La dernière chose que tu m'aie dites n'est pas "je t'aime" non...ça n'aurait pas pu être ça...
La dernière chose que tu m'aie dites c'est "hum, tu reviendras, comme d'habitude, ce n'est pas la première fois que tu me dis que tu fais une croix sur moi..."
Tu avais raison sur un point : ce n'était pas la première fois mais c'était la dernière...
La décision était prise dans ma tête et dans mon cœur. Pour toi et pour moi...
Pour que plus jamais tu ne porte le fardeau d'être ma mère, pour que tu te sente enfin libre et pour qu'enfin je puisse guérir et accepter que jamais je n'aurais cet amour maternel qui ne viendra jamais.
Nous sommes libres toi comme moi et je sais déjà que tu vas mieux.
Je me suis accrochée à ce faux espoir comme on s'accroche à une île déserte lorsqu'on est naufragé et que l'on n'a rien d'autre. Mais après que tu m'aie dit tout ce que tu avais sur le cœur, je suis fixée, j'ai été aveuglée, arrêtée au stade de petite fille qui a dû s'assoir un de ces jours sur le bord d'une route et attendre que sa maman la regarde au fond des yeux et se mette à l'aimer.
Je me suis battue pour que tu comprenne, comme j'ai pu, j'ai essayé d'exister à tes yeux. Il faut maintenant que j'existe à travers les miens, que j'apprenne, que je digère chaque mot qui m'a été dit et que j'oublie chaque mot qui ne m'a pas été dit et que j'aurais tant voulu entendre.
Peu m'importe si aujourd'hui tu es fière de porter le même nom que cette famille de cinglés, que ce violeur d'enfants, je suis fière de porter le miens quoi que tu en dise. Lorsque tu m'a mise au monde dans cette famille, tu ne m'as pas donné le choix, j'ai du grandir, faire avec et supporter.
Dommage que tu n'ai pas saisi que malgré toutes mes souffrances, je t'aimais plus que n'importe quelle fille ne peut aimer une mère. Que ce que je voulais c'était construire des liens solides avec toi, parler, comprendre, que toi tu cherche à me comprendre, à comprendre ce mot : INCESTE et tout ce qui va avec.
Mais non, tu as préféré réagir comme avant...me rejetant parce que tu ne supporte pas...tu sais très bien...
Tout aurait pu être différent. Mais aujourd'hui, j'ai compris.
Pour toi, j'ai toujours été et je serais toujours encombrante, voilà la réalité.
Mon frère et moi sommes encombrants, c'est le constat, nous savons trop de choses.
Toi, aujourd'hui, tu tiens à ta petite vie tranquille, ta bonne réputation. Deux enfants violés, maltraités et délaissés ça fait..."tache"?
Alors sois heureuse, c'est tout ce que je te souhaite. Tu as de longues années encore devant toi.
Je ne pourrais pas oublier les horreurs que tu m'as dites, ni le mal que tu m'as fait des années durant en me traitant comme un "fantôme" mais je te souhaite quand même plein de bonheur du fond du cœur, là où je tenterais de t'effacer petit à petit.
Voilà plusieurs jours que je pense à cette lettre que j'ai promis de t'écrire.
J'ai beaucoup de choses à te dire mais je ne sais pas par où commencer.
Plusieurs fois, j'ai essayé de parler avec toi de mon enfance, de tout ce qui s'était passé et qui fait que je suis si malheureuse aujourd'hui.
Mais tu ne m'écoutais pas. Tu changeais de sujet, me mentais ou pire, me disais que tu ne te rappelais pas...Ça fait des années que j'étouffe dans ma souffrance, que j'essaie d'appeler au secours sans qu'on m'écoute, que je prend soin de tout le monde sans me soucier de moi...
Peut-être qu'avec cette lettre tu seras obligé de m'écouter, peut-être que tu accepteras de reconnaitre que tu fais partie des gens qui ont brisé ma vie alors que je n'étais qu'une petite fille.
Bien sûr, tu feras certainement comme le reste de la famille que j'ai aujourd'hui renié en me disant que tu avais des circonstances atténuantes mais je ne suis pas d'accord, je n'avais pas à payer aussi cher vos problèmes ou vos enfances malheureuses.
Pour que je t'explique, il faut remonter plusieurs années en arrière...
Je ne reviendrais pas sur le fait que toute mon enfance j'ai eu un papa alcoolique et violent, ce qui m'a profondément traumatisée. Ni que j'ai eu une mère insensible qui ne s'occupait pas de moi, ni tout le reste. NON. Il y a un autre évènement bien plus grave encore qui s'est produit, que vous auriez pu éviter, qui a détruit ma vie.
Donc, nous voici plusieurs années en arrière...
