J'ai 37 ans ,victime de l'inceste et de plusieurs addictions,dont certaines sont plus gênantes que d'autres mais à part celle aux médicaments,elles se présentent comme des épisodes dans ma vie,elles partent comme elles sont venues .
Jusqu'à la révélation de ce que j'avais subi , j'étais une personne relativement raisonnable;bon c'est vrai j'ai pris quelques cuites mémorrables quand adolescente j'essayais de me fondre aux autres,de me rapprocher de ces garçons qui ne voulaient pas de moi;moi qui me sentait si quelconque et laide et surtout obése. Quand j'ai eu révélé mon calvaire les mots ne suffisaient plus pour oublier,il fallait que je fasse sortir de moi cette partie de ma vie ,la graisse qui recouvrait mon corps était pour moi synonyme de bien de tourments,j'étais grosse,môche,moi qui voulait tant m'intégrer voyait dans ces kilos une barrière pour bouger mais ausssi une barière pour plaire.
La balance est mon amie dans le sens où je ne peux me passer d'elle,mais mon énemie aussi car je peux me peser parfois jusqu'à 3 fois par jour, j'ai égalmement essayé une multitude de régimes tous arrêtés à peine commencés. Je suis parfois prise de crises de boulimie où j'ingurgiterais tout pour calmer ma colère ou mon mal être,le probléme est que je culpabilise aprés et que surtout j'ai toujours eu tendance à grossir,j'ai eu également une période où je me faisais vomir pour retirer toute cette « merde » qui est en moi.
Je me suis donc fait poser un anneau gastrique à 35 ans ,pour cela j'ai du faire preuve de beaucoup de conviction auprés de certains médecins ,qui pensaient que je ne supporterais pas cet engin qui rétrécit le passage à l'estomac et qui surtout était une contre-indication chez les victimes d'inceste car c'est un corps étranger qui allait entrer en moi .Ils avaient je pense raison car aprés la pause de l'anneau ,je passais plus de temps à vomir qu'à table.Ne voulant pas enlever l'anneau;j'ai donc commencé à avaler des substituts de repas qui m'ont permi de perdre énormément de poids et à ne pas me retrouver à l'hôpital puisque mon corps n'acceptait quasiment plus la nourriture non mixée.J'étais prête à tout pour maigrir.
J'ai commencé à apprécier un peu ce corps qui me dégoûtait tant et à me rendre compte qu'il pouvait être apprécié des autres.Moi qui voulait tant être acceptée des autres ,je voulais plaire à tout prix comme si plaire physiquement allait de paire avec plaire moralement .Cette perte de poids a été le début de ma tardive crise d'adoles cence .J'ai commencé à fréquenter très réguliérement des forums de discussion,où j'ai discuté de sexe ouvertement,j'ai d'abord eu des relations virtuelles mais l'engrenage a été très rapide,il falllait que je rattrape le temps de mon adolescence perdue,que j'ai l'expérience qui me manquait,que j'accomplisse mes désirs les plus fous,brûlant la vie à toute vitesse.J'ai commencé à rencontrer des personnes,allant jusqu'à avoir plusieurs relations dans la même journée,du sexe à la pelle sans sentiment affectif;c'est moi qui menait le jeu,je décidais de ce que je voulais ou pas et surtout de qui je voulais ou pas ,j'étais maitresse de mon corps et me vengeais à travers ces différents hommes de celui qui avait été mon bourreau pendant de si longues années,celui qui m'avait empêché d'avoir ma propre expérience sexuelle ,mon pére. J'avais d'autant plus de facilité à vivre cette nouvelle vie de débauche que mon mari ne me touchait quasiment plus et que j'avais commencé à fumer du cannabis,substance illicite qui exacerbe la libido et déshinibe,je ne voyais que le côté positif de tous ces interdits,j'y trouvais le piquant qui manquait à ma vie ,me coupant du monde réel, accomplissant tous mes désirs sexuels,pour moi c'était une réelle ouverture d'esprit que j'avais à portée de mains .Cette folie a cessé le jour où mon mari a trouvé les historiques de conversations très chaudes sur l'ordinateur familial;je me dis que le jour où il a trouvé cela ,a été pour moi le jour de mon passage à l'âge adulte,celui où j'affrontais la réalité sans me mettre d'oeillères , il aurait pu me rejeter mais il a choisi aprés sa colére passée de m'aimer encore plus .Aujourd'hui tout n'est pas parfait entre nous mais j'ai retrouvé un peu confiance en moi,je ne regrette pas d'avoir accompli une grande partie de mes désirs mais je regrette d'avoir brisé la confiance que mon époux avait en moi et de l'avoir tant fait souffrir.
