau à grandeur nationale.
Pour beaucoup d'électeurs perdus ou dans le doute sur la politique de ces derniers jours, beaucoup ne savent plus qui croire. Il faut parfois peu pour faire pencher la balance de son côté, car vous le savez tout comme moi, de nos jours, rien n'est gratuit, tout est donnant donnant, et comme je le citais plus haut, un signe pour les victimes peuvent inciter ces même victimes à venir plus nombreux le jour J aux urnes.
1) Depuis ma sortie du déni, fin 2009, je cours de thérapeutes en thérapie, je cherche, je tâte ce qui peut convenir le mieux à ma personnalité, à mes traumatismes, pour aller mieux, mais voilà ces séances chez les thérapeutes ruinent une famille et le mot n'est pas trop fort. Mes séances ne sont aucunement remboursées ou prise en charge par la sécurité sociale ni ma mutuelle. Ces dépenses se font au choix de sacrifices de loisirs, car comme beaucoup de famille tout est calculé pour finir les fins de moi. Je ne travaille pas, je ne suis pas encore assez forte pour cela mais ne désespère pas.
- Une séance à Nantes chez un psychologue pratiquant la psychophanie ou psychologie de base coûte 50€.
- Une séance chez une thérapeute pratiquant la fasciathérapie coûte 45€;
- Une séance chez une thérapeute pratiquant la fasciabioénergie coûte 70€.
Si je compte une séance par mois sur l'année cela fait un total de 600€ pour la 1ère citée.
Si je compte une séance par mois sur l'année cela fait un coût de 540€ pour la 2ème citée.
Si je compte une séance par mois sur l'année cela fait un coût de 840€ pour la 3ème citée.
En ce qui me concerne ma première année sortie du déni m'a coûtée une petite fortune.
Il ne faut oublier que dans une famille il n'y a pas que la victime qui a besoin de soin, souvent les enfants ou le conjoint a aussi besoin de soutien donc cela fait des frais supplémentaire car comme vous le savez c'est toute une famille entière qui se retrouve anéanti dans ces cas là.
1.2) Les résultats de ces thérapies font apparaitre bien sûr du mieux être mais une telle incompréhension de professionnels à un autre. C'est incroyable ce dialogue non adapté aux victimes d'inceste. L'inceste est une maladie bien à part avec des troubles important qui se cheminent sur de longues années et sur plusieurs générations. Les maux sont ancrées sont souvent depuis trop longtemps pour que les bienfaits des thérapies soient rapidement bénéfiques.
Je suis en colère car je me saigne pour me soigner. Mon histoire est prescrite donc rien ne me vient en aide, rien !! Les frais ne me sont pas remboursées. Je ne sais vers qui me tourner pour être entendu mais surtout avancer aucun frais. Le malheur est que seul les soins sont remboursés si l'agresseur est emprisonné. Mon agresseur principal lui est en liberté et continue à vivre sa petite vie de tous les jours, moi NON, la mienne a changé du tout au tout.
Je demande juste des séances remboursées avec une liste de professionnels compétents. Il est épuisant de se débattre tout le temps contre tout pour arriver et obtenir un petit rien.
Lorsque je suis sortie du déni, je n'ai pas su vers qui me tourner pour être aider dans mes démarches pour la justice, pour être écoutée, soignée....
Pour conclure, je dirais qu'il faut qu'il y ait des centres de soins en province répartis sur tout le territoire, et pas seulement à Paris. Que ces établissements soient financièrement accessibles à tous, sans exception, car une victime soignée correctement coûte moins cher à l'état.
2) Concernant le volet de la prévention, j'aurai aimé trouver de l'aide, de l'attention à l'école, au collège et ensuite au lycée pour les années plus avancées, mais rien, même pas une question soulevant le doute, rien !
Je me rappelle de mon médecin de famille à qui je m'étais confiée lors de mon appel au secours après ma tentative de suicide pendant l'absence des parents.
Je m'étais confiée à lui pour obtenir une aide, ou tout simplement un conseil, mais encore rien !
Je sais maintenant depuis que j'ai retrouvé mon frère en début d'année que ce médecin, savait, et défendait les gestes que mon agresseur avait porté sur moi,car ce même médecin à minimiser les actes incestueux qui j'avais subi. C'est honteux et scandaleux de savoir qu'un homme qui a prêté serment ne vienne pas en aide, au secours d'une jeune femme, ou adolescente en confession juste après un signe suicidaire !!
Une autre prévention me tient énormément à coeur, celle des personnes à qui l'enfant se confie, ose dire son calvaire, etc....
Il est impératif que ces personnes prennent leurs responsabilités et dénoncent les faits fait sous la confidence.
Si ce n'est pas le cas, c'est non assistance à enfants en danger !!