J'ai entre 5 et 6 ans, il fait beau. Nous sommes chez mémé, tous ensemble. Moi je joue dans la cour avec C. et S., on s'amuse bien. J. arrive, il m'appelle, il a un secret à me dire, je le rejoint derrière la voiture de mémé. Il me dit de me baisser pour que C. et S. ne puissent pas nous voir, puis il me dit de me retourner et de regarder droit devant, de ne pas bouger, de ne pas parler, il a une surprise...
Je le sens qui met sa main sous ma robe, puis dans ma culotte...j'ai 5 ans et je ne comprend pas...mais je panique, j'ai peur, j'ai l'impression que ça ne va jamais s'arrêter. Je le sens qui fouille dans ma culotte avec sa main, il me fait très mal, je commence à pleurer, il me dit que j'ai intérêt à la fermer si je ne veux pas que mes parents arrivent et qu'ils me grondent.
Je me sens partir ailleurs, mon âme fuit, je regarde tout les gens qui passent dans la rue, devant le portail où est garé la voiture, je pleure, je les regarde...ils passent tous et détournent la tête...
Tout s'arrête. Car toi, papa, tu viens de l'attraper par le col. Tu es furieux, tu crie très fort, je me sens coupable, j'ai envie de mourir...
Tu l'as emmené de force dans la maison et moi je suis retournée jouer car je suis sûre que J. va être sévèrement puni, je suis sûre que tu vas lui casser la tête, car, moi, je te connais quand tu es violent...
Sauf que non...jusqu'à ce que j'ai 12 ans et que je menace J. de le tuer, toi et maman vous avez fait de lui mon baby-sitter, presque chaque semaine, je suis morte...
J'ai été violée, humiliée et tout le monde s'en fout, je ne pourrais jamais vous le pardonner.
Je me rappelle de tout dans les moindres détails, je n'ai rien oublié, rien! Je ne suis pas la seule victime, S. aussi a été victime. J'ai vu J. il y a quelques années, il a avoué, il s'en souvient lui aussi. Donc, malgré que cette famille m'ait toujours fait passer pour une folle, une menteuse et une voleuse, je sais moi, que je suis dans le vrai, que j'ai grandi dans une famille monstrueuse. Moi, victime d'inceste, je ne veux plus de cette famille, vous m'avez assassinée.
Je souffre terriblement et je ne peux pas te dire tout ça sans larme. J'ai fait une croix sur le reste de la famille mais j'ai du mal à faire une croix sur toi et maman parce que malgré tout ce que vous m'avez fait je vous aime profondément et je ne désespère pas encore d'avoir un jour un vrai père et une vraie mère.
Tu ne connais pas toutes mes souffrances car je t'épargne de nombreux détails morbides.
Je ne comprend pas que tu n'aies rien dit et rien fait quand tu as vu qui était J., je ne peux pas le comprendre...tu m'as déjà dit que tu ne te rappelais pas, je sais que c'est faux...
Je suis écœurée et j'ai mal, j'ai l'impression que vous ne m'avez jamais aimée, que je ne valais pas la peine d'être sauvée.
J'espère que tu me répondras, que tu m'aideras à comprendre pourquoi vous avez fait le choix de sauver J. plutôt que moi.
Je t'aime papa.
Je suis désolé pour toi de ce qui t’arrives. C’est la première fois que j’entends parler des violences conjugales dont tu dis être victime. C’est ton libre choix d’en parler ou pas. Mais je n’ai pas été mis au courant et ne recevais pas de mail de la part de ton ami.
Pourquoi avoir attendu 4 ans pour agir ? Pourquoi t’être fiancée et mariée ? Pourquoi être partie t’installer à B. avec la personne qui te faisait du mal ?
Pourquoi ne pas nous en parler lors de notre dernière réunion de famille ? Même si il est plus grand et plus costaud que moi, je lui aurai expliqué mon « poing » de vue sur la violence conjugale.
L’image que vous donniez tous les deux ne faisait pas apparaître de violences physiques entre vous. Mais si cette situation t’était insoutenable, n’importe qui de sensé t’aurait conseillé de t’éloigner de la source du mal. Libre à toi d’écouter ou de suivre les conseils.
Les gens ne peuvent pas agir à ta place. Tu es grande, majeure, autonome. Tu agis en ton âme et conscience. Tu es responsable de tes actes et des décisions que tu prends. Tu ne peux pas rejeter la responsabilité de tes propres actions et des conséquences de celles-ci sur quelqu’un d’autre. Tu dois assumer tes propres choix de vie et tes décisions.
Concernant ton travail, c’est dommage que ta période d’essai au sein de cette entreprise n’ait pas été concluante. As-tu agis de sorte que ton employeur décide de te garder ou bien as-tu été mettre les pieds dans le plat et revendiquer des choses qui ne plaisent pas forcement à un employeur ? Toi seule le sais.