Je me suis aperçue que c’était souvent la drogue, la cigarette, le tabac et l’alcool. Comme beaucoup d’adolescent j’ai touché un peu à tout sans avoir une envie tout le temps de faire ça, mais aujourd’hui je m’aperçois que mon addiction est le travail, car si je n’ai pas de travail, je ne suis rien, une grosse merde. Que je ne sers à rien. Et là en ce moment je m’aperçois que je perds un travail que j’aimais beaucoup. A côté de ça quand je ne travaille pas, je vais en chercher donc je fais du bénévolat, parce que j’ai toujours besoin de donner, de ma présence. Les circonstances, je pense que ça été dés mon plus... après le BAC, j’ai jamais passé d’examen, j’ai jamais réussi à aller à un examen, j’ai toujours su que je n’y arriverais pas, me présenter à l’examen donc j’en ai jamais passé. Pourtant j’ai mis mes sous dans les préparations, BAC, Brevet, plein de trucs à passer, mais jamais présentée le jour J. La seule porte la seule issue que j’ai trouvé c’est de travailler. A chaque fois que j’ai travaillé j’ai toujours donné satisfaction, je n’ai pas non plus été très loin, mais j’ai toujours réussi ma vie professionnelle. C’est important pour moi. A chaque fois que j’ai foiré mes examens, il fallait absolument que je travaille. Mais une autre addiction que j’arrive à prendre sur moi, c’est la douche. Quand je me lave, c’est la catastrophe, je passe plus d’un quart d’heure sous l’eau, donc mon père, je me souviens au début, quand il voyait les factures d’eaux, il voulait que je les paye parce qu’il trouvait cela affolant et là c’est vrai que maintenant je fais attention.
Je vais revenir aussi sur le ménage, parce que quand je ne travaille pas, je passe énormément de temps à astiquer la maison, s’il n’y a pas quoi que se soit de prévu, si je reste à la maison c’est pour l’astiquer, c’est faire du repassage et c’est vrai je suis devenue un peu moins c’est vrai que ça me bouffe la vie. Même mes parents quand ils venaient, mon père était mal à l’aise, à chaque fois il enlevait ses chaussures, je vois bien que maintenant les gens amènent les chaussons, le petit truc, que les gens ne sont pas bien, ça me gêne, les chiens je ne les supporte pas, mais c’est vrai que le ménage ça fait parti certainement d’un des addictions aussi. Si je suis à la maison c’est pour faire le ménage, pas pour faire autre chose. J’ai du mal à passer du temps à jouer avec ma fille, je me dis tout le temps, oh la la y a ça, oh la la faut faire ça, voilà !! C’est la prise de tête avec tout le monde. Et c’est vrai que je dois essayer de faire des efforts là dessus. Maman était aussi maniaque, je pense que ça vient aussi de là.