Enfant je me suis confiée à une grand-mère qui a gardé pour elle se secret. Elle savait ce que j'endurais et se refusait même à venir dans ma maison peur d'affronter le regard de mon bourreau principal.
Plus tard en fin d'adolescence, je me suis à nouveau confiée, mais encore rien, aucune aide !
Il faut que cela change.
Je désire que dans les écoles les cas suspicieux soient déclarées et non mis sous silence.
Concernant ma famille qui nie toujours les faits, les actes incestueux et autres, je désirais que cette famille ne puisse plus m'atteindre en cherchant, fouinant les moindres lois existantes pour me faire barrages ou tout simplement pour me causer des soucis. Ces gens là sont sans scrupules, font toujours bonne figure au grand jour mais ont une image noire et repoussante au fond d'eux même.
Depuis cet été, je soutien mon frère qui m'aide et me soutien également depuis février 2010. Les parents sont mécontents que leur fils les ai lâché donc il demande un droit de visite et d'hébergement et une semaine de vacances pour ses trois filles. Nous devons encore engager des frais d'avocat, de démarches diverses, et une usure morale que nous devons surmonter tous les jours pour encore combattre des droits que eux ne devraient même pas pouvoir revendiquer. Le monde tourne à l'envers. Nous victimes, nous devons encore fournir des argumentations de notre refus pour sauver nos propres enfants de l'emprise et de la dangerosité d'être en contact avec des pédophiles.
Madame la députée, c'est dans l'espoir que mon écrit aboutisse et attire votre attention que je vous ai contactée aujourd'hui.
Dans l'attente d'une réponse de votre part et de l'avancée de la loi.
Merci de votre soutien et de votre dévouement pour notre cause.
Comme vous me l'aviez gentiment dit dans un précédent courrier "la route est longue"
Depuis le vote de la loi concernant l'insertion de l'inceste dans le Code Pénal en février 2010, nous sommes dans l'attente du rapport que devait rendre le Ministère de la Santé le 30 juin 2010. Ce rapport concerne le deuxième volet de la loi qui n'a pas été voté : l'information, la prévention des citoyens et la prise en charge des victimes. Nous sommes le 17 novembre 2010 ! Les millions de victimes de l’inceste ne mériteraient-elles pas que l’on se préoccupe de leur sort ?
J’ai été victime de l’inceste de la part d’un oncle de mes 5 ans à mes 12 ans, mon petit frère également. Notre agresseur est aujourd’hui en liberté : merci Madame la Justice… Afin que vous compreniez et que cela vous éclaire, je l’espère, voici en quelques lignes mon parcours.
Mes parents se sont toujours arrangés pour que je sois « absente » lors des visites médicales scolaires mais personne ne s’est jamais posé de question. J’ai parlé à l’infirmière de mon collège, à l’infirmière de mon lycée, au CPE. Leurs réactions a été de me donner deux morceaux de papiers sur lesquels étaient inscrits les coordonnées du CMP et celles de la brigade des mineurs (j’avais 15 ans…). Je suis allée voir le psychologue du CMP (seule, mes parents n’ont jamais été alertés) qui a conclut que je mentais !
Un an après, j’étais SDF et toxicomane car la vie m’était devenue insupportable, la vie avec ma famille également, après avoir subi un énième viol qui m’a conduit à subir une IVG (pas de questions de la part des médecins…)
Je suis allée de dépressions en dépressions, j’ai fait de multiples tentatives de suicide, les conséquences de cette non prise en charge ont été les suivantes : troubles du comportement alimentaire, toxicomanie, addiction sexuelle, automutilation, dépression, violence conjugale, état de stress post traumatique, troubles anxieux, difficultés dans mon couple, dans ma vie professionnelle et sociale, échec scolaire, trouble borderline, migraines chroniques, cauchemars, insomnies.
Trouver un thérapeute formé à cette problématique a été un parcours du combattant (il a fallut que je passe finalement par une association). Après une dépression plus forte que les autres il y a deux ans, mon médecin m’a arrêtée, j’ai été en arrêt longue maladie et finalement, il y a six mois, alors que je commençais à refaire surface, le médecin de la CPAM a décidé qu’il fallait me classer en in validité 2ème catégorie car selon ses dires je « coûte trop cher ». Un psychiatre, il y a deux ans, a fait un diagnostic (en 10 minutes) : il m’a annoncé que j’étais bipolaire ! Après vérification et de multiples tests il se trouve qu’il n’en est rien : je suis borderline, ce qui est différent !
J’ai tenté d’entamer une thérapie familiale, cette dernière me coûtait 100€ non remboursé ! Je dois voir un psychiatre chaque semaine pour ne pas sombrer. Celui-ci travaille avec moi en TCC et j’avoue que cela fonctionne mais nombreux sont ses confrères qui ont fait des dégâts avant lui (où est passé le volet sur la formation des médecins ?).