Le travail de nos jours est un peu une denrée rare, il faut peut être savoir faire des concessions temporaires surtout si sa situation personnelle en dépend. Pas de boulot, pas de logement. Il y a certes toujours des moyens de contourner ce fait. Peut-être aurait-il été judicieux de faire le dos rond pendant un temps, d’accepter les conditions de travail, de trouver un nouveau logement en justifiant d’un salaire, et par la suite changer de boulot si celui-ci ne te convenait pas. On sera plusieurs à te (re)dire qu’il ne faut pas lâcher une liane avant d’en tenir une autre et surtout ne pas scier la branche sur laquelle on se trouve.
Que de reproches à notre encontre !
Tu souhaites nous informer de ta situation délicate en nous envoyant un mail intitulé « Famille ». Tu constates que mon commentaire est transmis à la famille en entier, Maman et J. étant absentes comme destinataire au départ.
Je suis surpris que tu m’informes de la sorte alors qu’il y a quelques temps, je n’étais plus bon qu’à être jeté aux cochons.
Je ne souhaite pas que tu tentes de diviser la famille en voulant nous rallier à ta cause contre tel ou tel membre de la famille, qui au fur et à mesure des années change. J’ai été pour toi le mouton noir pendant pas mal de temps. J’ai tenté de prendre de tes nouvelles début octobre, j’attends toujours un retour à mon message….
Chaque personne est libre de ses choix à partir du moment où ils ne nuisent pas aux autres. Tu nous reproches beaucoup de choses. Désolé, personne n’est parfait. Quel est le rapport avec nos vacances passées ensemble ?? Il m’a semblé que tout le monde était ravi de l’idée de ce rassemblement et du bon déroulement de celui-ci. Nous avons d’ailleurs tous remercié Maman pour cela.
Sommes-nous si indifférents que cela à ce qu’il t’arrive ? N’as tu pas toujours trouvé quelqu’un qui était là pour t’écouter et te soutenir à différents moments ? Tu as fait des choix, nous t’avons donné notre avis sur tes choix. Aurais-tu accepté que nous prenions des décisions à ta place ? Aurais-tu accepté que nous t’interdisions de faire tel ou tel choix ?
Nous t’avons toujours laissé faire tes propres choix concernant ta vie personnelle, même si nos sentiments personnels et nos points de vue pouvaient être différents) . Nous n’avons pas à nous immiscer dans les histoires de couple des autres.
Pendant un temps, il nous était interdit de nous immiscer dans ta vie. Tu as sûrement fait pleins de trucs sans que nous en soyons informés. C’est normal, c’est la vie. Aujourd’hui tu nous demandes, en formulant ce genre de reproches, de faire des choses pour toi.
Nous ne pouvons pas être à ta disposition et agir en fonction des tes humeurs et des conséquences de tes actes. Et puis que pouvons nous faire ? Qu’attends tu de nous exactement ? Il est préférable de susciter l’intérêt que d’exiger l’attention.
Oui, nous avons tous notre vie! Avec des moments géniaux et des moments moins agréables. Mais c’est comme ça. Il faut apprendre à gérer les évènements de la vie.
Oui, nous avons notre vie à vivre ! Nous essayons de le faire du mieux que nous pouvons. Nous la construisons chaque jour avec ceux qui nous sont proches en essayant de la rendre meilleure.
En quoi cela peut-il être préjudiciable à quelqu’un ?
Il y a des moments où on souhaite partager des moments, des choses. Il y a d’autres moments, non.
Il y a des moments où on souhaite voir, recevoir des gens. Il y a d’autres moments, non.
Il n’y aucun jugement à avoir la dessus. Il faut accepter le choix de l’autre.
Je ne souhaite pas que tu tentes de nous culpabiliser et de nous donner mauvaise conscience par rapport à ce qu’il t’arrive en ce moment. Nous sommes conscients des problèmes que tu peux rencontrer, mais dans la vie, il n’y a pas que tes problèmes. Nous avons aussi les nôtres. Il n’est pas toujours facile de régler ses propres problèmes, alors, ceux des autres… Et souvent, on se retrouve à vouloir le bonheur des gens malgré eux.
Oui, j’ai toujours dis les choses comme je les pensais. Peut être que j’ai manqué de délicatesse à certains moments. Mais que sur la forme, pas sur le fond. Je m’exprime uniquement en mon nom et sans aucune concertation avec qui que ce soit.