Je reparle de mon addiction c’est l’envie de travailler, envie de rendre service, envie d’être présente, d’être là, d’être quelqu’un oui, oui c’est sûr que ça un lien puisque par rapport à ce que j’ai vécu ça m’a enlevé beaucoup de points positifs sur moi, je ne me supporte pas, je suis négative et tout ça, j’ai besoin de travailler, de prouver que je suis capable de quelque chose. Je pense que oui, ça un lien direct avec le faite que toute ma vie j’ai voulu, que j’ai raté tout ce que j’essayé de faire, passer des diplômes, à l’école et tout ça, donc euh ! pour moi oui c’est sûr qu’avec le travail ça m’aide. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai besoin de travailler pour oublier tout ça, j’ai besoin de prouver que je suis capable de quelque chose, de faire, d’être pas une merde, j’ai besoin que l’on me fasse confiance, et de prouver que je vaux mieux que ce que je pense être.
Je vais parler de la cigarette, j’ai commencé à fumer très jeune, je devais avoir 12 ans si je me rappelle bien, au départ ça commencé comme un jeu, je crois et ensuite c’était un problème d’habitude, c'est-à-dire pas par un manque mais d’habitude par le geste, à la fin d’un repas pour moi c’était coutume de prendre ma cigarette, après en vieillissant c’était après mon café ou pendant mon café, c’était obligatoirement l’un et l’autre, jamais l’un sans l’autre. Dans quelles circonstances et bien fumer avec les copines, je ne sais pas si c’était pour ressembler aux autres copines qui fumaient, j’en sais rien, et aussi pour faire chier tout le monde car à la maison je n’avais pas le droit de fumer dans la maison, comme ça ne plaisait pas MOI je fumais mes cigarettes. Donc je fumais le matin, jusqu’au soir pas en grosse quantité mais régulièrement. La 1ère cigarette était en allant au collège à pied, puis ensuite à l’arrêt de car pour aller au lycée, cela à 7H30 et la dernière clope était le soir dans ma chambre juste avant de me coucher. A quel moment de la vie, ça j’ai dit tout à l’heure, à 12 ans, et j’ai arrêté à 22 ans, lorsque j’ai commencé à avoir l’idée d’avoir un enfant, là j’ai dit « stop » faut que j’arrête la cigarette. Autrement comme autre addiction, j’ai le pèse personne, c’est mon 2ème moi, il me suit partout même en vacances, je commence à m’en détacher mais je ne peux pas partir en vacances sans l’emmener dans un sac, c’est un combat, je ne me plais pas tel que je suis, c’est mon problème de poids qui me rend addicte. Le matin je me lève, je me pèse, je petit déjeune, je me pèse, je fais ma pesée, je monte à nouveau parfois dessus, ensuite dans la matinée je bois un café, je retourne me peser, voilà je me suis pesée jusqu’à 15 fois dans la journée sans m’apercevoir que c’était une addiction, je le sais depuis peu, lors d’un groupe que j’ai fait à Versailles, et sur le forum donc moi j’ai bien rigolé car on m’a parlée de mon pèse personne et que j’ai découvert que je n’étais pas la seule j’en ai bien ris. A quel moment de la vie ça commencé, ça c’est pas très vieux par contre je dirais à la naissance de ma dernière fille, c'est-à-dire en 2003.