Le fait que ce rapport n’est pas encore été rendu est totalement illégal. L’inceste est un problème de santé publique et je suis sûre que le sort des victimes de l’inceste et des enfants vous est cher. La prévention est primordiale, elle permettrait d’économiser tous les frais médicaux qui incombent à une victime et qui creuse parfois un peu plus le trou de la Sécurité Sociale.
Bien respectueusement.
Pourquoi ai-je dû passer des nuits blanches pendant 20 ans à me demander ce qui n'allait pas avec mes fils, sans aucune réponse en provenance des professionnels consultés de manière récurrente?
J'attire votre attention, dès votre entrée en fonctions, sur un problème de santé publique qui mérite d'être étudié à fond, car en période de crise budgétaire, la réduction des coûts actuels indus pour tous les ministères serait énorme.
Il s'agit de l'article 6 de la LOI n° 2010-121 du 8 février 2010 tendant à inscrire l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes incestueux , article dans lequel le Gouvernement s'était engagé à porter devant le Parlement un Rapport concernant les volets "soins aux victimes" et "prévention" avant le 30 juin 2010.
La loi n'est pas appliquée, le rapport n'est pas arrivé devant le Parlement.
Je vous demande donc de revenir d'urgence à la légalité à laquelle l'Etat ne saurait se soustraire, et de faire porter tous vos soins sur ce Rapport, et surtout sur la réalisation des buts inscrits dans la LOI, à savoir améliorer l'accompagnement médical et social des victimes d'inceste: elles coûtent fort cher à la Nation car elles sont laissées seules aux prises avec des conséquences particulièrement lourdes et variées, sur: leur santé physique :hospitalisations multiples, ALD variées, leur santé mentale: dépression graves, suicides et tentatives de suicide, toxicomanies variées, prostitution, délinquances, etc., leurs difficultés face au monde du Travail : beaucoup finissent en invalidité, après avoir multiplié les arrêts de travail longue durée. voir le rapport de Mme Fort devant l'Assemblée nationale.
SOINS, ET LIEUX DE SOINS
La Justice en 2007 m'a reconnue victime par ricochet des agressions sexuelles aggravées commises sur mes fils par un oncle paternel. Je dois vous dire mon indignation lorsque le 119 m'a conseillé d'emmener mon fils cadet au service de Gynécologie de l'hopital de Poissy. Comment voulez vous prendre en charge un tout jeune homme dans un service de Gynécologie? Il a bien entendu été hospitalisé plusieurs semaines en psychiatrie un an plus tard, n'ayant pas été soigné correctement à sa sortie du déni. En dépression grave, il ne pouvait plus affronter les angoisses d'un entretien d'embauche malgré son diplôme de l'Enseignement Supérieur. Une victime doit pouvoir trouver même en province un lieu de soin spécifique clairement identifié et connu des généralistes. Les inégalités actuelles de la répartition d'offre de soins concernant les victimes d'inceste sont scandaleuses, et illégales.
TRAVAIL
Mes deux fils, cadres tous les deux, ont été écartés à l'âge adulte du monde du travail par des épisodes dépressifs graves, totalisant à eux deux au moins 4 ans de réclusion chez eux, au chômage, sous antidépresseurs et anxiolytiques, consultant très fréquemment à l'hopital et chez des médecins de ville. A noter: ces épisodes sont récurrents, et non seulement à la sortie du déni: l'inceste poursuit les victimes adultes d'années en années. Rien ne prouve que tout ne recommence pas dans l'avenir, car ils n'ont pas été soignés au plus près des incestes. (Voir les communications du Dr Vila).
Est-ce là vraiment un gain pour le budget de l'Etat?
FORMATION DES PROFESSIONNELS
J'avais pourtant autrefois amené mes enfants bien trop souvent entre leur 8 et 15 ans chez des médecins et des psychologues, m'inquiétant sans cesse de leurs troubles évidents, comme je l'ai écrit au Juge d'instruction. Ces médecins et psychologues ont constaté chaque fois une dépression infantile SANS EN TIRER AUCUNE CONCLUSION. Un médecin hospitalier que j'ai recontacté en cours de procès (soit 13 ans après une hospitalisation concluant sans plus à une dépression infantile chez un garçon de 12 ans,) m'a avoué que je lui apprenais des choses, et que désormais, devant une dépression infantile, elle songerait à mon fils. Combien d'années de perdues, combien de couts induits par le manque de formation des professionnels au contact des enfants? Faut il réellement que ce soit les victimes qui enseignent aux professionnels?