Le but de ce mail, n’est en aucun cas de te juger, te blesser ou de critiquer tes choix mais pour te faire part de mon sentiment profond face à tout ce que tu nous reproches de manière individuelle ou collective. Je ne souhaite pas te plaindre, je ne le ferai plus. Je préfère t’encourager dans un projet et te féliciter dans tes réalisations positives. Je préfère partager du bonheur et des choses agréables.
La famille, titre du message, est le regroupement des actes et des sentiments individuels de chaque membre. Elle est ce que nous en faisons. Ne souhaitant que du bonheur pour moi-même et les autres, j’essaye d’agir de manière positive afin d’apporter à la Famille, dans son ensemble, et aux autres membres, en particulier, que des choses plaisantes et agréables.
Mesure ce que nous (de manière individuelle ou collective) avons fais pour toi pour t’aider, te soutenir, t’écouter durant ces années.
Mesure ce que tu nous as apporté.
Tu ne peux pas à chaque fois, que quelque chose ne va pas comme tu le souhaites, rendre quelqu’un d’autre pour responsable.
A quel niveau estimes-tu notre seuil individuel de tolérance pour pouvoir endurer tes déboires, partager ton malheur ?
Peut-être ne sommes nous plus assez fort pour t’aider ? Peut-être nous protégeons nous ? Peut-être ne savons nous plus quoi et comment faire ?
Nous pouvons avoir des faiblesses nous aussi.
Ne nous juge pas.
Que dois-tu faire maintenant ?
Voici mon conseil, libre à toi de le suivre, t’en inspirer ou l’ignorer.
Trouver un autre boulot : tu as un CV et un parcours professionnel qui plaisent. Tu as déjà eu pas mal de contacts. Investis tout ton temps dans cette recherche de boulot.
Accepter les conditions de travail, faire le dos rond pendant un temps.
Ton nouveau contrat de travail sera le sésame pour trouver un appart, c’est ça le plus important et le plus urgent.
Déménage, refais ta vie.
Supprime de ta vie toutes les substances influant négativement sur ta vie et ton comportement.
Une fois que tu auras déménagé, tu pourras toujours regarder pour un autre boulot si celui que tu as trouvé ne correspond pas totalement à tes attentes.
Laisse le passé derrière toi et regarde devant de manière positive.
Prend les choses en main.
Rebondis comme tu l’as déjà fait.
Décide de ta vie.
Assume tes actes et tes décisions car tu es la seule responsable de ceux-ci et personne d’autre.
Si tu as besoin d’aide dans tes prises de décisions, tu sais que nous serons là pour te donner des conseils, que tu pourras suivre ou non.
Je souhaite sincèrement que tu te sortes de cette mauvaise passe.
Je te dis : à bientôt petite sœur.
Je ne t’aime pas. Je ne t’ai jamais vraiment aimée. Déjà au jour de ma naissance, le courant ne passait pas entre nous et les années passant ça ne s’est pas amélioré. Tu as voulu à tout prix avec ta première fille avoir une relation complice, douce et aimante mais tu ne l’as pas protégée. Heureusement, tu as une autre fille qui t’as apporté tout ce que tu souhaitais : de l’amour, des câlins, de la complicité. Car comment, moi, j’aurais pu te donner tout cela après ce que tu avais fait ? Pas fait surtout ?!!... Protéger ton mari et laisser ta propre fille dans la douleur et la souffrance parce que tu ne me voyais pas et ne voyais que ta vie à cette époque là. Alors non, tes câlins, tes baisers, je n’en ai jamais voulu parce que tu n’es pas une mère aimante pour moi, tu n’es pas une mère protectrice. Je n’aime pas le contact avec toi, il me rappelle le contact avec mon père. Jamais je ne pardonnerais à mon père, comme jamais je ne te pardonnerais. Tu as manqué à tous tes devoirs de mère aimante, protectrice et avec moi tu as raté ton rôle. Mais tu as d’autres enfants. J’ai voulu que tu meures. J’ai voulu faire brûler ta maison et toi avec et maintenant tu n’as plus d’importance à mes yeux. Tu n’auras jamais de petits-enfants de moi et heureusement. Je ne veux plus penser à toi, je ne veux plus de toi dans ma tête, dans mes rêves, tu es inutile dans ma vie, tu n’as rien à y faire. Tu finiras seule, vieille et jamais je ne serais là, peu importe la maladie, je ne veux pas être là pour toi car tu n’as pas été là pour moi et tu ne le mérite pas. Je n’attend qu’une chose : c’est qu’un jour tu disparaisse et tu t’éteigne et t’éloigne de moi. J’aurai tant voulu avoir une mère, une vraie, qui prenne soin de moi...dans une autre vie peut-être. Aujourd’hui, je sais que tu n’as plus d’importance à mes yeux alors je vais t’oublier, ne plus avoir d’obsessions et te rayer de mes pensées.
Et ma vie recommencera, plus belle.
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