Je vais continuer sur la lancée du ménage, car c’est vraiment quelque chose qui touche pas mal de monde, je n’en reviens pas, alors le ménage oui c’est vrai ça m’a tenu longtemps, là je lâche, j’en laisse, mais alors beaucoup je trouve, oui il y a des choses plus importantes dans la vie, ce matin je n’ai passé l’aspirateur et finalement je le vis bien, on verra ça demain mais oui c’est vrai j’ai une mère très maniaque, la petite manique sur la porte du frigo, les petits patins à une époque, je ne m’en rappelle, j’aimais bien, ça brillait chez moi, quand je me suis mise en couple, il y a eu une grosse ressemblance par rapport à ma mère la dessus je faisais tout comme elle, pas la maniaque sur la porte du frigo parce que ça m’a toujours agacée, mais je faisais tout comme elle, mes priorités c’était le ménage, je pense que c’est grâce à la thérapie que je lâche parce que quand on fait de la thérapie on est obligé et on en trouve de soi même se sont les sens à notre vie, pour se sentir mieux, donc maintenant je lâche c’est propre mais voilà en plus on a un chien, il rentre à la maison donc je lui essuie les papattes bien sûr ! c’est un chien qui perd beaucoup de poils pendant la mue, alors là c’est un peu la guerre aux poils. Là mon écran plat a de la poussière dessus, je ne l’ai pas fait mais ce n’est pas grave, je préfère apprendre soin de moi, si je dois en plus prendre soin de la maison à l’intérieur, la déco on ne fait pas plus que ça, les murs sont blancs, ce n’est pas ma priorité, donc voilà et c’est vrai je n’avais pas pensé à l’addiction au ménage mais oui s’en est une. Et là je réalise que quand j’étais contrariée, ou que ça n’allait pas, je mettais ma planche à repasser et hop je repassais et là mon mari me disait « c’est bien tu es efficace au moins, faut te vexer plus souvent, mouahahaha « moi je ne riais vraiment pas à cette époque là, maintenant oui .C’est vrai c’était un vrai défouloir, et très efficace mon mari n'avait pas tord pour l’efficacité. Donc le ménage, les taches ménages je les fais mais ne sont plus prioritaires dans ma vie.
La cigarette pour moi était une façon de faire de la provocation, en premier temps ça un lien direct avec mon agresseur principal. La deuxième addiction que j’avais cité était mon pèse personne, ça a un lien direct aussi parce que les agressions que j’ai subi, que ce soit physique, verbale, psychologique, étaient en rapport avec mon corps, enfin par rapport à l’image que l’on me donnait de mon corps. J’ai été une enfant petite longtemps, assez chétive et j’ai mis du temps à me développer, c'est-à-dire que je n’ai eu mes premières règles que vers 13 ans, j’avais des copines qui avaient déjà des seins, qui avaient leurs règles, moi pff ! Et le jour où j’ai commencé à avoir tout ça mon corps se développait mais je n’avais pas l’image d’un corps d’une femme entre guillemets normal, parce que chez moi c’était toujours la critique par rapport à mon poids, par rapport à l’image des femmes, mais moi je m’identifiais trop par rapport à ce que j’entendais et ce qui fait même à l’heure actuelle l’image de mon corps j’ai du mal à l’accepter. Quoique je progresse aussi là-dessus! C’est pas encore ça, les addictions oui elles sont en rapport avec l’agression que j’ai subi. Autrement quelle réaction à votre entourage par rapport à ces addictions, le pèse personne ça les fait rigoler quoi, pff !! Comprendre pourquoi je fais ça!! Non je ne pense pas qu’il y ait trop de compréhension là-dessus parce que je pense qu’il faut avoir subi pour comprendre réellement la réaction de la personne qui le fait. Par rapport à la cigarette j’ai lâché prise mais c’est vrai qu’il y a quelques années quand mon mari a attrapé un accident grave au boulot, le soir je me suis accrochée à tout ce que je pouvais pour ne pas aller en face au bistrot acheter mon paquet de clopes. Et là c’est vrai qu’à l’heure actuelle je suis un peu perturbée dans ma tête et je me dis qu’une petite cigarette ça me tenterais bien, mais dés que je passe à côté d’un fumeur l’odeur m’écoeure !! Je me dis c’est une petite idée je ne vais pas reprendre, puis c’est vrai que le prix d’un paquet m’arrête un petit peu, l’autre jour j’en ai reparlé avec mon mari en lui disant, « tiens de temps en temps je refumerais bien une petite clope » il m’a regardé avec des yeux de grenouille, et je lui ai dit « non t’inquiète pas mais ça me fait du bien de le dire » mais je ne pense pas que je reprendrais un jour à fumer.