Les professionnels ont besoin de formation à la spécificité et à l'importance démographique des cas d'inceste. Crime spécifique, diagnostic différentiel, soins spécifiques. Il faut absolument oser poser la question spécifique à des malades consultant dont on ne comprend pas bien la pathologie. C'est un gastro-entérologue qui a posé à mon fils la question libératoire, ç'aurait dû être 13 ans plut tôt l'équipe hospitalière qui a détecté sa dépression infantile. Les victimes elles mêmes souhaitent qu'on leur pose la question: c'est trop difficile pour elles de prendre l'initiative de parler (silence et secret =séquelle d'inceste), mais elles répondent le plus souvent avec soulagement si on les a écoutées avec respect. Voir les travaux de Ghislain Devroede.
PREVENTION
La population - et en particulier les personnels d'encadrement des enfants : enseignants, moniteurs de sport, éducateurs spécialisés- doit être informée des séquelles de l'inceste pour pouvoir se poser les bonnes questions face à un enfant qui va mal. Il m'a manqué des messages concernant l'inceste et non la pédophilie/pédocriminalité.
Respectueusement et citoyennement vôtre, (je vote !)
Je viens vers vous aujourd’hui, car depuis que la loi concernant l’insertion de l’inceste au code pénal en Février 2010, à été votée, le rapport que devait rendre le Ministère de la santé au mois de Juin 2010 est inexistant!!
Or, à mon sens, ceci est une GRANDE nessécité, d’une part pour pouvoir avancer dans le bon sens et pouvoir démontrer aux victimes que ce sujet, maintenant, mobilise notre gouvernement…. d’autre part pour mettre en place des structures adaptées pour prendre en charge les victimes d’inceste qui bien trop souvent sont laissées pour « MORT ».
J’ai été victime d’inceste de la part d’un oncle à l’âge de 5 ans jusqu’à mes 7 ans, lui vit tranquillement, pendant que moi j’essaye de me reconstruire un semblant de vie « normale ».
Mon parcours à été périlleux depuis ma sortie du déni, il y a 7 ans, suite à ma première grossesse qui par conséquence c’est très mal déroulée.
Ma famille, m’a écoutée, de làà dire qu’ils me soutiennent c'est un grand mot, je me bats toute seule depuis 7 ans, en essayant de trouver les solutions pour parvenir à vivre avec ce passé.
J’ai été suivie pendant 3 ans par un psychiatre qui m’a enfermée dans une grosse dépression en me prescrivant des médicaments, qui on fait de moi une larve pendant tous ce temps! De plus, les séances, qui était une fois par semaine, ne m’apportaient aucune aide, bien au contraire, je suis devenue toxicomane, je mettais ma vie en danger de plus en plus, j’étais incapable de m’occuper de mes enfants, mon couple partait à la dérive complète…….
J’ai arrêté de voir ce psy, et je me suis lancé dans l’acupuncture qui est très onéreux, 45 euros la séance non remboursé, 2 séances par mois, mais cela m’a sortie de cette spirale infernale qu’est la sur médicamentation!!
Aujourd’hui, je consulte un psychiatre spécialisé dans les Thérapie Comportementale et Cognitive, remboursé partiellement, la séance est de 60 euros remboursé sur une base de 45 euros, ce professionnel m’a diagnostiqué borderline, étant en état de stress post- traumatique…
Je voulais attirer votre attention sur cette problématique qu’est de trouver un professionnel formé pour les victimes d’inceste, il y a « urgence » de faire avancer tout ça!!! La prévention est toute aussi importante, mais est inexistante, cela pourrait éviter beaucoup de choses!!
Merci de votre attention.
Je me permets de vous écrire car j’ai eu connaissance de vos démarches pour faire inscrire l’inceste dans le code pénal.
Aujourd’hui, je viens à vous en tant que survivant de l’inceste et vous faire part des difficultés que je rencontre actuellement.
Je suis sorti du déni d’inceste cette année, à 35 ans. En ouvrant totalement les yeux sur mon passé, j’ai pu me rendre compte des véritables dégâts qu’a occasionnés l’inceste et enfin comprendre qui j’étais. Et pourquoi, pendant 28 années j’ai vécu dans l’ombre de moi-même.
Pour faire bref, dès l’âge de 6 ans et jusqu’à 12 ans, j’ai subi des viols avec pénétration par le fils de ma belle mère, et des attouchements par sa mère (ma belle mère donc). Il y a quelques mois, quand j’ai réalisé toutes ces horreurs je n’ai su vers qui me tourner. Mon premier réflexe a été d’aller vers ma famille. Elle m’a tournée le dos : « tu es allé trop loin », « souhaites-tu semer la zizanie ? ».
J’ai souhaité porter l’affaire devant la justice. Celle-ci me dit non, c’est prescrit.
L’inceste touche toutes les catégories sociales. Ma famille est bourgeoise et une partie royaliste. Ils semblent bien sous tout rapport. Ma mère est une artiste reconnue, mon père un ancien PDG… Et bien non, elle est loin la famille idyllique, très loin…
Selon une étude, il y aurait au bas mot 2 millions de citoyens victimes d’incestes. 2 millions de personnes qui survivent à des conséquences liées directement à l’inceste : boulimie, anorexie, alcoolisme/toxicomanie, automutilation, dépression, victimisation, prostitution, suicide… De tous ces maux, il n’y en a que deux dont je n’ai pas eu le déplaisir de connaître.
Aujourd’hui, je dois faire face à ce cataclysme qu’a provoqué la révélation de l’inceste. Et je dois y faire face presque seul.
Trouver des cheminements pour m’aider à comprendre l’impensable. A être dans la souffrance, la torpeur, l’effroi de ne pas savoir qui l’on est.
Trouver des professionnels de la santé qui acceptent d’échanger sur ce thème.
Trouver une prise en charge concrète, l’inceste est un vrai problème de santé publique. Pourquoi l’EMDR n’est pas remboursé ?
Trouver une justice pertinente qui ne me dise pas prescrit. Une justice qui condamne la pédocriminalité et qui ne considère pas l’inceste comme chimérique. Pourquoi la prescription ?
De frère et de citoyen j’ai fait mon devoir. Questionné ma demi-sœur si elle avait subi des attouchements. De citoyen, car j’ai prévenu les autorités des différents crimes cités plus haut. Mais aussi parce que ces personnes continuent à vivre en toute impunité. Que l’un d’entre eux a un enfant et qu’il vit aux Etats Unis. Loin de tous soucis.
Bien à vous,
J'ai découvert il y a quelques mois à peine l'horreur de l'inceste, ses conséquences, les énormes dégâts qu'il occasionne sur les victimes... et cela "grâce" à la sortie du déni, il y a quelques mois donc, de mon compagnon (depuis 8 ans). Après ses révélations auprès des gens qui l'entourent, j'ai choisi au contraire de sa famille qui l'a complètement laissé tomber, de le soutenir, de l'accompagner, de tout faire pour l'aider, le comprendre et tout mettre en œuvre pour qu'il aille mieux.
Nous partons de loin... avons traversé bons nombres des "conséquences" (addiction à l'alcool, dépenses compulsives)... aujourd'hui, s'il est en pleine Reconstruction, c'est uniquement grâce à lui (un peu à moi sans doute aussi et à l'asso dans laquelle nous sommes bénévoles) mais absolument pas grâce aux structures de l'état en place :
1) parce que peu de gens sont formés à entendre les victimes d'inceste (il s'est quand même entendu dire par un psy dans un centre de traumatologie sur Paris : "et vous, avez vous été un bon fils ?"
2) parce que le législateur ne reconnait pas l'imprescriptibilité de cette horreur (dans le cas de mon ami, bien qu'il ait moins de 38 ans, l'affaire est prescrite)
3) parce qu'un certains nombres de députés maires, alors qu'on essaie d'ouvrir des groupes de paroles pour qu'il y ait une entraide entre victimes, ne nous aident absolument pas, voire nous mettent des bâtons dans les roues
4) et ce point particulier qui m'a fait prendre la plume, c'est que les mesures qui avaient été décidées en début d'année pour aider les victimes d'inceste ne vont vraisemblablement pas être mises en place faute de budget. Et cela, pour moi victime collatérale, est pour moi incompréhensible, insupportable...
Je vous demande, Madame la Députée, comme vous l'aviez déjà fait il y a quelques temps, de vous battre à nouveau pour ces milliers de victimes "avouées" (sorties du déni) et pour ces millions d'autres qui vivent dans le silence, afin que cette abomination soit combattue comme il se doit et que le législateur prenne ses responsabilités de protection vis à vis de ses concitoyens.
En vous remerciant par avance pour votre engagement certain, je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes salutations distinguées.
Je me tiens par ailleurs à votre disposition pour toute précision.
Bien à vous,
L’inscription de l’inceste dans notre code pénal est une avancée mais pas suffisante.
Je voudrais défendre ces victimes d’incestes qui sont emmurées dans leur silence, que personne ne voit. Les troubles de santé les conduisant aux tentatives de suicide, suicides, et séquelles psychologiques importants doivent être reconnus par la santé publique.
Je suis une rescapée de l’inceste et j’ai subi aussi les failles médicales, éducatives.
Il faut améliorer la détection et la prise en charge des victimes d’inceste.
Il faut crier haut et fort le droit au respect des enfants, l’interdiction d’actes sexuels sur les enfants, responsabiliser les adultes aux tromatistes des enfants victimes.
On devrait avoir une formation pour l’éducation nationale, l’intervention de personne compétente mais surtout ces médecins qui connaissent mal ce sujet, pour diagnostiquer l’inceste dans ces conséquences multiples.