C'était facile pour une première fois . Trop facile . Une latte , juste une . Puis t'enchaînes , tu finis ton premier joint comme un coca sur une terrasse en été . Les effets tu ne les sens pas immédiatement , et c'est encore mieux ! Tu sens ton corps fondre , ton esprit prend une vision des choses très différentes . Tu ris pour rien , tu pleures pour rien et tu penses à des choses existentielles . Tu pars dans ton trip aussi vite que le mur du son … Tu te sens différente , vivante mais d'une autre manière , tu planes . Plus c'est long et mieux c'est . Parfois tu tombes de fatigue avant même de ressentir les gros effets , mais ce n'est pas grave t'as la journée pour recommencer . Le pire dans tout ça ce n'est pas la descente , mais de savoir qu'il ne t'en reste plus beaucoup. Alors tu crées ton propre cercle , t'achètes , tu testes , te revends ou pas , tu te poses et la routine reprends. Même clients , came de qualité , l'argent rentre et sort aussi vite, pour ta propre conso . C'est là que tu te rends compte à quel point tout s'accélère de plus en plus vite. Et dire que tu avais commencé par un petit joint , histoire de connaître ses effets , et maintenant t'enchaînes les dix, voire quinze la journée . Tu crois tout gérer , mais tu t'enfonces seul dans ce bordel . Et t'es le seul à pouvoir en sortir ...
J'avais douze ans la première fois . Et je ne me suis pas arrêtée là ! J'ai continué à fumer régulièrement avec mes fréquentations , puis j'ai testé d'autres produits . Heureusement , je connaissais l'ampleur du danger pour l'héroïne , et peut-être pour la première fois dans ma vie j'ai su dire non . Par la suite je me suis vite éloignée de mes fréquentations qui inconsciemment me tiraient vers le bas . J'ai continué à consommer longtemps , et encore à l'heure actuelle . J'ai eu la chance d'être accompagnée dans les démarches possibles pour tout arrêter , mais j'ai toujours cette impression que ce n'est pas suffisant. Ces derniers temps , j'essaie de me stabiliser en allant régulièrement au travail , en gérant la vie de couple , en entretenant les relations extérieures , mais le fait d'avoir diminué cette consommation , j'ai peur de me perdre . Me perdre au plus profond de moi . Pas facile de témoigner sur quelque chose dont le trait n'est pas tiré , pas facile de se remémorer de bons souvenirs, pas facile de combattre son passé , pas facile de survivre à la pédophilie , pas facile ...
Je dirais plus d’une addition de beaucoup de choses, cigarette oui , le ménage, la drogue, la cigarette toujours aujourd’hui, toujours besoin d’avoir la cigarette dans la main, même si j’en ai écrasée une il m’en faut une 2ème, voir une 3ème, je ne peux pas m’en passer. Dans quelles circonstances ? je crois que j’ai du faire un peu comme les copains les copines, je crois que la 1ère cigarette j’ai du l’avoir à 12 ans, et je l’ai piqué à mon père parce qu’il est dans l’armée, donc ça coûtait moins cher, jusqu’au jour où il m’a demandé « tu n’as rien oublié ? » non papa et là il me donne une cartouche de cigarettes, alors après ça devient un cercle vicieux, c’est la cartouche de cigarettes toutes les semaines avec une très grande consommation, après c’est l’époque où je rentre à l’internat, des nouvelles fréquentations pas forcément des très bonnes, et dans les cigarettes on rajoute des petits trucs, puis après ça devient plus gros, et s’en séparer ça n'a pas été facile, et à quel moment de la vie ça commencé, je n'ai pas forcément envie de parler du moment auquel ça commencé. Après le ménage, je crois que il n'y a pas un jour où je n’ai pas le balais dans la main, comme disent les enfants, quand je rentre du travail il me faut mon balai, une poussière, la lingette , le balai, oui je suis maniaque, je ne peux pas m’empêcher de faire du ménage, m’asseoir pour me lever dans la seconde parce que j’ai vu une poussière, c’est une catastrophe d’ailleurs, je fais pareil à mon travail et pour mes collègues c’est dur d’accepter à quel point je suis maniaque. Et à quel moment de la vie, à l’adolescence, oui, l’ainée de 2 filles, donc et bien tu fais le ménage, tu fais à manger, et puis je me rappellerais, j’ai toujours cette image, arrivant en primaire avec mon tablier et mes chaussons, tellement prise par le ménage, ça fait sourire, mais cette image et aujourd’hui j’ai deux enfants 22 et 15 ans mais il est hors de question qu’ils fassent du ménage. C’est moi qui fais la chambre de mon fils, c’est moi qui fais la chambre de ma fille, je leur ai interdit de faire du ménage, je ne veux pas qu’ils fassent du ménage, ça ne plait pas à mon mari, c’est ma vie.