On ne devrait plus entendre « c’est tellement impensable » si leur formation intègre toutes les conséquences de l’inceste, alors pourront ils mieux soigner, déceler l’inceste.
Des structures adaptées pour la prise en charges de ces victimes d’incestes devraient exister.
C’est incroyable qu’en 2010,notre société ignore ce fléau.
La prescription est salutaire pour les agresseurs.
Et les victimes ? sortiront elles de cet enfermement. Elles ont besoin d’aide. La santé doit les aider.
Je vous demande Monsieur le Ministre Xavier Bertrand, de comprendre l’ampleur de ces problèmes, de mettre en place des améliorations pour la santé de ces victimes.
Je vous remercie de me lire et de me répondre.
Veuillez agréer , Monsieur le Ministre, l’expression de mes respectueux sentiments.
Comment, en tant que survivante, ne pas me sentir consternée, trahie par ces manquements, et les promesses non tenues,
Comment ignorer la déception voire le désarroi des victimes passées présentes et hélas à venir, souffrant encore pour combien de temps, de manque de structures, d'accompagnement, de soins, de prévention ?
Madame, je sais que vous avez déjà beaucoup oeuvré pour aider à faire tomber les barrières de ce tabou ancestral,
je vous remercie de faire suivre ce mail à M. X. Bertrand ainsi qu'aux personnes pouvant influencer la révision de ce projet.
Avec mes salutations distinguées.
Xavier Bertrand,
Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé
127 rue de Grenelle
757000 PARIS 07 SP
OBJET : rapport dans le cadre de la loi n° 2010-121 du 8 février 2010 tendant à inscrire l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes incestueux.
Copies : à Marie-Louise Fort, Députée de l’Yonne (3e circonscription)
A Nicolas Sarkozy, Président de la République
aux Députés de la région Bretagne
Le 19 juin 2011,
Monsieur Xavier Bertrand,
La loi du 8 février 2010, titre 3, article 6, prévoit que le Gouvernement remet au Parlement, avant le 30 juin 2010, un rapport examinant les modalités d'amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques, des victimes d'infractions sexuelles au sein de la famille, en particulier dans le cadre de l'organisation de la médecine légale. Ce rapport examine les conditions de la mise en place de mesures de sensibilisation du public, et notamment des mesures d'éducation et de prévention à destination des enfants.
Une note[1] est parvenue à l’association « le monde à travers un regard » le 17 juin 2011, soit une année plus tard. Celle-ci propose une présentation des principales dispositions de la réforme de la médecine légale et dans ce cadre, de la prise en charge des victimes d’actes incestueux. Elle sera complétée à l’automne 2011 par un rapport plus fourni, tirant le bilan de 8 mois de mise en œuvre de la réforme.
Je constate avec plaisir la volonté du gouvernement de faire évoluer les services de médecine légale. Mais le combat contre l’inceste se limiterait-il à cette action ?
Comme rappelé ci-dessus, l’article 6 de la loi du 8 février 2010 stipule bien que soient examinées : « les modalités d'amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques, des victimes d'infractions sexuelles au sein de la famille, en particulier dans le cadre de l'organisation de la médecine légale. » En particulier ne signifie pas exclusivement.
Il me semble que le champ couvert par la loi est beaucoup plus large que celui, plus restreint, de la seule médecine légale.
C’est donc avec perplexité que je considère le contenu de cette note qui, à mon sens, est non seulement incomplète mais également discutable quand à sa portée. En effet, peu de victime d’inceste arrivent par elle-même au seuil de la médecine légale.
Ainsi, pour ne pas mettre les services de l’Etat encore plus « hors la loi », il serait souhaitable que votre ministère soumette enfin un rapport complet incluant tous les champs prévus par cette loi.
Cordialement,
Dominique Louvel, Psychologue sociale.
[1] Personne chargée du dossier : Marie-Odile MOREAU, Direction générale de l’offre de soins, Sous-direction de la régulation de l’offre de soins, Bureau du 1er recours (R2)
Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé
Monsieur le Ministre Xavier Bertrand
127 rue de Grenelle
75700 Paris 07 SP
secretariat.communication@cab.travail-sante.gouv.fr
Objet : rapport dans le cadre de la loi n° 2010-121 du 8 février 2010 tendant à inscrire l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes incestueux.
Monsieur le Ministre,
L’article 6 de la loi n° 2010-121 du 8 février 2010 tendant à inscrire l’inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d’actes incestueux précise que « Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 30 juin 2010, un rapport examinant les modalités d’amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques, des victimes d’infractions sexuelles au sein de la famille, en particulier dans le cadre de l’organisation de la médecine légale. Ce rapport examine les conditions de la mise en place de mesures de sensibilisation du public, et notamment des mesures d’éducation et de prévention à destination des enfants ».