Pendant des années, je ne me suis pas souciée de ma sexualité un peu "débridée". D'ailleurs pourquoi l'aurais-je fait? Quand on est jeune, on est tous entrain de se dire "amour, sexe & rock & roll", dans les magazines, on lit partout que les femmes sont maintenant "sexuellement libérées", la sexualité est banalisée, on la voit partout.
Ca a commencé au collège. On me surnommait "la sauterelle", je changeais de petit ami tout le temps, dès la 6ème, l'un après l'autre. Je me lassais très vite. Ma réputation en prenait un coup? C'était le cadet de mes soucis : une réputation on ne sait pas ce que c'est quand on a été victime d'inceste. En grandissant, le phénomène s'est emplifié, j'ai multiplié les rencontres, les expériences, les aventures, les relations extrêmes, je m'intéressais de plus en plus à la pornographie, aux images SM et quoi? Ce n'était pas ça la vie? Il y a eu la drogue aussi et pour me fournir, je payais "en nature" comme on dit...
Je ne me protégeais jamais (d'ailleurs les messieurs n'aimaient pas les préservatifs, ils me faisaient "confiance" me disaient-ils...) et s'ils savaient tous ! Ce que je voulais moi au fond c'était mourir... mourir et les emmener avec moi, aussi horrible que cela puisse paraitre. Je voulais me venger de tous les hommes, les tuer un par un et peu importe si ça finissait par me tuer aussi. Ils pensaient me donner du plaisir? Dans ma tête il n'y avait que des scènes d'épouvante, des scènes de viol, des scènes de torture, de meurtre que je ne comprenais pas moi-même.
Puis, il y a eu Internet. Le piège, la prison. On y trouve tout : rencontres, pornographie, tout y est facile. Je plonge au plus profond de toutes ces ombres et je deviens de plus en plus dépendante à la pornographie, au cyber-sexe, aux rencontres, au sexe. Quand finalement j'en viens à attendre impatiemment que mon copain parte travailler ou aille se coucher pour assouvir mes pulsions, que je ne mange plus (je perd beaucoup de poids) et que ma vie sociale ne tourne plus qu'autour de ses relations et de mon addiction à la pornographie je comprend enfin que j'ai un problème, que j'ai besoin d'aide.
Mais je m'accroche à l'addiction sexuelle fermement, malgré moi, il n'y a que de cette façon que je me sens vivante, je ne sais pas fonctionner autrement. Je me retrouve dans des situations encore plus à risque, à errer dans la rue en pleine nuit, mon corps n'en peut plus...c'est là que je décide réellement de demander de l'aide : je commence une thérapie, je vais dans des groupes de parole, je lis des ouvrages pour mieux comprendre ce qu'est l'addiction sexuelle et enfin... je comprend que non, mes comportements, ces comportements non rien de normaux, qu'une sexualité saine et épanouie ne doit pas être synonyme de souffrance, que mon addiction à la pornographie vient du fait qu'à l'âge de 5 ans puis le reste des années, lorsque mon oncle me violait il me montrait des films pornographiques et des BD pornographiques... envie de vomir, mais maintenant je sais et je peux guérir.
1. 03/03/2011
Merci à vous pour votre courage !