Publié avec un an de retard, je viens de prendre connaissance de votre pré rapport et je tiens à vous faire part par la présente de certaines de mes inquiétudes.
Vous réduisez la prise en charge des victimes d’inceste à la réforme de la médecine légale.Or l’aspect medico légal ne concerne qu’une infime partie des victimes. 90% des victimes ne portent pas plainte et les victimes mettent en moyenne 16 ans après les faits pour révéler leur vécu .Je vous rappelle que souffrent actuellement 2 millions de victimes d'inceste dans notre pays.
La prise en charge médico légale est une chose, mais votre rapport n'aborde pas les sujets concernant les soins aux victimes, la prévention, la sensibilisation du public et la formation des professionnels .
L’inceste est un tabou fondateur de notre société, les victimes ont le droit à une reconnaissance.
Comme toutes les victimes, j’ai vécu une errance thérapeutique. En effet, l’inceste provoque des troubles graves : suicides, dépressions, troubles du comportement alimentaire, toxicomanie, alcoolisme, phobies…et la prise en charge des victimes est encore très succinte.
C’est pourquoi, j’espère que votre rapport va évoluer sans attendre le 1er septembre, date du compte rendu sur la mise en place du nouveau dispositif sur la médecine légale.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations respectueuses.
Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé
Monsieur le Ministre Xavier Bertrand
127 rue de Grenelle
75700 Paris 07 SP
secretariat.communication@cab.travail-sante.gouv.fr
Objet : rapport dans le cadre de la loi n° 2010-121 du 8 février 2010 tendant à inscrire l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes
incestueux.
Publié avec un an de retard, je viens de prendre connaissance de votre pré rapport et je tiens à vous faire part par la présente de mon plus grand mécontentement et déception.
La seule partie dont il est question dans votre prérapport est la médecine légale, qui, comme le montrent les recherches, ne concerne qu’une infime minorité des victimes d’inceste puisque seulement 10% portent plainte. Votre prérapport est une véritable trahison du travail sur le long terme, rigoureux, méthodique, laborieux accompli par madame la députée Marie-Louise Fort et son équipe avec les diverses associations de victimes d'inceste. Il donne l’impression d’avoir été bâclé sur un coin de table et cela, en tant que victime d’inceste et comme toutes les victimes d’inceste, je ne peux pas l’accepter.
J’ai vécu une longue et douloureuse errance thérapeutique, puisque j’ai eu en tout 8 ou 9 psychiatres et thérapeutes différents et cette errance aurait très bien pu me pousser au suicide. En effet, l’un des psychiatres, alors que j’étais encore dans le déni, a eu une relation sexuelle avec moi, ce qui, comme vous pouvez l’imaginer, n’a pas facilité mon processus thérapeutique par la suite. Tout cela pourquoi ? Parce que, comme la plupart des psychiatres et du personnel médical en tout genre, il n’était pas formé aux pathologies et aux symptômes très particuliers causés par l’inceste (sans compter un manque certain de déontologie). Par la suite, étant dans une spirale d’autodestruction avancée, j’ai dû surmonter ce traumatisme supplémentaire et retourner en thérapie. J’en ai essayé de toutes sortes et trouvé certaines efficaces (comme l’EMDR) mais cela m’a couté très cher (environ 3000 euros), puisque elles n’étaient pas remboursées par la sécurité sociale. J’ai dû être arrêtée en maladie dépression pendant 6 mois quand je suis sortie du déni. A cause de cela, j’ai été renvoyée de mon travail car mon employeur ne comprenait pas les raisons de mon arrêt maladie et ce mot « inceste » à l’époque ne signifiait rien dans la société. Mon parcours thérapeutique, je l’ai vécu dans la plus grande solitude avec une conviction croissante, c’est que personne dans la société et les institutions n’avait envie que je survive et qu’au contraire, il y a un désir social très grand d’éliminer ceux qui parlent et dérangent l’ordre établi.
Je me sens non pas abandonnée par la société, non pas trahie. Non, je me sens sacrifiée par la société. Moi et toutes les autres victimes d’inceste, tous ces enfants qui deviennent - ou non, s’ils se tuent avant - adultes un jour, nous sommes sacrifiés par la société, pour que le statu quo continue, pour ne pas gêner le bon ordre, pour ne pas déranger les braves gens au journal de 20 heures. Pourquoi la société veut-elle à ce point notre mort, avec une telle force d’inertie ? Quel crime avons-nous commis, à part celui de naître dans les mauvaises familles ?
Ce fléau social doit être évalué à sa juste valeur, les personnels soignants doivent être formés, la société doit être sensibilisée pour que les employeurs puissent comprendre ce que vit l’un de leur employé quand il sort du déni, que la police et la justice soient formés à recevoir des plaintes, que les mutuelles acceptent de prendre en charge certains soins, qu’il existe des centres pluridisciplinaires spécialisés dans un maillage raisonnable sur le territoire français, que les enfants puissent enfin parler et dénoncer ce qu’ils subissent sans avoir peur.
Sans quoi la loi de l’omerta des agresseurs incestueux telle qu’elle existe aujourd’hui perdurera : la loi du plus fort (car dans la relation adulte/enfant, c’est toujours l’adulte le plus fort) et une société qui tolère la loi de la jungle est une société qui a perdu toute légitimité et se trouve au bord de la rupture.
C’est pourquoi j’espère que votre rapport va évoluer sans attendre le 1er septembre, date du compte rendu sur la mise en place du nouveau dispositif sur la médecine légale.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes respectueux sentiments.
La politique de santé de notre République n'intègre pas les victimes d'inceste, pour quelle supposée économie fait-t-on du TABOU ,un nouveau tabou moderne , alors que les sociétés primitives et animales s'en protègent de façon radicale .
Est- ce une dégénérescence à mettre au compte d'une société basée sur les exclus, en effet ,chaque période de l'histoire a eu ses fous ,nous pourrions aussi bien, nous les victimes etre mises en camp ou sur un bateau ,comme au Moyen-Age, La Nef des Fous ...Les Lépreux
Soyez juste informé que nous n'avons ni
il semble que la société entière compte sur le déni de l'inceste, que d'emblée la victime intériorise dans son secrèt,afin de ne pas à avoir à traiter la question.
Nous exigeons une prise en charge lucide et responsable de la part de la société et de ses acteurs qui aménagent notre vie quotidienne et notre santé
Toute omission à cette vocation de votre ministère est très grave .
1. 03/12/2010
Mme La Député Fort,
Je me permets de vous écrire car j’ai eu connaissance de vos démarches pour faire inscrire l’inceste dans le code pénal.
Aujourd’hui, je viens à vous en tant que survivant de l’inceste et vous faire part des difficultés que je rencontre actuellement.
Je suis sorti du déni d’inceste cette année, à 35 ans. En ouvrant totalement les yeux sur mon passé, j’ai pu me rendre compte des véritables dégâts qu’a occasionnés l’inceste et enfin comprendre qui j’étais. Et pourquoi, pendant 28 années j’ai vécu dans l’ombre de moi-même.
Pour faire bref, dès l’âge de 6 ans et jusqu’à 12 ans, j’ai subi des viols avec pénétration par le fils de ma belle mère, et des attouchements par sa mère (ma belle mère donc). Il y a quelques mois, quand j’ai réalisé toutes ces horreurs je n’ai su vers qui me tourner. Mon premier réflexe a été d’aller vers ma famille. Elle m’a tournée le dos : « tu es allé trop loin », « souhaites-tu semer la zizanie ? ».
J’ai souhaité porter l’affaire devant la justice. Celle-ci me dit non, c’est prescrit.
L’inceste touche toutes les catégories sociales. Ma famille est bourgeoise et une partie royaliste. Ils semblent bien sous tout rapport. Ma mère est une artiste reconnue, mon père un ancien PDG… Et bien non, elle est loin la famille idyllique, très loin…
Selon une étude, il y aurait au bas mot 2 millions de citoyens victimes d’incestes. 2 millions de personnes qui survivent à des conséquences liées directement à l’inceste : boulimie, anorexie, alcoolisme/toxicomanie, automutilation, dépression, victimisation, prostitution, suicide… De tous ces maux, il n’y en a que deux dont je n’ai pas eu le déplaisir de connaître.
Aujourd’hui, je dois faire face à ce cataclysme qu’a provoqué la révélation de l’inceste. Et je dois y faire face presque seul.
Trouver des cheminements pour m’aider à comprendre l’impensable. A être dans la souffrance, la torpeur, l’effroi de ne pas savoir qui l’on est.
Trouver des professionnels de la santé qui acceptent d’échanger sur ce thème.
Trouver une prise en charge concrète, l’inceste est un vrai problème de santé publique. Pourquoi l’EMDR n’est pas remboursé ?
Trouver une justice pertinente qui ne me dise pas prescrit. Une justice qui condamne la pédocriminalité et qui ne considère pas l’inceste comme chimérique. Pourquoi la prescription ?
De frère et de citoyen j’ai fait mon devoir. Questionné ma demi-sœur si elle avait subi des attouchements. De citoyen, car j’ai prévenu les autorités des différents crimes cités plus haut. Mais aussi parce que ces personnes continuent à vivre en toute impunité. Que l’un d’entre eux a un enfant et qu’il vit aux Etats Unis. Loin de tous soucis.
Bien à vous,
2. 22/06/2011
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